7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 20:30

 

Ce texte n’est pas une coquetterie, c’est un exercice de style qui résulte d’un choix délibéré d’écriture poétique. Par l’utilisation d’expressions populaires et l’usage de la contraction des mots, j’ai voulu lui donner un goût rude de terroir afin de renforcer l’idée de la simplicité.

C’est un texte de sous bois, un texte brut au parfum d’humus et de racines.

Un texte végétal qui, je l’espère, aura un écho sur la fibre primitive rabougrie en chacun de nous. Car l’homme, à force de se croire au-dessus de tout, finit par se retrouver en dessous.

Adamante

 

Demain la fete

 

T’es là , tu t’plains, t’as peur.

Dis, tu crois pas qu’tu pousses

A gémir sur ton sort,

Alors qu’le vieux là-haut

Y’s tape à lui tout seul

Tout l’poids d’la création ?

Avec toutes les âneries

Qu’les hommes ils lui ont fait,

Tu crois qu’y s’demande pas

Pourquoi qu’tout ça arrive,

Qu’y s’sent pas responsable

Vu qu’cest lui qu’y a créé ?

 

Mets-toi donc à sa place

Tu verras si c’est drôle.

J’t’imagine dans sa peau

Sûr, tu nous f’rais une crise.

Arrête tes jérémiades,

Mouille donc un peu ta ch’mise,

T’as pas grand-chose à faire,

T’as juste à la fermer,

Et à r’trousser tes manches

Pour ramer sur le sable,

En attendant qu’y ait d’l’eau.

 

Laisse tomber l’attirail

À honorer l’bon Dieu,

Y roupille dans son coin,

En attendant qu’ça s’passe

Tellement qu’cest ennuyeux.

Pendant qu’tu brames tout seul

Dans l’noir, au fond d’ta piaule,

À glander sans rien voir.

Tu vois pas qu’t’es tout seul, 

Ou c’est-y qu’t’as trop bu ?

 

Dehors y a du soleil,

Pendant qu’tu joues l’endive.

 

L’bon Dieu, y a pas à dire,

Y préfère la campagne,

Y préfère les p’tits ch’mins,

La boue et les cailloux.

Toi y t’causera jamais

Si tu chougnes sur ton sort,

À l’inonder d’prières

Ramollies par tes larmes.

 

Y préfère ceux qui bougent

La ch’mise trempée d’sueur

Et toute raidie d’poussière.

Ceux qui attrapent la vie,

À bras l’corps, sans détour,

Et qui lui font honneur

En chantant pour sa gloire,

Une belle chanson à boire

Plutôt qu’tous ces cantiques.

 

Et pourquoi qu’t’irais pas

T’rouler dans la poussière

Et tout comme les cochons,

Sentir le goût d’la terre ?

Pas de honte à avoir

À honorer la pluie

À saluer l’soleil

En gueulant : « j’suis en vie ! »

En s’vautrant dans les herbes,

Qui sont les ch’veux d’la Terre.

 

T’as peur du ridicule,

Et c’est comme ça qu’tu l’es.

Ridicule à pleurer,

Avec toutes tes manières

De tordu évolué

Qui nous foutent la misère,

Partout où qu’y a des gens

Qu’aiment pas les artifices.

 

Là, tu veux que j’te dise

Le fond de ma pensée ?

Avec tout leur pognon

Y sont dégénérés,

Des accidents d’la vie,

Faut pas leur ressembler.

Y faut les fout’dehors

À grands coups d’pied où j’pense !

 

Cette sorte de puit sans fond,

C’est jamais satisfait.

Et plus c’est qu’ils amassent,

Et plus c’est qu’ils en veulent.

Ça tuerait père et mère

Pour avoir un peu plus.

Mais là ils tuent la Terre

Ils lui arrachent la vie,

Pour faire des bénéfices,

Pour gonfler leurs profits.

 

Faut-y qu’tu sois aveugle

Pour ne pas remarquer,

Qu’ils nous coupent la branche

Où c’est qu’on est posés.

Ils n’ont plus l’sens commun,

Où ils l’ont jamais eu.

Ces  malades de la Bourse,

Y crèveront d’leur cancer.

Leur place, moi j’la leur laisse,

J’m’y sentirais trop mal.

J’préfère le goût du miel

Et l’parfum des sous-bois

À ceux de leurs palaces.

 

La Terre n’a pas b’soin d’eux

Et quand elle se soulève,

Quand elle crache sa colère,

Ça peut paraître injuste.

Elle détruit ceux qui souffrent,

C’est p’t-être bien qu’elle les aime

Pour les emmener comme ça,

Par fournées gigantesques,

De l’autre côté d’la vie,

Pour leur offrir la paix,

Celle qu’ils n’ont jamais eue.


Tandis qu’tous ces rapaces

Planqués dans leurs bunkers

Y s’protègent de la mort

Parce qu’ils en ont peur.

Y essaient d’l’éviter

En amassant des choses,

Rien qu’pour se rassurer.

Mais elle leur colle aux basques

Et plus c’est qu’ils amassent

Et plus c’est qu’elle leur colle.

Elle les quittera jamais,

Et y crèveront c’est clair,

Sous leurs tonnes de pognon,

Aussi vides qu’un trou d’air.

 

C’est-y donc qu’t’as compris

Qu’il faut qu’on les arrête,

Et qu’c’est pas en geignant

Qu’on pourra y’arriver ?

L’bonheur, on y a tous droit,

Y tient en très peu d’choses,

Pour eux c’est encore trop.

 

C’est qu’la vie, ces gens là,

Ils l’ont jamais connue.

Ils connaissent que la mort

Qu’ils sèment tout autour d’eux.

Ils sèment ce qu’ils sont,

Y a pas à les envier,

Y a juste qu’à leur dire « non ! »

Et à les arrêter.

 

Tout c’qui disent c’est du vent,

Y font rien qu’à mentir,

Faut pas les écouter.

Y en a toujours pour eux

Quand y gagnent plus qu’la veille,

Y en a jamais pour nous,

Et y en a jamais eu.

Révise donc ton histoire,

Tout c’qu’on a obtenu,

C’était jamais possible

Et pourtant on l’a eu.

 

Faut arrêter d’pleurer

Sur quèqu’chose qui existe,

Alors qu’ils brament partout

Que ça n’existe pas.

Faut savoir dire : « je veux ! »

Et alors on aura.

 

Pour la Terre, c’est pareil,

Ils vont la faire crever,

Et c’est pas dieu possible

Crois moi, d’les laisser faire,

Sans devenir pire qu’eux

C’qui s’rait pis qu’la misère.

 

Faut pas qu’on tue l’espoir,

Faut pas qu’on tue l’soleil,

Faut s’accrocher à eux

Comme à une bouée d’sauvetage.

 

Et crois donc c’que j’te dis :

Demain ça s’ra la fête

Demain ça s’ra nouveau,

Demain on entendra

Murmurer les ruisseaux

Et chanter les abeilles,

Dessous un ciel tout bleu

Où c’quon s’tiendra tout nus

Sans attraper la honte,

Heureux d’être comme on est

Comme c’est qu’on nous a fait

Libres comme des oiseaux

Aussi solides qu’une pierre

Et vivants comme jamais !

 

© Adamante

 

 

hommage à Sergio Ortega   (un chant de circonstance)

 

Lettre de Babeuf à sa femme-23 juillet 1789 (une affaire de mœurs)

 


 

Je vous remercie par avance de vos commentaires. Ne m'en veuillez pas si je n'y apporte pas systématiquement de réponse (le temps...). J'y répondrai en vous rendant visite.

Amitiés et à bientôt chez vous.

 


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commentaires

abeilles50 22/09/2010 10:37



Bonjour Adamante,


J'adore ce long coup d'gueule...


Coup d'pieds aux culs d'ces cols blancs qui n'connaissent rien à la Terre ! lol


Je vomis sur ces richards sans scrupule, ces rois d'la finance, ces stars du dimanche, ces milliardaires égoïstes, ces connars de politicards menteurs,
arnaqueurs et vicieux...


Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz



ADAMANTE 22/09/2010 13:51



Je ne te le fais pas dire ! Amitiés. Biz



Ondine 11/09/2010 00:20



Bravo et Merci Adamante pour ce génial manifeste pour la Vie

Tu parles le langage du bon sens paysan simple et vrai

Merci pour l'espoir et la volonté qu'il donne pour faire bouger le monde

Je veux croire qu'en r'troussant tous nos ch'mises on aura raison de ceux qui détruisent la Terre

Bisou et bonne nuit



ADAMANTE 11/09/2010 00:23



J'en suis persuadée, de toute façon c'est mieux que de rester sans rien faire ! Bises Ondine, à bientôt.



Jakline 09/09/2010 16:05



De belles interpellations dans ce plaidoyer rude et tonnant, j'aime ce ton qui n'est pas sans rappeler mon terroir que je chéris fort. Dommage que Brel ou Arletty ne soient plus parmi nous, pour
nous l'entonner comme il se doit!



Jackie 08/09/2010 23:09



en dessous de tout oui... mais par ce texte tu m'as mené au-dessus des nuages, j'ai avalé de grandes bouffées d'espoir, de force et j'm'en va mouiller ma ch'mise tout' rengaillardie ! merci
Adamante. (je republie un texte demain pour faire écho, modeste, mais écho de Foi !)



Angeline30 08/09/2010 21:18



Bonsoir étoilé Adamante


Décidément tu m'étonneras toujours, j'ai beaucoup aimé ce texte je l'ai lu avec plaisir, un texte optimiste j'adore.


Douce soirée et bisous angéliques


Angeline



reinette 08/09/2010 12:48



tu dis qu'demain ça s'ra nouveau


du dis qu'demain ça s'ra la fête


ben moi j'te crois et j'suis même bien contente


d'entendre à nouveau les p'tits oiseaux


et aussi les ruisseaux


qui si on ne prend garde


n'auront plus rien à dire.


bonne journée



Soizig la Dinannaise 08/09/2010 10:32



Bonjour Adamante


De nombreuses fois j'ai vu ton nom dans les commentaire de Snow. Aujourd'hui ma curiosité a été aiguisée par le billets de snow. J'ai lu, j'ai aimé et j'approuve ton développement . Je ne sais
pas aligner les mots comme tu le fais , aussi je te dis bravo car ils ont en moi un grand retentissement et répondent à ce que je pense


Amitiés et peut- être à bientôt


Françoise



Emma 08/09/2010 08:40



bonjour Adamante. Religieuse, je ne sais pas trop, mais en tout cas tu dévores les coleres avec talent , et on aimerait les entendre slamées - le vieux, là haut, il n'a pas fini de se faire
engueuler, lui qui nous a collé la honte de se tenir tout nus pour une histoire de pomme ! quand même, entre le big et le bang,  il avait du temps à perdre à de telles mesquineries ? Emma


 



ADAMANTE 08/09/2010 12:22



Bonjour Emma,


Tout d'abord merci de ta visite et de tes mots. "Le vieux là-haut" (à noter : toujours décliné au masculin), n'a jamais rien dit, rien écrit, mais les religieux lui ont prêté des mots qui
servaient leurs intérêts.  En fait je crois  à une force de création de vie dénuée de toute personnification.  Religieuse ? Non, plutôt spirituelle respectueuse de la force de vie,
car la vie est une pure merveille, les corps des réalisations extraordinaires et l'univers, pour moi qui n'ai jamais rien compris aux maths, semble être un complexe mathématique absolument
époustouflant.



witney 08/09/2010 07:57



Bonjour, beaucoup de franchise dans ce texte, et pas mal de choses auxquelles j'adhère, faut se réveiller vite, merci à toi et bonne journée !



jill bill 08/09/2010 07:30



Salut Ada, je ne crois pas un retour en arrière possible, l'homme aiment ses veaux d'or et les églises sonnent creux. Arrêter toutes ses ambitions démesurées en marche... celles des pouvoirs
en place, une révolution populaire, si le peuple aboie, il finira par mordre comme déjà vu ça et là, en pays communistes, mais le résultat, d'autres prennent les rennes et est-ce mieux
pour autant.... J'ignore quelle solution apporter à ta gueulante.... Bisous noble dame. Allez croyons encore, la foi soulève les montagnes... Jill 



ADAMANTE 08/09/2010 12:41



Coucou Jill,


Il n'est pas question là de retour en arrière plutôt d'imaginer les possibles du futur, ainsi que le disait Saint Just "le bonheur est une idée neuve". Je crois que la vie est un combat permanent
pour défendre nos intérêts, en ce sens nous sommes totalement en harmonie avec Dame nature. Les plus forts sont ceux qui, comme certains clans de lions par exemple, s'unissent  pour leur
intérêt de vie. Nous n'échappons pas à la règle, nous relâchons, ceux qui sont unis pour leurs intérêts, dépassant largement la nécessité, en profitent pour nous tondre ; nous luttons, comme en
36, nous obtenons ce qui nous était dit impossible. Nous nous abandonnons à une certaine torpeur et tout est à recommencer...  


"El pueblo unido jama sera vincido" (voir mon article sur Sergio Ortega) Bises 


http://adamante-images-et-reves.over-blog.com/article-31527121.html


 



Tit'Anik 08/09/2010 00:49



Un peu difficile à lire, mais assez drôle


Bon j'retrousse mes manches, j'boucle le PC et j'vais dormir


Douce nuit, Bisous



Quichottine 07/09/2010 23:27



Ne pas tuer le soleil...


Pas seulement, il y a beaucoup dans ton poème.


 


J'aime le langage que tu as choisi, il convient à la simplicité que l'on doit retrouver si l'on veut pouvoir espérer que les choses changent.


 


Merci, Adamante.



pimprenelle 07/09/2010 23:04



J'ai aimé. Je reviens demain.



Snow 07/09/2010 22:00



Allo Adamante, je trouve ce texte ahurissant de véritées vraies. En plus il est prémonitoire quelque part.  Cesser de se regarder le nombril et regarder ce soleil qui y brille derrière
plutôt, nous verrions alors que nous avons tous le même soleil, personne en plus, personne en moins, tous égaux. Un texte d'actualité! Merci de l'avoir écrit! Bises



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  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
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