23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 21:00

 

J’ai beaucoup pensé à vous Grand père, ces derniers jours et j’ai rêvé de ce moment où, assise à ma table, je vous retrouvais dans l’intimité de nos échanges.

 

La ville m’a reprise. Les prémices de l’hiver n’ont aucun sens ici. Ils s’effacent derrière les immeubles, et les rues agitées. C’est une autre forme de vie, de confort et de facilité.

 

Comme ils semblent loin les esprits de la nature et si loin l’âme de la campagne.

La pluie sur le bitume n’a pas le même chant, ici le regard est limité dans l’espace, il semble plus difficile d’y aborder la rive des mystères.

Tout serait si différent sans le béton, les vieux quartiers en témoignent.

 

L’avez-vous déjà écoutée Grand père, la respiration de la vieille ville ?

Elle murmure à l’oreille des passants les secrets d’autres générations ; elle est le témoin discret de leur passage. Vous le savez Grand père, les vieilles villes sont des livres écrits dans la chair des pierres.

Les pierres s’éveillent à la tombée du jour pour laisser filtrer l’haleine d’un temps révolu. Ce n’est qu’aux heures de la nuit Grand père qu’elles nous offrent de pénétrer leur mémoire.

Ce savoir-là ne peut se transmettre en pleine lumière, à des non-initiés, dans le bruit et l’agitation.

La nuit est le moment le plus favorable, à la marge du réel, avec juste l’écho de nos pas dans les rues désertes, mal éclairées.

 

Les paroles des pierres se libèrent alors dans l’ombre. Ceux qui les guettent s’engagent dans un grand jeu de cache-cache avec le temps, qui parfois se livre et parfois se refuse.

Mais sont-ce vraiment les pierres qui s’expriment  ou  notre imaginaire ?

Ce qui compte après tout c’est d’écouter ce qu’une voix murmure, car il n’est pas de murmure gratuit.

 

Il faut de la patience pour apprivoiser le murmure des pierres, elles ne se livrent  pas comme ça, au premier venu.

 

D’abord elles vous observent, elles vous testent en vous lançant quelques bribes de leurs secrets, et si vous les percevez ces secrets, si vous arrêtez l’instant pour les écouter, si vous vous en montrez digne, alors peut-être aurez-vous la chance d’en savoir un peu plus, une autre nuit, une autre fois.

Lorsque vous reviendrez, elles vous reconnaîtront; vous pourrez alors gagner leur confiance, vous engager sur le chemin de la découverte.

Vous entrerez dans le cercle fermé des initiés pour qui la simple image d’une rue déserte, baignée par la lueur blafarde d’un réverbère, est une invitation à passer de l’autre côté de la réalité habituelle.

 

Je suis de ceux-là  Grand père et le quartier de Saint Méry, à Paris, qui a perçu tant de fois l’écho de mes pas sur ses pavés, que j’en oublie le nombre, peut en témoigner.

 

Voilà Grand père, en vous écrivant, je marche, et l’écho de mes pas résonne à mes oreilles pour accompagner mes mots.

La nuit est là et sans sortir de chez moi, je voyage.

 

Faisons silence et écoutons, Grand père, l’heure n’est plus au bavardage.

 

©Adamante

"Lettres à Grand père" dépôt SACD

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commentaires

Pascale la Tricotineuse 27/05/2010 00:12



dernière pierre à ton blog et je vais me coucher mais celui là il est trop beau dans l'horizon!!  j'adore "marcher la nuit dans les rues pour discuter avec les pierres qui racontent la vie
de la ville" ! hummm quel parfum on dirait une roseraie, le calme de la nuit, la résonnance des pas, manque juste un ptit bruit de pluie toute fine qui coule dans les gouttières et c'est la
zénitude absolue....... je vais rêver de pierres et de vieilles villes quelle bonne nuit en perspective !! bizzoux sans oublier grand père !!!



ADAMANTE 27/05/2010 01:10



Fais de beaux rêves et demain tu me diras ce que les pierres t'ont raconté. Bizzzzzoux de Gd père et de moi  de notre petit nuage d'ensongés. Adamante


Gueule d'amour a une réclamation : et moi j'ai pas d'bizzous ?


 



Quichottine 25/05/2010 18:12



Apprivoiser le murmure des pierres, comme d'autres écoutent le vent, ou la mer sur les rochers.


 


Je crois que c'est important d'écouter.


Tu as raison, faisons silence.



ADAMANTE 25/05/2010 18:15



Chut alors... une ombre glisse, poursuivie par la lueur d'un réverbère.



Almaya 24/05/2010 17:57



Un très beau texte pour un Ancien, le partage, la complicité, la voyage dans la mémoire des pierres et du temps. J'aime beaucoup


Douce soirée


Amitiés


Almaya



ADAMANTE 24/05/2010 20:14



Merci de ce commentaire agréable. Excellente soirée. Amicalement. Adamante



Malika 24/05/2010 14:28



Merci pour ces mots.



ADAMANTE 24/05/2010 20:15



Ravie qu'ils aient trouvé un écho agréable. Bonne soirée



pimprenelle 24/05/2010 12:14



Bizarrement, dans les villages on peut trouver des pierres qui exhalent le passé et qui font faire de la recherche même, et peut-être surtout, si on n'est pas un natif du lieu. Que le temps passe
vite lorsque l'on plonge dans le passé !



ADAMANTE 24/05/2010 12:34



Soit il passe vite, soit il disparaît totalement... mais c'est certain les pierres ont une action sur notre perception du  temps. Et il y a parfois des révélations de sites que l'on connaît
parfaitement (ou que l'on croit connaître) et que l'on découvre soudain sous un autre visage. Là nous  touchons au domaine de la physique quantique peut-être ! Passionnant en tout cas !
bises



Snow 24/05/2010 01:51



Ton cher Grand-père. Tout change et tout évolue heureusement. Le savoir se transmet et pas seulement des hommes, de ces pierres qui les ont portés jaillissent des secrets  non révélés
souvent. Les cicatrices parlent.. Bises



ADAMANTE 24/05/2010 01:55



Les pierres ont la patience et aucun désir de plaire et pourtant elles séduisent ou inquiètent. Bises



pimprenelle 23/05/2010 23:36



J'ai aimé, moi aussi, marcher dans les rues pratiquement ou complètement désertes. Les gens ont peur maintenant. Comme tu as raison, en ville il y a beaucoup à découvrir, au hasard d'un
porche, par exemple, on ne pense pas à tout ce qui vivait il y a "si peu d'années", l'immeuble en premier et puis la cour avec ses artisans. Cela existe encore notre nièce en a parlé la semaine
dernière, cette vie cachée, dissimulée oui elle a imprégné les pierres. D'ailleurs comme tu le dis si bien, les pierres parlent à qui sait les entendre. Il faut simplement être un peu curieux des
gens, de la vie.


Dans la nature on peu se laisser aller, se vider. Je crois que je n'ai pas le même regard en ville ou à la campagne, à la montagne, à la mer.



ADAMANTE 24/05/2010 01:49



La ville a une faune un peu particulière et très diverse, les pierres en témoignent.



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  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
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