27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 23:30

PARTAGE

 

 

 

Voici donc la seconde partie de mon conte, toujours magnifiquement illustré par TOUN

La première partie c'est ici : Comment fut guéri le Soleil

 

 

 

Satisfaits, les Dieux décidèrent de se retrouver une fois l’an, à l’occasion du solstice d’été, pour leur grande « rêve party », cérémonie désormais sacralisée de leur union au fleuve de l’amour, car il s’agissait bien de lui. Un fleuve miraculeux qu’ils prirent soin de se réserver pour leurs convenances personnelles en l’interdisant aux hommes.

Ils décidèrent de se retrouver une fois l’an pour rivaliser d’audace créatrice, de l’aube à l’aube, dans les eaux magiques du fleuve et de rêver modestement le reste du temps. Il faut dire que cette cérémonie déployait tant d’énergies que ces retrouvailles annuelles suffisaient à régénérer l’univers en sa totalité pour l’année entière.



Le Soleil quant à lui était content, mais il percevait quand même qu’il lui manquait quelque chose.


 

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Il n’aurait su dire quoi, mais c’était récurrent. Tous les jours, à son lever, il observait la terre cherchant à découvrir quelque chose qui n’était pas là la veille et qu’il espérait secrètement.

Cela devint une obsession. Toutes les nuits, il se retirait en espérant que les Dieux rêveraient de ce dont il rêvait et qu’il ne savait pas pour autant définir.

Il pâlissait, rongé par une maladie que nul ne pouvait s’expliquer. Les Dieux rivalisaient de rêves les plus fous pour tenter de le satisfaire, mais tout était vain.

Le solstice d’été approchait et le soleil pâlissait toujours, il était devenu si pâle que l’on pouvait craindre qu’il ne s’éteignît avant la prochaine « rêve party ». Il fallait absolument que les Dieux trouvent ce qui manquait tant au Soleil afin de lui redonner le souffle de vie qui lui manquait.

 

Au premier matin du solstice, le Soleil était exsangue. Les Dieux plongèrent dans le fleuve et commencèrent leurs ébats sous ses rayons blafards et peu enjoués. C’est en voyant les Dieux s’adonner à leurs jeux, que le Soleil prit soudain conscience de ce qui lui manquait.

Bien qu’étant la divinité élue la plus choyée de la création, il n’était pas un Dieu comme les autres Dieux. Il avait été créé par les Dieux, mais il était seul. Il n’avait pas de moitié avec qui jouer.

 

Bien sûr, il avait eu la Lune, mais il l’ignorait, il se sentait aussi seul que si elle n’avait pas existé. Il n’en avait plus aucun souvenir. Ils avaient été séparés depuis l’instant même de leur création. Mais c’était sa vraie moitié et une vraie moitié, ça vous marque à l’intérieur de façon indélébile, une vraie moitié qui vous a été enlevée vous laisse une sensation de manque.

 

 

8-lune5.jpg

 

 

Le soleil voulait récupérer sa moitié, une moitié qu’il puisse toucher directement de ses rayons.

Il interrompit un instant les Dieux dans leurs ébats pour leur faire part de sa découverte.

Les Dieux sachant désormais ce qui manquait au soleil furent très ennuyés, ils ne pouvaient bouleverser l’ordre du cosmos pour satisfaire à son désir. C’était absolument impossible. Jamais le soleil ne pourrait toucher la lune de ses rayons.

 

 

En entendant cela le soleil devint tout gris et le froid si intense que les eaux du fleuve commencèrent à geler.

 

9-brume-hivernale2.JPG

 

 

 

Les Dieux frigorifiés, lui promirent alors de lui rêver une compagne qui effacerait de son cœur cette sensation de solitude qui le minait, à la condition qu’il consente à mettre un peu de chaleur et de lumière dans leur cérémonie.

C’est qu’il ne faisait pas bon se baigner nu dans des eaux glacées, et s’asperger par un froid pareil n’était pas sans provoquer quelques frissons qui n’avaient rien à voir avec le plaisir. Puis ils demandèrent au Soleil comment il la verrait cette moitié qu’il espérait tant. Autant ne pas le décevoir.


Alors le soleil plein d’espoir, qui s’était remis à briller, ce qui avait réchauffé l’atmosphère, leur répondit, sans vraiment réfléchir, qu’il la verrait lumineuse comme il pouvait l’être, irisée d’or et de rose, comme à son coucher, épanouie, le teint frais et transparent, la peau fine comme une porcelaine chinoise, si fine que ses rayons du matin pourraient l’illuminer faisant d’elle un astre fragile et précieux qu’il pourrait contempler à loisir sans jamais se lasser.


Il la voulait parfaite comme la plus céleste des divinités, sublime et fière comme une amazone qui ne serait pas sans défense, il la voulait amoureuse de ses rayons pour que leur vie ne soit que caresses enivrantes et exhalant le parfum le plus suave en témoignage de leur indéfectible amour.

 

 

Forts de ces détails, qui faisaient déjà de la future moitié du Soleil, une déesse à nulle autre pareille, les Dieux lorsqu’ils s’endormirent se mirent à rêver et dans leur rêve apparut la plus extraordinaire des créatures que la Terre ait jamais porté.

 

Les Dieux pouvaient être fiers de leur rêve.

 

Cette créature était la concrétisation idéale d’une émanation de la Lune qui, pour l’occasion, avait elle aussi fait valoir ses droits à sa moitié.


Le soleil émerveillé la découvrit au matin, elle avait le teint frais, d’un bleuté transparent, irisé d’or et de rose comme à son coucher, la peau fine comme la plus fine des porcelaines chinoises qui s’illuminait sous ses rayons, elle était un astre fragile et précieux, sublime et fière, comme une amazone, porteuse d’épines et si amoureuse de lui, que sous ses rayons elle exhalait le parfum le plus suave pour lui témoigner de son indéfectible amour.

 

Quand il la touchait de ses rayons, il sentait palpiter le cœur de la Lune de l’autre côté du jour et la Lune, dans sa nuit, brillait de sa lumière par le biais de cette petite déesse qui était la représentation symbolique parfaite de l’amour que se portaient les amants.

 


Alors les Dieux, parce qu’il faut nommer toute chose pour qu’elle soit, lui donnèrent un nom : rose.

 

 

 

9-MeillandDSC03411-6.jpg

 

Et depuis ce jour, la rose est le symbole de l’amour et celle dont je vous parle ici est, par la grâce de ses pétales, une rose de porcelaine.

 

Mon conte est terminé.

 

Désormais, lorsque vous regarderez une rose, vous pourrez tout à la fois contempler le soleil et la lune dans ce qu'ils ont de plus beau et de plus cher et  n'oubliez jamais que c'est grâce à Elle que le Soleil a repris goût à la vie.

 

 

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©Adamante

©Toun photo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

pimprenelle 27/10/2011 10:56


Lorsque je regarderai Madame Meilland, je penserai à ton conte et aux photos de Toun.


cigalette 02/07/2011 21:01



Superbe et non seulement le soucis est un baume apaisant pour la peaux, donc il a guéris le soleil, mais aujourd'hui, il apaise les peaux irritées et les fait toutes douces.


Magnifique, superbe ton conte, j'adore merci gros bisous et douce soirée



ABC 29/06/2011 08:35



C'est ainsi que nous avons froid l'hiver, où la rose se protège, et chaud l'été quand la rose s'expose !!!


 



Pénéloop ! 28/06/2011 23:39



Superbe mariage


des mots et des images...


Loop



Jacinta Delapuertadelsol 28/06/2011 23:23



c'est très joli ! poétique à souhait et magnifiquement illustré par les photos de Toun ;)


bonne soirée !



Libre necessite 28/06/2011 08:24



ces belles roses éclatantes de lumière, on ne les verra plus jamais de la m^me façon . Bises Dan



Monelle 28/06/2011 07:13



Un bien joli conte qui nous vaut de belles photos de Toun ! cette rose de porcelaine est magnifique !






Quichottine 28/06/2011 03:22



Soleil, lune et rose sont superbement réunis avec la fin de ce conte.


Je ne manquerai pas d'y penser chaque fois que je verrai une rose, la lune ou le soleil...


J'ai beaucoup aimé.


Merci !



jill-bill.over-blog.com 28/06/2011 03:19



Bonjour Adamante...  Je n'oublierai pas quand je saluerai une Rose !  Fabuleux conte !  Bon mardi à toi   Bizzz JB



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  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
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