10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 19:07

Voici ma réponse  au Défi n° 22 des sous-vêtements en clin d'œil au Père Abbé LLE de la Ruche

 

Cela s’est passé le jour de l’arrivée de la jeune Mère Cenaire

Dans l’après-midi, alors que tout le monde vaquait à ses occupations

Avec le sourire un peu figé qui sied à des Mères respectueuses et respectées

Robert Robert, dit Roro, le marchand de fripes

Un jeune du coin qui avait trouvé cette activité peu lucrative mais attrayante

Arrivait au volant de sa vieille camionnette.

Il passait tous les premiers jeudis du mois

Il s’arrêtait pour proposer tabliers, mouchoir de lin, chemises et sous vêtements aux pensionnaires du couvent des Merveilles.

Ce jour-là, un malencontreux accident, provoqué par la Supérieure, la Mère Dalors

avait quelque peu bousculé l’emploi du temps

Dans la matinée en effet

La Mère Dalors  avait renversé le pot de chambre

Elle avait renversé le pot de chambre en courant après la Mère Idissy  et la Mère Idional

Deux jeunes coquines qui ne cessaient de faire des niches aux Mères de la communauté

S’en était suivie une glissade générale

Glissade qui avait eu pour conséquence de clouer la vieille Mère Creudi au lit

Au lit, rendez-vous compte

Avec une cheville foulée et quelques ecchymoses

La Mère Dalors

Qui se sentait un peu responsable de l’accident avait décidé de rester auprès de la Mère Creudi qui avait, pauvre vieille, terriblement besoin de réconfort moral

La grosse Mère Luche

Toujours gaie et enjouée

Après qu’elle eut été éclaboussée au passage

Terminait de se changer, quand elle entendit le coup de klaxon de Roro

Coup de klaxon qui appelait les Mères à la camionnette

Le rouge aux joues

Elle attrapa son porte-monnaie au vol

Et termina d’enfiler la seconde manche de son gilet en courant dans les couloirs du couvent

Le camion de Roro…

Parlons-en du camion de Roro

C’était une fenêtre qui donnait sur les dessous d’un monde inconnu

Un dessous que les Mères ne manquaient pas de lorgner du coin de l’œil

Une fois par mois

Et aucune d’entre elles

Mis à part peut-être la Mère Dalors

N’aurait loupé cela pour rien au monde

Elles venaient faire là provision d’images

La provision d’images qui nourriraient leurs fantasmes un mois durant

Jamais Ô grand jamais, elles n’auraient osé toucher ces objets scandaleux

Ni même les regarder en face !

Et jamais Ô grand jamais

Elles n’auraient imaginé acheter ces objets de rêve !

Cela, à cause de la présence de la Mère Dalors qui veillait au grain

Qui veillait au grain et au respect de la pudeur de son établissement

Roro, avait déjà sorti les chemises de coton de grand mère

Les grandes culottes blanches de la marque petit bateau

Les seules culottes capables d’accueillir confortablement

Sans qu’ils soient découverts

Les derrières les plus larges et les plus discrets de la création

Culottes qui, selon la Mère Dalors, étaient le seul type de culotte convenable

Le seul type de culotte respectable

Le seul type de culotte donc susceptible couvrir les postérieurs des Mères de la communauté

Dans  le camion de Roro

À côté de soutiens gorges coordonnés à des slips et des jarretières des plus coquines

De petites frivolités mettaient le couvent en émoi

Petites culottes de dentelles qui pendaient gentiment du plafond

Délicieusement accrochées à leurs cintres

Il y avait là, des rouges, des bleues, des jaunes, des noires, des ajourées…

Et même, ô sacrilège

Des qui n’avaient qu’un fil  pour couvrir les fesses.

Enfin c’est une façon de parler !

Roro, dès sa première visite, avait remarqué l’intérêt que ces Dames portaient à ces fanfreluches

Il faut avouer que ces mini sous-vêtements étaient pour elles aussi gais qu’un feu d’artifice dans le Larzac

Alors, il prenait soin, quand il leur rendait visite, de les mettre bien en vue ces petits clins d’œil à la frivolité

C’était un bon gars au fond

Un bon gars qui ne voyait rien de mal à leur offrir ce si modeste plaisir des yeux

Ce jour-là, donc

En l’absence de la Mère Supérieure

La Mère Dalors, qui, je le rappelle, veillait la vieille Mère Creudi alitée

Elles firent

Dieu le leur pardonne

Un peu plus que lorgner vers le plafond de la voiture

Mais timides, dévorant des yeux, sans détour, les objets de leur convoitise

Aucune n’osait poser les questions qui leur brûlaient les lèvres.

Roro, bon garçon et commerçant habile

Décida de profiter de l’aubaine pour leur faire plaisir

Il décrocha un petit coordonné ravissant

Un coordonné slip soutien-gorge, rouge et noir incrusté de plumes et de dentelles, qu’il déposa sur la tablette

« Regardez, leur dit-il, nous venons de le recevoir de Paris ! »

« Regardez ce travail »

« Quelle splendeur n’est-ce pas ! »

« Et puis quand on le touche… »

«  Tenez, vous pouvez toucher ! » 

« Pour vous je peux faire une petite exception !»

La Mère Idissy et la Mère Idional ne se le firent pas dire deux fois

Elles lancèrent immédiatement la main

Attrapèrent, l’une le string, l’autre le soutien gorge en pouffant

La Mère Idissy, oubliant la présence de Roro, plaça le string devant elle en se dandinant pour le montrer aux Mères ébahies

Ce fut le déclic

Toutes se déchaînèrent

Elles voulurent toucher, regarder, comparer tous les modèles

Allant même, contre toute attente, jusqu’à se renseigner sur les tailles

Les plus vieilles

Un peu enveloppées

Ne pouvaient prétendre aux modèles les plus alléchants

Mais, entre la grande culotte  qui vous monte jusqu’à l’estomac et ce que Roro leur proposait

C’était presque le Crazy Horse !

La Mère Idional fit dépendre une minuscule nuisette en satin à sa taille

Des cris d’admiration saluèrent son arrivée dans les mains de Roro

La douceur du satin sous les caresses de leurs mains avides rendait ces dames folles de joie

Roro époustouflé, vit poindre dans leurs yeux la magnificence étoilée d’une nuit des mille et une nuits.

Ce n’étaient plus des Mères qu’ils voyaient là

C’étaient des Shéhérazades

Des Shéhérazades illuminées par la beauté des lumières de l’Orient

Il s’en Fallut de peu qu’il n’en conçoive de l’émoi

Alors, s’ébrouant de ce curieux vertige

Un peu déboussolé tout de même

Tant par son trouble que par le succès remporté par ces sous-vêtements

Qui de vêtement n’avaient que le nom

Il rappela à ces Dames que l’heure passait et qu’il devait poursuivre sa tournée

Un lourd silence succéda à sa déclaration

Porte-monnaie dans une main, dans l’autre l’objet de leur convoitise

Les Mères se regardèrent interrogatives

Une sorte de détermination enflammée s’alluma en premier dans le regard de la grosse Mère Luche, cramoisie, qui avait porté son choix sur un déshabillé rose et bleu couvert de petits nœuds de ruban blanc.

Il gagna comme un feu de brousse tous les regards

Le pas était franchi

Sans un mot

Sans un geste

Les Mères venaient de celer un pacte secret qu’aucune torture ne pourrait leur arracher

Déterminées

Elles réglèrent alors à Roro le prix de leur fredaine

Firent disparaître leur trésor dans la poche de leurs tabliers respectifs

Et retrouvant immédiatement leur dignité

Elles regagnèrent lentement le couvent

Rapportant à la Mère Dalors et à la Mère Creudi

Deux culottes petit bateau et deux chemises de peau pour l’hiver.

©Adamante   

commentaires

jill bill 03/08/2010 11:31



Nulle n'est à l'abri de ce genre de tentation... Le serpent est tjs bien présent dans le pommier... et la subtile occasion fait la laronne, même chez Lenon, pardon les nonnes !!  J'ai
écrit sur mon site po-po  Nonastère, histoire d'une journée porte ouverte chez des nonnes qui font une prune d'enfer et batte en puissance le Rome(rhum)Saint-Pierre... Tu devrais
essayer avec les pères.... y'aurait matière à... rigolade aussi !  Tiens pourquoi en duo toi et moi...........Deux bons points à l'excellente écolière que tu es... Tu as fait un très bon
travail en rédaction poétique, BISOUS et merci pour le lien....  signé cas JiBi



ADAMANTE 03/08/2010 22:42



Les pères, notre Abeille les avait cravatés juste avant (ce qui m'avait donné l'idée). Eh oui ! mais ça se réfléchit... bisous JiBi ! J'ai lu dans Marianne aujourd'hui que 3 sœurs faisaient de la
résistance en refusant d'aller en maison de retraite, à 91 ans c'est la première fois qu'elles refusent d'obéir.



P.F.J 25/02/2010 06:33


Merci Adamante pour ce moment d'humeour... C'était un vrai bonheur, cela fait du bien !
Pierre


ADAMANTE 25/02/2010 12:08


Merci Pierre, à bientôt !


Snow 14/02/2010 16:03


J'ai beaucoup souri sur cet humour coquin à souhaits! Tu es bonne raconteuse dis dont!!
Bisous


ADAMANTE 14/02/2010 19:47


Je conte parfois, j'adore ça ! Pas de mp3, si non...


abeilles50 11/02/2010 07:29


Bonjour Adamante,
Merci pour ta participation, que je viens de placer sur le dessus des dessous.
Je comprends mieux pourquoi mon texte de la Mère Dié t'inspirait ! lol
J'adore cette forme d'humour, et tu as très bien conté ce déballage de " frivolités "...
Tu confirmes ici qu'en chaque femme sommeille une coquine ! lol
Et puis, tu cites les culottes " Petit bateau " qui, il faut l'admettre, avaient peu de chance d'être présentées dans ce Défi ! lol
Bonne journée. Bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz


ADAMANTE 11/02/2010 13:34


Je me suis beaucoup amusée, grâce à toi. Un grand merci


Pascale la Tricotineuse 10/02/2010 21:30


hoho !! du grandiose !!! que j'ai ri !!! tu as fait un texte plein d'humour qui m'a mise sens dessus dessous !!! que du bonheur avec la mère Idissy et la mère Dalors !!! clap clap clap dommage que
ce soit fini .... a quand le prochain spectacle pour mon Néon !! bizz Adamante


ADAMANTE 10/02/2010 23:17


J'avoue que j'ai pris du bonheur à l'écrire, maintenant je trime sur ce que je dois emporter sur l'île déserte, tag de Mamie Claude ! biz Pasacale


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  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
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