14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 21:18

Juste une chanson
Juste un prénom
qui parle de la vie
qui parle de l'amour
qui parle de la vraie vie du peuple


 

11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 00:02
Jeudi en poésie      
CROQUEURS DE MOTS


F0047crocusada.JPG.jpg
Qui dit à l’arbre qu’il est temps pour lui de faire sortir ses feuilles ?

Qui à dit à ces merles que les beaux jours sont revenus et qu’ils peuvent dorénavant retourner vers le nord ?

Les oiseaux comme les arbres obéissent à quelque chose qui possède la connaissance.

Sans cela, aucun d’entre eux ne pourrait prendre une décision.

Souvent, je viens m’asseoir seule dans le désert pour observer toutes ces myriades de petites fleurs, et je me dis à moi-même :

Qui vous a dit que le printemps était de retour pour que vous puissiez éclore ? 


Quelque Chose de très grand ordonne à tous la manière de vivre.


Nous sommes pareils aux fleurs.


Nous vivons et nous mourrons et, sur nous-mêmes, ne connaissons rien.

Mais il y a un Grand Mystère qui nous enseigne.

Il nous enseigne la manière de vivre.

Et lorsque nous devons mourir, nous sommes alors envahis par une joie.


 Il n’existe aucune différence car face à la mort, nous redevenons tous semblables.


Chiparopai femme de la tribu Yuma. 1909 Ed du Rocher Voix des Grands Chefs Indiens.



8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 11:34

Notre histoire est ponctuée d'écrits de philosophes passés à la moulinette de l'éducation religieuse qui a séparé les sexes jusqu'à nier l'Esprit au sexe féminin. Et pourtant l'Esprit, le Seul, l'Unique, n’a rien à voir avec un quelconque sexe. Le jour où le monde le reconnaîtra, hommes et femmes alors seront libres.

C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai choisi ce texte de Emily Jane Brontë.

Adamante

« Assez pensé, philosophe ;
Voici trop longtemps que tu rêves

Sans lumière, en ces jours maussades,

Alors que resplendit l’été.

Âme coureuse d’espaces, par quel triste refrain

Vas-tu clore à nouveau tes songeries ?

 

« Ô vienne le temps que je dorme

Sans identité,

N’ayant cure que la pluie me trempe

Ou que me couvre la neige !


« Nul Ciel promis n’assouvirait,

Même à demi, ces sauvages désirs,

Nul Enfer ne maîtriserait,

De ses flammes inextinguibles, cet inextinguible vouloir ! »


-Je le disais, je le redis,

Pour jusqu’à la mort le redire,

Trois dieux sont dans ce petit corps

Qui nuit et jour se font la guerre.

 


Tous ne tiendraient pas dans le Ciel,

Tous cependant tiennent en moi

Et miens doivent rester jusqu’à ce que j’oublie

Ma présente entité.


Ô vienne le temps qu’en ma poitrine

Leur combat prenne fin,

Ô vienne le jour que je repose

Sans plus souffrir !


« J’ai vu tout à l’heure un Esprit

Se tenir, homme, où tu te tiens :

À ses pieds ruisselaient trois fleuves

D’égal débit et profondeur-

 

« On aurait dit un fleuve d’or,

Un de sang et un de saphir,

Mais leurs trois cours se conjuguaient

Pour tomber dans une mer d’encre.


« L’Esprit vers ces flots de ténèbres

Abaissa son brillant regard

Et l’abîme, enflammé de joie,

Étincela de toutes parts,

Clair comme le soleil et combien plus superbe

Que leurs trois sources divisées ! »


-Ah ! cet Esprit, je l’ai guetté,

Voyant, je l’ai cherché tout le long de ma vie,

Au Ciel et dans l’Enfer, sur la Terre et dans l’Air,

Cherchant sans fin –et toujours mal !


Sa prunelle éclatante eût-elle illuminé

Une fois ces nues qui m’égarent,

Jamais je n’aurais eu ce cri de lâcheté :

Cesser de penser, cesser d’être !


Jamais je n’aurais dit que l’Oubli fût béni,

Ni vers la Mort tendu des bras avides,

Implorant d’échanger comme un sommeil sans vie

Ce cœur sentant, ce vivant souffle.


Oh ! que je meure, afin que pouvoir et vouloir

Terminent leur combat cruel

Et que le Bien vaincu comme le Mal vainqueur

Se fondent en un seul repos.


                                                 3 février 1845

 

 

4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 11:17
Le jeudi en poésie
CROQUEURS DE MOTS


En ce temps-là, pour ne pas châtier
les coupables, on maltraitait des filles.
On allait même jusqu'à les tondre.


Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
A la robe déchirée
Au regard d'enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n'a pas compris
Qu'elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.

                         Paul Eluard
         Poèmes pour tous ed. EFR




Nous savons tous les abus
 Nous savons tous les curées
Nous savons tous l'amour défiguré
Nous connaissons tous la marque indélébile
de  Marie Madeleine dans la chair de chaque femme
Nul ne peut ne pas en souffrir
et ce poème, choisi ce matin au hasard de ma biliothèque
dans les rayons de mes amis poètes
me touche profondément.
Adamante



25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 00:47
Le jeudi en poésie
CROQUEURS DE MOTS



Quand un poisson, nourri d'étoiles, quitte son pays natal ; quand un crabe, épris de nuages, cherche, hors du sable, son visage; il arrive que la mer se brise et que le vent s'épuise à la réparer. Quand un poisson veut s'en aller, quand un crabe veut se trouver et ma chanson être chantée...

Edmond Jabès

"Le Seuil Le SablePosésies complètes 1943-1988" nrf poésie/Gallimard
19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 16:25



Je vous invite à découvrir cet article sur le blog de Frédéric parce  qu'il me semble intéressant d'y réfléchir, étant donné les difficultés que rencontre la société mondiale en ces jours sombres de chômage, de misères et d'exclusion.
Adamante


"Il est ici question d’un revenu de vie. Il ne s’agit pas d’un revenu social de substitution au travail professionnel, mais la reconnaissance de l’oeuvre sociale que fait tout humain en existant dans le système dans lequel il est..."


18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 14:46

Jeudi en poésie Croqueurs de mots


Une-rose-blanche.jpg


« José Marti, le libérateur de Cuba, fut avant tout et partout un poète. (…/…) Marti eut raison de toutes les forces prosaïques. Il confondit les hommes d’Etat, comme Jésus les docteurs. Il surmonta le plus redoutable des obstacles : la passivité des septiques. Il chassa du temple sacré les larrons et les faux prêtres. Sa victoire est à mon sens, le produit de sa pureté poétique. Le poète est un roi, un dieu qui peut réduire en poussière ses ennemis les plus divers s’il se décide à employer toujours la même clairvoyance, le même délire divin qui l’anime dans le royaume des rêves. Marti n’a jamais fléchi. L’amour du Beau et du Bien, l’amour de l’Humanité, qui constituent le patrimoine des poètes, furent les seules armes de ce martyr victorieux. »

préface de Armand Godoy -José Marti Poèmes choisis-

 


En janvier comme en juillet

Je cueille la rose blanche

Pour l’ami, pour l’ami vrai

Qui me tend une main franche


Et pour la main travestie

Qui met l’aspic sous la manche

Au lieu de ronce et d’ortie

Je cueille la rose blanche.


                                       José Marti


Traduit de l’Espagnol par Armand Godoy

Ed Emile-paul Frères Paris (1929)

4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:02
OCTAVIO PAZ
 
Octavio Paz est né à Mexico en 1914. Il participe à la révolution mexicaine en tant que conseiller du leader paysan Emiliano Zapata.


Pensées en guerre
veulent briser mon front

Par des chemins d'oiseaux
avance l'écriture

La main pense à voix haute
le mot en convie un autre

Sur la feuille où j'écris
vont et viennent les êtres que je vois

Le livre et le cahier
replient les ailes et reposent

On a déjà allumé les lampes
comme un lit l'heure s'ouvre et se ferme

Les bas rouges et le visage clair
vous entrez toi et la nuit.



Poème extrait de "le feu de chaque jour" nrf poésie/Gallimard
31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:46

 

per-e-fouettard-copie.jpgParis le jeudi 23 juillet 1789

 

 

 

Je ne sais par où commencer en t’écrivant, ma pauvre femme ; il n’est pas possible d’être ici, et d’y avoir des idées nettes, tant l’être y est agité.

Tout autour de moi est au renversement et dans une telle fermentation, que, même quand on est témoin de ce qui se passe, c’est à n’en pas croire ses yeux.

Bref, je ne puis que te rendre en gros tout ce que j’ai vu et entendu.

À mon arrivée, on ne s’entretenait que d’une conspiration dont M. le comte d’Artois et d’autres princes étaient les chefs.


Il ne s’agissait rien moins pour eux que de faire exterminer une grande partie de la population parisienne, et de réduire ensuite à la condition d’esclaves tout ce qui dans la France entière n’aurait échappé au massacre qu’en se mettant humblement à la disposition des nobles, en tendant, sans murmurer, les mains aux fers préparés par les tyrans.

 

Si Paris n’eût pas découvert à temps cet affreux complot, c’en était fait ; jamais crime plus épouvantable n’aurait été consommé. Aussi n’a-t-on songé qu’à tirer une éclatante vengeance de cette perfidie dont il n’y a pas d’exemple dans l’histoire, on s’y est résolu et l’on n’épargnera ni les auteurs principaux de la conjuration, ni leurs adhérents.

Les exécutions ont commencé, sans épuiser un trop juste ressentiment. La fureur du peuple est loin d’être apaisée, par la mort du gouverneur de la Bastille et la démolition de cette infernale prison, par la mort du prévôt des marchands, par le pardon que Louis XVI est venu implorer de ses sujets, par le rappel de M. Necker et des autres anciens ministres, par le renvoi des nouveaux régiments et des troupes ; il lui faut bien d’autres expiations.

On veut encore, dit-on, voir tomber une trentaine de têtes coupables. M. Foulon qui devait remplacer M. Necker et qui s’étant fait passer pour mort, il y a quatre jours, avait fait enterrer une bûche à sa place, ce M. Foulon a été arrêté hier, conduit à l’Hôtel de Ville et pendu au moment où il en descendait.

Son corps a été traîné dans les rues de Paris, puis déchiré en morceaux, et sa tête, promenée au bout d’une pique, a été portée au faubourg Saint-Martin, pour y attendre et précéder le gendre de M.Foulon, M. Bertier de Sauvigny, intendant de Paris, qu’on amenait de Compiègne où il avait été arrêté, et qui doit subir aujourd’hui le même sort que son beau-père.

J’ai vu passer cette tête du beau-père, et le gendre arrivant derrière sous la conduite de plus de mille hommes armés ; il a fait ainsi, exposé au regard du public, tout le long trajet du faubourg et de la rue Saint-Martin, au milieu de deux cent mille spectateurs qui l’apostrophaient et se réjouissaient avec les troupes de l’escorte, qu’animait le bruit du tambour.

Oh ! que cette joie me faisait mal ! J’étais tout à la fois satisfait et mécontent ; je disais tant mieux et tant pis. Je comprends que le peuple fasse justice, j’approuve cette justice lorsqu’elle est satisfaite par l’anéantissement des coupables, mais pourrait-elle aujourd’hui n’être pas cruelle ?

Les supplices de tous genres, l’écartèlement, la torture, la roue, les bûchers, le fouet, les gibets, les bourreaux multipliés partout, nous ont fait de si mauvaises mœurs !

Les maîtres, au lieu de nous policer, nous ont rendus barbares, parce qu’ils le sont eux-mêmes. Ils récoltent et récolteront ce qu’ils ont semé, car tout cela, ma pauvre femme, aura à ce qu’il paraît, des suites terribles : nous ne sommes qu’au début.

Je travaille pour le cadastre avec M. Audiffred qui paraît avoir grande confiance dans les ressources à attendre de la publication de cet ouvrage.

Je m’étendrai davantage à cet égard dans ma prochaine lettre. Je t’écrirai dès que j’aurai conclu quelque chose avec M. Maury.

Garde tes dix écus, et ne paye pas un sou à personne, entends-tu bien.

Je t’embrasse de tout mon cœur.

 


 

 

Je tenais à partager la lecture de cette lettre qui fut au cœur d’un Opéra populaire « Messidor les Moissons » créé à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution Française, avec le label du Comité du Bicentenaire.

Cet Opéra composé par Sergio Ortéga mit en œuvre plus de 1000 participants.

Denis Manuel et François Chaumette participèrent notamment à cette aventure .

J’eus le plaisir d’en assurer la mise en scène avec Gérard Destal.

Dans cette lettre Babeuf fait montre d’un esprit particulièrement clairvoyant.

Cette lettre me semble hélas toujours d’actualité.     Adamante


une photo de l'opéra Messidor les moissons.

Droits réservés

28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 00:16
Jeudi des croqueurs

Pour ce jeudi c'est ce poème de J. Boursault, autre poète inconnu de la cour des miracles, qui m'a tendu les bras et encore une fois je n'ai pas résisté.
Le voici en partage.
Adamante

   La cour des miraclesNocturne

    Il n'y a pas de sang sur les horloges
pas de limites à la nuit.
Les rangées de réverbères sont là
comme des soldats de parade.
Et tu es là.
Y aura-t-il assez de larmes
pour baigner tes lèvres ?
La rue est noire
-ne pleure pas-
mortelle la nuit
et chante
et gémit
la fontaine invisible
des randonnées intimes.
Grande est la nuit
qui me frappe.
Douce la souffrance
quand l'arbre se baisse pour m'embrasser.
Les mots sont embrouillés
dans ma gorge éteinte.
Donne-moi...
Mais que peux-tu me donner ?
L'opium est au bord du trottoir
et la rivière appelle mes lèvres.
Arrache-moi aux bras du destin.
Demain sera trop tard.
La mort frôle déjà mes cheveux
le sang est dans ma gorge
qui monte.

Dieu m'ait pour tombeau
le chant de tes lèvres...

Profil

  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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