14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 20:34

Chat noir copie-copie-2

 

 

 

 

 

 

 

Voilà que les Esprits me font des surprises.


Imaginez, j’avais laissé notre grand livre de contes sur la table près du canapé où nous nous réunissons d’habitude et près de lui, un autre livre, blanc, sobre, avec sur la couverture quelques fleurs bleues et un lutin.

Un livre qui m’avait été offert aux pieds de la Tour St Jacques alors que les arbres laissaient voir leurs dernières fleurs. Il m’avait été donné avec ces mots :


« S’il ne te plaît pas, tu me le rends ! »


Le rendre ? quelle idée ? je savais qu’il me plairait et j’avais raison.

J’aime à le feuilleter lorsque j’ai quelques minutes, il me tient agréablement compagnie et me délasse des soucis de la vie quotidienne, car c’est un livre magique.

Oui, magique !

Magique de la vraie magie des vrais magiciens et des enchanteurs qui vivent dans des forêts merveilleuses où poussent plein d’arbres, de toutes les essences. Des arbres, magiciens eux-mêmes et qui sont capables d’envoûter l’esprit le plus réfractaire.


Voilà que les Esprits tournent autour de lui, le renifle, le font bouger de la patte, semblent apprécier son contact, l’un d’eux se met même à le lécher. Ils sont conquis.


« Les Esprits auraient-ils donc appris à lire ?

Perçoivent-ils ce qui émane d’un livre, même fermé ? »


J’en suis à me poser la question alors qu’ils s’installent et que, délibérément, l’un d’entre eux se couche sur le grand livre et m’indique de la patte d’ouvrir le petit qui retient ce soir toute leur attention.


Mahomet préféra couper sa manche plutôt que de réveiller sa chatte endormie, je n’allais pas, moi, déranger l’Esprit pour récupérer le livre consacré de nos voyages dans l’imaginaire. J’ai beau ne pas être une « bien pensante », je n’en suis pas rendue à cet affront impardonnable qui me vaudrait d’ailleurs les foudres de la déesse Bastet.


Alors, suivant le chemin de nos songes, j’ouvre le livre au hasard, page 80 :


« L’écrivain et son chef d’œuvre » et je me mets à lire :


« L’écrivain assis dans la chapelle, réfléchissait. Ses pensées l’avaient emporté bien loin mais ses yeux parcouraient le décor, se posant, plus longuement, ici ou là, en quête d’un objet à décrire. »


Frémissements, vibrisses en éveil, les regards contemplent un tableau qui m’est invisible dans l’espace environnant, vaguement troublée je poursuis ma lecture :


« Il était à court d’inspiration, comme devant une page blanche. Il savait qu’il lui faudrait se présenter devant le roi, le soir venu, avec une nouvelle histoire… »


Les Esprits s’agitent, ils palpitent, je sais qu’ils veulent venir en aide à l’écrivain,

lui trouver quelque chose à décrire.

C’est alors que l’Esprit couché sur le grand livre, mû par une idée, se lève d’un bond, fait tomber le livre sur mes genoux, il s’ouvre et me révèle un texte du même auteur qui parle de Noël, de neige et de géants.

 

« La voilà l’histoire à raconter, semblent me dirent les regards ravis des Esprits solidaires,  le roi sera content ! »

 

« Vous êtes bien gentils, leur dis-je, j’apprécie votre sollicitude, mais vous pourriez au moins écouter la fin de l’histoire de l’écrivain et de son chef d’œuvre avant d’aller en chercher une nouvelle.

Peut-être qu’il l’a trouvée son histoire à raconter au roi !

Peut-être qu’il a lu les Mille et une nuits, peut-être qu’il a rencontré Shéhérazade.

Comment voulez-vous le savoir, si vous ne me laissez pas finir ! »


Les Esprits se tassent, contrits.

L’un d’eux me regarde de ses grands yeux humides :

 

« Tu nous en veux ? »

 

MAUKIE-.jpg


« Mais non je ne vous en veux pas, vous êtes pardonnés Esprits impulsifs qui enchantez mes soirs, promis, je vous raconterai la fin à Noël. »

 

Explosion de tendresse, ils se frottent, déposent tout l’excédent de leurs fourrures sur mon pantalon noir en ronronnant, quelques poils volent jusqu’à mon nez, j’éternue, je suis aux anges !


Et vous qui me lisez, si vous voulez la connaître la fin de l’histoire, si vous aimez la magie, les forêt enchantées, les lutins bleus, les lutins roses, « couleur très salissante » s’il en est, je vous conseille de vous procurer le petit livre :


« Paraboles, Contes du lutin bleu » de notre amie Quichottine.


C’est Noël après tout, pourquoi ne mettriez-vous pas quelques lutins au pied de votre sapin ? à moins que vous ne préfériez la période de la galette des rois, pour connaître le chef d’œuvre de l’écrivain…


Ensongez-vous, la nuit y est propice.


Adamante


 

  Découvrez la couverture (avec lien) dans la colonne : "à découvrir" là, sur la droite !

 

 

 

 

 

 


8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 14:43

Naissance de la lumière HUILE 92X65 La naissance de la lumière huile sur toile-Adamante

 

 

Je vous invite à découvrir un jeune artiste,

un créateur,

un génie,

un virtuose.

 

 

Ici la musique porte le Qi

le Qi qui est la vie

le Qi  qui vous enchante l'âme...

 

 

Une idée magnifique de cadeau de Noël ou autre


écoutez-le

je vous l'offre en partage

car nous devons partager les merveilles


 

"l'être humain est tellement petit..."


voilà ce que peuvent dire les plus grands dont il est.


                                                         Adamante

 

NEMANJA RADULOVIC

 


images.jpg

image qobuz.com

 

3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 19:52

 

 

NIKKOR-Q-C200-9834.jpg

Merci à Christian Barbier qui a bien voulu m'offrir cette superbe photo qui a inspiré mes mots.

 

 


Les fougères

ont mis les masques

elles observent

se dérouler ?

pas encore

d’abord

il y a

le rituel

de bienvenue

à la vie

aux herbes

au soleil

à la pluie

à tout ce qui a précédé

à tout ce qui nous accueille

c’est important

de s’inscrire

en conscience

dans la nature

pour garder

sa juste place.

 

©Adamante

 

 

 

 

 

 

 


10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 00:07

Avatar roseJeudi en poésieAvatar rose

Croqueurs           

ABC               

 

 

 

Dans un petit monastère zen perdu dans la montagne, quatre moines ont organisé un sesshin consacré au silence.

Il fait froid, c'est l'hiver, la nuit tombe.

Ils méditent tous les quatre dans la posture zazen.

 

-"La bougie s'est éteinte !" dit soudain l'un des moines.

 

-"Tu ne dois pas parler ! c'est un sesshin de silence ! "  fait observer sévèrement un deuxième moine.

 

-"Pourquoi parlez-vous tous les deux au lieu de vous taire, comme nous en avions convenu ! " dit le troisième.

 

-"Je suis le seul qui n'ai pas parlé ! '" s'écrie, tout content de lui le quatrième.

 

Avatar rose

 

Henri Brunel "le moustique" édition Librio

 

 

 

 

 

2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 00:47

 

J’inspire

j’expire

Rien de plus

Rien de moins.

             Adamante


La respiration c'est le ballet du  flux et du reflux du  souffle qui  nous nourrit de notre naissance jusqu'à notre mort, que l'on en soit ou non conscient.

 

Je vous invite à découvrir un article particulièrement  intéressant de mon ami  Sunyata avec lequel  je suis parfait  accord.


Ses mots, qui ne sont pas les miens, expriment avec justesse et poésie ce qu'est la méditation et celle qui lui est liée : la respiration.

 

En voici un court aperçu qui je l'espère vous donnera envie de lire la totalité de son article et de découvrir son site.

Adamante

 


"A chaque instant et aussi longtemps que nous sommes vivants la respiration ne cesse de nous animer de son délicat va et vient.


.../...

 

automne_zazen.jpg

 

Lorsque nous sommes là, assis en méditation, nous nous abandonnons à chacune des sensations qui parcourent le corps ; beaucoup d'entre-elles sont peut-être nouvelles, à commencer par ce souffle. Le nôtre.


Court ou long, profond ou superficiel. Ce souffle que nous examinons ici et prenons en compte si rarement au quotidien ...


.../...

 

En cultivant cette respiration en pleine conscience, nous nous mettons véritablement à l'écoute de nous-mêmes et nous le faisons avec une douceur incroyable, comme si nous tenions entre nos mains d'enfant découvreur de trésor, les palpitations de vie d'un poussin à peine éclos...

 

 

 L'article en sa totalité ici.



 


8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 10:10

 

ABC - ANNE - PIMPRENELLE  - ELO - TOUN - ABC - ANNE - ELO - PIMPRENELLE

 

 

pavot-californie-10

 

 

Il fait de superbes photos

souvent nous lui laissons des mots

une photo contre une poésie

ces liens  tissent l'amitié

 

 

 

Reflets bleutés

l'amitié

les mots se donnent

dansent

s'envolent

et l'émotion

trouve son chemin

jusqu'au profond de nous

explose

sans artifice

lumière de vérité

née de la contemplation

germe de vie

et de rêve.

 

©Adamante

 

pavot-californie-10

 

 

Et puis ici  parfois, des mots se posent, tenez, par exemple, sur la PETITE CHOSE GOURMANDE :



 

C'est une boule de poils qui roule
Roule galette !
Mamie Léonie,
encore une histoire, s'il te plaît!

Loop

 

 

Quand la lune se lèche les babines
la terre salive
le soleil s'échauffe
L'homme s'interroge
Et le chat nonchalamment ronronne !

 

 

                                             ABC

 

 

Elle avait tant voyagé qu'elle s'était imprégnée de tous les parfums rencontrés

de toutes les couleurs admirées sur la Toile de ses rêves.
En se regardant dans le miroir, elle se trouva légèrement différente.
Elle sourit à ce visage de gourmande maculé de bonheur.


Quichottine

 

 

 

Ah, ce regard !

Au milieu de ces couleurs, de ces tâches nuancées, il est là qui scrute ou contemple.

Profondeur du regard félin, où nous emmènes-tu ?


Joëlle Colomar


 

pavot-californie-10

 

 

 

 

Vous souhaitez découvrir la poésie du Qi ?

Une nouvelle catégorie vient d'être créée  pour l'accueillir,

 

 ICI


pavot-californie-10

 

 

 

 


4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 12:29

Pour la petite fabrique d'écriture

 


solitude.jpg

 

Et si c’était la dernière fois ?

 


J’avais préparé quelques cigarettes

Je l’avais déjà vu ramasser des mégots

ils sont si longs les jours

en maison de retraite

et l’argent si absent

fumer y est un luxe

mais quoi

je n’allais pas lui faire la morale

fumer tue

mais mourir à petit feu

dans la monotonie de l’enfermement

privée de la vie qui fut sienne

n’est-ce pas plus terrible encore ?

J’ai traversé la grande salle

échangé quelques sourires.

Je ressens toujours un malaise

à les voir ainsi alignées

ce sont essentiellement des femmes

ici le féminin l’emporte

au diable les règles de grammaire

j’accorde avec le plus grand nombre

Entre ces murs

le temps s’égrène au rythme de la télé

parfois un menton tombe sur la poitrine

les yeux s’abandonnent

ou le regard est vague

perdu dans quelque recoin de mémoire…

Mais elle n’était pas a sa place habituelle

J’avais fait sa connaissance

lors d’une visite, voici deux ans

Elle était la seule, dans le couloir

assise dans son fauteuil roulant

près de la baie vitrée

à faire des mots croisés

« Pour entretenir la tête » comme elle disait

Elle m’avait demandé une cigarette

Je ne fume pas

Mais les fois suivantes

J’essayais d’y penser

Nous parlions un moment

C’était toujours un plaisir

Je l’aimais bien Solitude

Elle était originaire des îles

un jour elle m’avait raconté

une expédition sur la plage

un souvenir de Ti punch

les rires, la mer, sa jeunesse

le temps de son bonheur

Mais la vie change

le temps passe

et elle s’était retrouvée là

comme beaucoup

à le tuer

à coup de mots croisés

et de quelques cigarettes

heureuse encore d’avoir un toit

« on ne peut pas tout avoir, n’est-ce pas ! »

me disait-elle avec un sourire.

Je croisais une aide-soignante

« je n’ai pas vu Solitude, savez-vous… »

son visage, ses yeux qui brillent soudain…

je n’avais plus à redouter sa réponse

Et si c’était la dernière fois ?

je resterais plus longtemps

à échanger des petits riens

pour le plaisir

rien que pour le plaisir.

 

©Adamante

 

 

Solitude nous a quittés fin septembre.

 

 

 

 


27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 13:13

 

Rose-jardin-photoadamante0011.jpg

 

 

Je t’ai connu enfant

l’accent de ta province,

la mienne,

par moitié,

par les racines,

enjoué

souriant

te moquant de toi-même

« j’suis fou comme un lapin »

je te revois

ta voiture à pédales

lancée comme un bolide

sur les pierres du chemin

tu riais

sous le regard

attendri

de ton père

il y a de cela des années…

depuis

ton père nous a quitté

bien d’autres l’ont suivi

et pourtant

l’image est là

si nette

un parfum de bonheur

nimbe ce souvenir

il y a comme ça des bulles

immortelles

qui conservent

une voix

une phrase

un rayon de soleil

un rien

fugace

devenu éternel

Qu’est-ce qui t’a rappelé

si tôt ?

de l’autre côté

de là d’où l’on ne revient pas ?

cette logique nous échappe

Toi

si attaché

à une petite main

insouciante

à son rire cristallin

qui faisait ta fierté

quel déchirement

aujourd’hui

un fleuve salé t’accompagne

des poitrines étouffent

sous le poids ton absence

que cela est pénible !

Je sais pourtant

que la lumière est vie

par-delà ce que l’on connaît

en m’ouvrant à l’espace

je sais ta présence.

Pardonne-moi

si tard

de te témoigner de mon affection

Christian.

 

Adamante

 

 

 

 

 

 

21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 18:13

 Avatar roseJeudi en poésieAvatar rose

 


chat-qui-fume1502.jpg

Pour ce jeudi, j’emprunte encore une fois à Henri Michaux.

 

Pourquoi Lui ? encore ?

Parce qu’en pulvérisant le cadre dit « habituel », il relativise une partie de moi qui parfois se laisse embringuer, on ne sait trop pourquoi, dans une dérive où je pourrais me mettre à penser que tout va trop bien ou trop mal, selon sans doute ce que j’ai pu manger auparavant ou écouté à la radio, ou n’importe quoi dont tout le monde se moque et moi aussi.


Avec Michaux, je me retrouve délicieusement perchée sur le fil du rasoir, dans un déséquilibre vacillant, à me dire que, quel que soit le côté où je vais tomber, ça sera le bon et qu’il n’y a vraiment pas de quoi en faire une histoire.

Adamante

 

 

Avatar rose

 

Bonheur

 

Parfois, tout d’un coup, sans cause visible, s’étend sur moi un grand frisson de bonheur. Venant d’un centre de moi-même si intérieur que je l’ignorais, il met, quoique roulant à une vitesse extrême, il met un temps considérable à se développer jusqu’à mes extrémités.

Ce frisson est parfaitement pur. Si longuement qu’il chemine en moi, jamais il ne rencontre d’organe bas, ni d’ailleurs d’aucune sorte, ni ne rencontre non plus idées ni sensations, tant est absolue son intimité.

Et Lui et moi sommes parfaitement seuls.

Peut-être bien, me parcourant dans toutes mes parties, demande-t-il au passage à celles-ci :


« Eh bien ? ça va ? Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ici ? »

 

C’est possible, et qu’il les réconforte à sa façon. Mais je ne suis pas mis au courant.

 

Je voudrais aussi crier mon bonheur, mais quoi dire ? cela est si strictement personnel. Bientôt la jouissance est trop forte. Sans que je m’en rende compte, en quelques secondes cela est devenu une souffrance atroce, un assassinat.

La paralysie ! me dis-je.

Je fais vite quelques mouvements, je m’asperge de beaucoup d’eau, ou plus simplement, je me couche sur le ventre et cela passe.

 

Avatar roseHenri Michaux "La Nuit remue" GallimardAvatar rose

 

 


15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 20:30

pavot-californie-10 PARTAGE autour de l'histoire

 

 

 

 

C’était le 14 juillet 1789, le peuple porté par la rage et l’espoir, prit, dans le sang, la Bastille, odieux symbole de son oppression. Un an plus tard, au Champ de Mars, le 14 juillet 1790 fut commémorée son premier anniversaire. 

En ce moment de fête nationale, j’ai pensé que cette lettre de Babeuf à sa femme donnait un éclairage particulièrement édifiant pour mieux comprendre cette période de la révolution.

 


 

per e fouettard copie  Paris le jeudi 23 juillet 1789

 

 

Je ne sais par où commencer en t’écrivant, ma   pauvre femme ; il n’est pas possible d’être ici, et d’y avoir des idées nettes, tant l’être y est agité.

 

Tout autour de moi est au renversement et dans une telle fermentation, que, même quand on est témoin de ce qui se passe, c’est à n’en pas croire ses yeux.

 

Bref, je ne puis que te rendre en gros tout ce que j’ai vu et entendu.

 

À mon arrivée, on ne s’entretenait que d’une conspiration dont M. le comte d’Artois et d’autres princes étaient les chefs.

 

 

Il ne s’agissait rien moins pour eux que de faire exterminer une grande partie de la population parisienne, et de réduire ensuite à la condition d’esclaves tout ce qui dans la France entière n’aurait échappé au massacre qu’en se mettant humblement à la disposition des nobles, en tendant, sans murmurer, les mains aux fers préparés par les tyrans.

 

 

Si Paris n’eût pas découvert à temps cet affreux complot, c’en était fait ; jamais crime plus épouvantable n’aurait été consommé. Aussi n’a-t-on songé qu’à tirer une éclatante vengeance de cette perfidie dont il n’y a pas d’exemple dans l’histoire, on s’y est résolu et l’on n’épargnera ni les auteurs principaux de la conjuration, ni leurs adhérents.

 

Les exécutions ont commencé, sans épuiser un trop juste ressentiment. La fureur du peuple est loin d’être apaisée, par la mort du gouverneur de la Bastille et la démolition de cette infernale prison, par la mort du prévôt des marchands, par le pardon que Louis XVI est venu implorer de ses sujets, par le rappel de M. Necker et des autres anciens ministres, par le renvoi des nouveaux régiments et des troupes ; il lui faut bien d’autres expiations.

 

On veut encore, dit-on, voir tomber une trentaine de têtes coupables. M. Foulon qui devait remplacer M. Necker et qui s’étant fait passer pour mort, il y a quatre jours, avait fait enterrer une bûche à sa place, ce M. Foulon a été arrêté hier, conduit à l’Hôtel de Ville et pendu au moment où il en descendait.

 

Son corps a été traîné dans les rues de Paris, puis déchiré en morceaux, et sa tête, promenée au bout d’une pique, a été portée au faubourg Saint-Martin, pour y attendre et précéder le gendre de M.Foulon, M. Bertier de Sauvigny, intendant de Paris, qu’on amenait de Compiègne où il avait été arrêté, et qui doit subir aujourd’hui le même sort que son beau-père.

 

J’ai vu passer cette tête du beau-père, et le gendre arrivant derrière sous la conduite de plus de mille hommes armés ; il a fait ainsi, exposé au regard du public, tout le long trajet du faubourg et de la rue Saint-Martin, au milieu de deux cent mille spectateurs qui l’apostrophaient et se réjouissaient avec les troupes de l’escorte, qu’animait le bruit du tambour.

 

Oh ! que cette joie me faisait mal ! J’étais tout à la fois satisfait et mécontent ; je disais tant mieux et tant pis. Je comprends que le peuple fasse justice, j’approuve cette justice lorsqu’elle est satisfaite par l’anéantissement des coupables, mais pourrait-elle aujourd’hui n’être pas cruelle ?

 

Les supplices de tous genres, l’écartèlement, la torture, la roue, les bûchers, le fouet, les gibets, les bourreaux multipliés partout, nous ont fait de si mauvaises mœurs !

 

Les maîtres, au lieu de nous policer, nous ont rendus barbares, parce qu’ils le sont eux-mêmes. Ils récoltent et récolteront ce qu’ils ont semé, car tout cela, ma pauvre femme, aura à ce qu’il paraît, des suites terribles : nous ne sommes qu’au début.

 

Je travaille pour le cadastre avec M. Audiffred qui paraît avoir grande confiance dans les ressources à attendre de la publication de cet ouvrage.

 

Je m’étendrai davantage à cet égard dans ma prochaine lettre. Je t’écrirai dès que j’aurai conclu quelque chose avec M. Maury.

 

Garde tes dix écus, et ne paye pas un sou à personne, entends-tu bien.

 

Je t’embrasse de tout mon cœur.

 

 

pavot-californie-10

Cette lettre fut au cœur de l'Opéra « Messidor » créé à l’occasion du Bicentenaire de la Révolution Française, sous le label de son Comité National.

 

J’eus le plaisir de participer à cette œuvre, tant au niveau de l’écriture du livret, qu’à la mise en scène et la réalisation, ceci en compagnie de Gérard Destal.

Cet Opéra composé par Sergio Ortéga, auteur de "El pueblo unido" (La "Marseillaise" du continent latino américain) et de "Venceremos" (l'hymne de l'unité populaire de Salvador Allende) mit en œuvre plus de 1000 participants, dont 700 amateurs et bénéficia du concours de Denis Manuel et de François Chaumette.

 

 

Une photo de l'opéra Messidor

Droits réservés

 

 

 

 


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  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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