17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 00:30

 

 

  carré coquillage geant copie

Un matin de novembre, alors que tout était calme et désert, un coquillage géant s’était échoué sur la plage du Bernard l’Hermite à Misère sur mer.

D’où venait-il ? Comment était-il arrivé là ? Qui l’y avait mis ? Autant de questions que se posèrent les habitants intrigués de la modeste bourgade de Misère.


Tous étaient venus voir.


Certains qui s’étaient approchés avaient juré avoir entendu un chant qui ressemblait « à une plainte d’algue malmenée par le courant », la poésie populaire a des images qui ne se discutent pas.

D’autres dirent que c’était une voix de femme et affirmèrent même que c’était celle de Pénélope implorant le retour d’Ulysse. On a beau être de pauvres gens perdus loin de la ville on en a pas moins de l’éducation.

Bref, chacun défendit sa version avec une telle véhémence que Monsieur le Maire dut intervenir pour calmer les esprits.


Après avoir écouté, il mit tout le monde d’accord en déclarant que cette voix,  qui mêlait l’espoir et la tristesse à celle des vagues léchant inlassablement le rivage, avait une telle faculté de bouleverser son auditoire que toutes les réponses étaient plausibles.


Pour les vieux marins venus observer le phénomène il était évident que le chant du coquillage était l’écho désespéré de la mâture des grands voiliers avalés par l’océan auquel se mêlait celui des âmes des marins disparus au fond des abysses à l’occasion d’une tempête.

Appuyés sur leurs cannes ils hochaient gravement la tête le regard perdu dans le monde disparu de leurs souvenirs.


Les enfants intrépides voulurent pénétrer à l’intérieur de l’attrayante coquille, mais leurs mères, les tenant fermement par la main, leur opposèrent un non sans appel, sans céder ni aux cris ni aux pleurs.

Quand vint le soir tous rentrèrent à la maison pour le repas.


Le calme était revenu sur la plage quand deux amoureux s’approchèrent en se tenant par la main et décidèrent de se cacher des regards indiscrets à l’intérieur de ce romantique édifice de nacre.

 

Ils se dirent qu’il était venu tout exprès pour abriter leurs amours, que c’était un signe du destin. On sait comment les amoureux savent parer la réalité des plus chevaleresques élucubrations dictées par le galop de leurs cœurs.

Rêve qu’ils s’empressent la plupart du temps d’oublier quelques années plus tard lorsque ce dernier se fane au contact d’un quotidien dénué de toute poésie.


Qu’advint-il de ce couple de doux rêveurs ?

 

À peine le soleil fut-il levé que le vieux Paul, un pauvre à l’esprit fêlé, sorte d’idiot du village, toujours à traîner à toute heure du jour ou de la nuit, réveilla toute la contrée en jurant ses grands dieux et le regard fou, qu’il avait vu au petit matin le coquillage s’envoler dans les airs et disparaître comme une fusée vers les étoiles avec le couple d’amoureux à son bord.


Toujours est-il que le coquillage et le couple d’amoureux avaient disparu et que personne jamais ne les revit.


On organisa des battues, on soupçonna le vieux Paul, mais les recherches furent vaines et le vieux Paul perdit le peu d’esprit qui lui restait encore.

Quand le soir arrivait, il s’installait sur la plage et ne cessait de regarder le ciel. C’est dans cette position qu’un matin on le retrouva raide, les yeux grands ouverts vers le ciel.

 

Depuis, de génération en génération, on se raconte cette histoire, on invente, on brode, mais jamais personne ne put expliquer ce qui s’était réellement passé cette nuit-là.

 

Adamante

commentaires

Ondine 21/11/2010 23:24



Merci Adamante pour ce merveilleux conte plein de fantaisie et de poésie


Je vais m'envoler au pays des rêves comme les doux amoureux sur ton coquillage géant


Il était sans doute la Porte du Paradis?


Quel beau tableau


Bisou et bonne nuit



ADAMANTE 21/11/2010 23:42



Peut être aussi la porte de la liberté ! mais... Belle nuit.



Azalaïs 18/11/2010 09:26



je me suis envolée si souvent au pays des doux rêveurs, toujours dans la lune et très mauvaise élève, aussi je lis et je relis ton conte avec un grand bonheur


bonne journée



ADAMANTE 18/11/2010 19:33



Comment être partout à la fois ? Quand on rêve, on rêve ! Bises



pimprenelle 17/11/2010 23:12



Si, en lisant. Sinon, aussitôt que ma mère me voyait triturer une mèche de cheveux et sucer mon pouce, c'était : tu t'ennuies, toi et il y avait quelque chose à faire. Elle ne comprenait
pas qu'en regardant dans la rue, j'imaginais la vie des gens que je connaissais pour la plupart.


 



ADAMANTE 18/11/2010 00:54



Il faut laisser aux jeunes le temps de voyager dans l'imaginaire !



Blanche DREVET 17/11/2010 21:51



Bonsoir Adamante , c'est une très jolie histoire merveilleusement racontée qui nous laisse la liberté de nous envoler aussi et de suivre les amoureux dans leur coquillage de nacre sur un joli
nuage rose ! j'aime lire un conte avant de m'endormir et celuici me plaît beaucoup ! je te souhaite une douce nuit .


Blanche



ADAMANTE 17/11/2010 22:45



Bonsoir Blanche, j'espère que tu voleras très haut dans les étoiles après avoir lu ce conte. Belle nuit.



Martine 17/11/2010 18:51



Bonsoir Adamante,


Quelle jolie histoire. Intrigante à souhait. J'avoue que j'ai pensé à une soucoupe volante, un piège pour embarquer un couple de spécimens terriens.


Bravo, c'est superbement raconté. j'aime, merci.


Bonne soirée


A bientôt


Martine


 



ADAMANTE 17/11/2010 22:36



Bonsoir Martine, une soucoupe volante, pourquoi pas, tout est ouvert puisque le mystère demeure. Belle soirée et à bientôt.



Angeline30 17/11/2010 16:36



Bonjour Adamante


je vais laisser mon imagination vagabonder vers ce coquillage, c'est un très beau texte, le mystère reste complet.


Douce soirée à toi Adamante , bisous angéliques


Angeline



ADAMANTE 17/11/2010 22:34



Ravie de t'avoir fait rêver un peu Angeline, à très bientôt. Belle nuit.



pimprenelle 17/11/2010 14:33



Dans mon enfance, je n'avais le droit de rêver qu'au lit ! Tu peux mieux comprendre certaines difficultés.



ADAMANTE 17/11/2010 22:35



Et tu ne transgressais pas ?



pimprenelle 17/11/2010 10:31



Il était vraiment géant ce coquillage. Encore heureux que personne n'ait pu expliquer cet évènement et il faut que cela reste comme cela, c'est trop beau. Cela risquerait de prendre des
rides sinon.


Le coquillage géant, les amoureux et le pauvre Paul aux idées qui ne sont pas celles de tout le monde. Quelle colonne vertébrale !



ADAMANTE 17/11/2010 13:07



Merci Pimprenelle, tu peux lire ma réponse au commentaire de Snow qui explique brièvement ma relation au conte. J'ai toujours inventé des contes depuis ma plus tendre enfance, j'ai beaucoup
improvisé avec les enfants, ça marchait fort ! Que veux-tu, je suis une grande rêveuse, mes plus beaux voyages, je les ai fait dans mes rêves... les vrais voyages m'ont fourni les images dont
j'ai besoin pour aller plus loin dans les autres. Fais un heureux jour.



Quichottine 17/11/2010 10:26



On ne peut se l'expliquer, mais je suis sûre que Paul savait, lui qui toute sa vie les attendit.


 


Ton conte est magnifique, Adamante.



ADAMANTE 17/11/2010 13:02



Tu as raison Quichottine, Paul savait et qui sait peut-être a-t-il rejoint une dimension qu'il était seul à percevoir dans le ciel nocturne. J'aime les contes car il nous guident sur le chemin du
rêve. Amitiés.



jill-bill.over-blog.com 17/11/2010 09:38



Hello adamante... Tu en sais de belles histoires... Ce coquillage géant est devenu la soucoupe volante de deux amoureux en quête d'une autre planète, la planète rose Amour qui sait...
Bisous m'dame...



ADAMANTE 17/11/2010 12:59



Qui sait ? Le bien est de l'imaginer sans donner de réponse ainsi peut vivre le conte. Bises Jill.



Snow 17/11/2010 04:44



On appelle ça "mettre le feu à la baraque"! C'est fort quand même l'amour.. C'est une toile? C'est très beau, les couleurs.. Idem pour hier et les chats, je parts sur les mots et j'oublie de te
dire.  Douce raconteuse va!  Merci!!  Bises



ADAMANTE 17/11/2010 12:57




Oui il est bon de mettre le feu ! L'œuvre en illustration, je te raconterai. Eh oui j'ai le cœur et la langue d'une conteuse amoureuse des contes et que les contes
doivent aimer puisqu'ils s'offrent à moi. Je pense conte, même quand je fais de la direction d'acteur.


 


Notre vie est un conte et nos inflexions vocales (qui sont inflexions de l'âme) en nous influençant nous-même, influencent l'espace et l'auditoire.


 
Et comme le conte est une peinture... tu comprends mieux pourquoi je n'ai jamais pu couper ma vie artistique en rondelles. Le conte lui aussi,
qui est mots et souffle, ne s'épanouit que dans la liberté, comme les chats !  Voilà, j'ai bouclé la
boucle pour suivre ton exemple. Bises m'dame.


Tricôtine 17/11/2010 01:53



une légende de coquille qui s'envole, avec des zamoureux à l'intérieur... voilà un tableau qui irait parfaitement sur une jolie coquille de noix pour matelôts amoureux des mots !!! 
 bonne nuit dame du soir !!  espoir !



Tit'Anik 17/11/2010 01:33



Une très belle histoire, merci


Une légende qui pourrait défier le temps, à tel point qu'on en aimerait une suite


Bisous



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  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
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