6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 22:30

 

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Jeudi en poésie chez   LES CROQUEURS DE MOTS  

 

 

 

 

"Cette nuit étincelante était pour le voyage. (…/…) C’était vraiment le temps des grandes migrations. Toutes les routes conduisant vers les contrées de soleil s’animaient. Routes des eaux, routes des terres, routes des cieux. (…/…)

En cet automne, la nuit lumineuse dépouillée de ses hardes grises reconquérait son immensité. (…/…) C’était une nuit de bouleversement du monde.

Dans leurs maisons chaudes qui les isolaient des vérités profondes, sous des toitures plus opaques que les nuées, à l’abri des tentes où pénétrait la clarté rougeoyante d’un feu de bois, les humains dormaient. Privés de l’instinct qui pousse les individus où va l’espèce depuis des millénaires, hommes, femmes et enfants demeuraient insensibles à ces déferlements. Au seuil de l’hiver, ces êtres écrasés de sommeil étaient pareils à des îlots de pierre au milieu du flot en marche vers d’autres étés."

 

Extrait de Harricana de Bernard Clavel, pour saluer son départ, sa migration...

 

 

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Et puis, je vous invite à découvrir un texte magnifique que j’ai pensé être un hommage à ce grand écrivain humaniste.


Qu’importe si je me trompe, ce texte-là, j’aurais aimé l’écrire en hommage, mais c’est mon ami Haira qu’il l’a fait, lui, dont la plume, il y a de cela bien longtemps, avec son livre « les nuits d’haira »,  m’a vraiment donné envie d’écrire.


Et confidence, une fois n’est pas coutume, ce blog n’aurait certainement jamais existé si je n’avais pas, je ne sais trop comment, découvert le sien et suivi ses pas. 

« Fleurs d’Espérance »

 

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Adamante

23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 09:58

LES CROQUEURS DE MOTS

à la barre :  EGLANTINE

 

 

Quand je pense automne, je pense Trakl, son retirement d’ocre brun teinté d’un regret persistant. Voici un poème tiré de son livre Crépuscule et déclin Ed. nfr Gallimard.

Que l’automne vous soit doux.

Adamante

 

 Automne

 

Dans la force s’achève ainsi l’année

Avec le vin d’or et les fruits des jardins.

Alentour se taisent merveilleuses les forêts

Et du solitaire elles sont les compagnes.

 

Alors le paysan dit : tout est bien.

Cloches du soir longues et calmes,

Dispensez pour finir la joie.

Une migration d’oiseaux salue au passage.

 

C’est la saison douce de l’amour.

Dans la barque au fil de la rivière bleue

Comme s’alignent, belles, image après image

Cela, dans la paix et le silence, s’est couché.

 

Georg Trakl

 


1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 23:00

JEUDI EN POESIE


  Avatar rose LES CROQUEURS DE MOTS Avatar rose

 

 

Dans un précédent article,  Devant les saisons bleues ,  je parlais de Wang Wei.


Wang Wei, un poète Chinois, que l'on ne nous apprend pas à l'école et c'est dommage, car le poème chinois parle aux enfants,  il aborde des thèmes qui sont la nourriture de l'être en devenir.


Le poème chinois est un reflet de ces petites choses que l'on vit dans notre quotidien et qui, contre toute attente, peuvent se traduire en poésie.

 

Certes, la simplicité de l'idée n'exclue nullement le talent, bien au contraire même, mais l'univers de cette poésie révèle aux enfants leur capacité à pouvoir écrire, à exprimer, par des images-mots, des impressions, des touches de ressenti, ces petites choses qui ponctuent leur vie.


C'est, ce faisant, leur faire apprécier la vie, leur faire aimer la poésie, et leur faire penser que  demain peut-être,  ils seront les auteurs que d'autres apprécieront.


Quand considèrera-t-on que les enfants ne sont pas des "sous adultes" en leur offrant toutes possibilités de développer leur potentiel, en les rendant responsables, respectueux et respectés.


C'est loin de ce que l'on nous apprend à l'école !

                                                                                                          Adamante

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Le moineau noir a les ailes courtes,

Il n'ira pas picorer le grain

    des montagnes de jade.

Il provoque le moineau jaune

     à la course

A quoi bon pépier

    dans un grenier vide ?


Extrait de : "Les Saisons bleues" Wang Wei -  traduction Patrick Carré Ed. Phébus


 


 

J'ajoute  à ce texte  quelques poèmes écrits en cours par mes jeunes élèves de théâtre, après qu'ils aient découvert et apprécié cette poésie.

 

 

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La prof commence à raconter

Soudain, quelque chose m'attire

C'est la montre

La prof raconte mais la montre m'attire toujours davantage

C'est la montre qui gagne

Et le rêve m'emporte

                                                   Ariel (après un cadeau)


 

 

jeune moineau copieok

 

 

 

 

  Un moineau sur une branche

  Parle à l'arbre fleuri

  Coup de foudre

                           Domitille  Avatar rose


 

 


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Une scène vide

Tout le monde attend

Bientôt la chaleur

                                   Farah (le théâtre)  Avatar rose

 

 


Famille-chat

 

 

 

 

 

 

  Une famille de chats

  La pause pour la photo

  Le petit oiseau va sortir

  Qui va l'attraper ?

                                Clara   Avatar rose


 

Maudite guerre

L'enfant est mort

Les arbres pleurent

                                      Julie (d'après "la chaumière" eau forte de Rembrandt) Avatar rose

 

 


12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 12:27

JEUDI EN POESIE

Amour, Amor... 

pour faire plaisir à  Tricotine   à la barre chez

    Avatar rose  LES CROQUEURS DE MOTS Avatar rose

 

 

 

La première fois, ma Maistrese,

 Qu'en vostre présence vendray,

Si ravy seray de liesse

Qu'à vous perler je ne pourray ;

Toute contenance perdray,

Car, quant vostre beauté luira

Su r moy, si fort ébloïra

Mes yeulx que je ne verray goutte ;

Mon cueur aussi se pasmera,

C'est une chose que fort doubte.

 

XVe siècle, Charles d'Orléans

 

 

 

 

 

L'amour comme le chaud et le froid

Mord et puis s'en va ;

 La jalousie quand elle frappe

Colle à la moelle des os.

 

Irlande, fin du XVè siècle.  Anonyme

 


 

Je vous propose de découvrir deux versions de "l'Amour de moi", la seconde interprétée par Jane Birkin. Deux interprétations originales de ce grand classique.

 

 

 

 


 

4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 23:00

 

JEUDI EN POESIE  

 Avatar rose  LES CROQUEURS DE MOTS Avatar rose

 

 

 

Je vous propose de découvrir aujourd'hui un poète que j'aime beaucoup, tant par l'écriture poétique que par l'atmosphère étrange et envoûtante de ses œuvres, Georg Trakl.

 

Georg Trakl est né le 3 février 1887 à Salzbourg (Autriche) après une vie vouée à la destruction, enfance triste, drogue, inceste, il est mort suite à une overdose de cocaïne le 3 novembre 1914.


Marc Petit dans sa préface de "Crépuscule et déclin" suivi de "Sébastien en rêve" Ed. Gallimard dit :


"En 1912, Trakl fait éclater la "vieillerie poétique". Sans renoncer à pratiquer à l'occasion le vers régulier (...) il inaugure un autre type d'écriture, sans contrainte métrique (...) s'inspirant du Rimbaud des illuminations, il abandonne la rime et l'alternance des accents, dérègle le vers qu'il allonge ou raccourcit selon le rythme propre à la succession des images, à la "vision", au jeu verbal". (...)

"En réduisant le vocabulaire, en simplifiant la syntaxe, Trakl réussit à créer un monde qui n'appartient qu'à lui : monde clos, car composé d'un nombre d'élément restreint, mais en même temps ouvert, varié, plein de surprises, où l'invention déjoue toujours l'attente, et pourtant la comble."

 

 

 

Quand tombe la neige contre la fenêtre

Et sonne longuement la cloche du soir,

Pour beaucoup la table est mise

Et la maison est bien pourvue.

 

Plus d'un, parti en voyage,

Arrive aux portes par d'obscurs chemins,

L'arbre de la Grâce fleurit, d'or,

Nourri du suc frais de la terre.

 

Le voyageur entre en silence ;

La douleur a pétrifié le seuil.

Alors s'allument dans une clarté pure

Sur la table pain et vin.

 

Georg Trakl

 


 

 

21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 23:26

JEUDI EN POESIE  

Avatar rose  LES CROQUEURS DE MOTS Avatar rose

 

 

Vous le savez, j'espère malgré tout

que je mourrai

à mon poste

dans une bataille de rue

ou au bagne.

Mais mon moi

le plus profond

appartient plus

 à mes mésanges

charbonnières

qu'aux "camarades".

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    Avatar rose Lettre de Rosa Luxembourg à Sonia Liebknecht 23 mai 1917.

           Ed. Le Temps des Cerises.

 

 

Rosa Luxembourg est née à Zamose le 5 mars 1871 en Pologne.

Révolutionnaire Allemande, militante de l'aile gauche de la sociale démocratie Allemande elle est emprisonnée en 1914 à la suite de sa campagne pacifiste et fonde à sa libération le groupe Spartakus avec Karl Liebknecht. Lors de la révolution spartakiste elle fut arrêtée et assassinée le 15 janvier 1919.

 

… Ma petite Sonia, cela vous irrite de me voir si longtemps détenue et vous demandez :  « Comment se peut-il que des êtres humains puissent décider du sort des autres être humains ? A quoi bon tout cela ? »

Excusez-moi, ma chérie, mais en lisant ces mots j’ai éclaté de rire. Dans les frères Karamasov de Dostoïevski, il y a un personnage, madame Choklabova, qui pose ce genre de question tout en interrogeant du regard l’une après l’autre les personnes assemblées, mais qui, avant que l’une ait tenté de répondre, était déjà passée à un autre sujet. Mon petit oiseau, toute l’histoire de la civilisation de l’humanité qui, selon des estimations modestes, compte quelque vingt mille ans repose sur le « pouvoir de décision de certains êtres humains sur d’autres », pouvoir qui plonge de profondes racines dans les conditions matérielles d’existence.

Seule une douloureuse évolution ultérieure pourra changer cela et nous sommes justement les témoins d’une de ces phases extrêmement douloureuses. Vous demandez « A quoi bon tout cela ? » La notion « d’à quoi bon » n’est pas une notion utilisable pour les formes de la vie dans son ensemble. « A quoi bon » y a-t-il des mésanges bleues sur terre ? Je n’en sais vraiment rien, mais je suis heureuse qu’il y en ait et quand me parvient de loin par-dessus les murs de ma prison un rapide « tsi-tsi-bé ! » c’est pour moi une douce consolation.

Au reste, petite Sonia, vous exagérez ma « sérénité ». Il suffit hélas du plus petit nuage qui passe sur moi pour que c’en soit fait de mon équilibre intérieur et de ma béatitude. J’éprouve alors une souffrance indicible, simplement j’ai cette particularité dans ce cas-là de rester muette. Littéralement, petite Sonia, pas un mot ne peut alors sortir de ma bouche…

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 10:10

I Muvrini - A nostra storia

 

Au début était la paix...

 

Si vous prenez le temps d'écouter cette magnifique page d'histoire que l'on doit au groupe I Muvrini, alors vous comprendrez sans doute ce qu'est la Corse et le pourquoi des tensions. Une histoire ne s'efface pas d'un simple coup de baguette magique ou non. Cette histoire, même si beaucoup de Corses ne la connaissent pas en détail, est vivante, terriblement vivante.

 

Et si vous souhaitez découvrir plus avant cette passionnante histoire, je vous invite à découvrir les deux tomes de :

HISTOIRE DE CORSE Le pays de la grandeur - Michel Vergé- Franceschi préfacé par Emmanuel Le Roy ladurie aux éditions Du Félin.

 

 

"J'ai le pressentiment qu'un jour cette petite île étonnera l'Europe." Jean-Jacques Rousseau (1762) le Contrat Social

 

Et puis si vous avez le temps, ce chant :

 

 

15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 16:58

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Pour ce Jeudi en poésie je laisse la parole à Khalil Gibran  

"l'œil du Prophète" spiritualités vivantes, Ed. Albin Michel


 


 

 

Avatar rose Une œuvre d'art est une brume rendue sculpture.


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L'art est un pas effectué à partir du connu visible vers l'inconnu secret, de la nature vers l'infini.  Avatar rose

 


9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 13:14

  Oppression-ok150.jpg 

Mes tableaux sont rarement des "gentillesses", celui-ci s'intitule Oppression.

         Il convient hélas aujourd'hui pour illustrer mon article.

 

 

On a parlé, on parle dans la presse et dans des émissions tardives de la télé, et c’est bien, de scandales financiers, de marché captifs, des plagistes qui se gaussent des lois et vous chassent à grands seaux d’eau, par ce temps merci, ça rafraîchit…

 

Mais où parle-t-on de ceux, anonymes aux abois, réduits à la misère par un marché plus enclin à engraisser la bourse que le marché du travail ?

Où parle-t-on de ceux qui sont poussés au désespoir, usés par des années de luttes trop souvent infructueuses, poursuivis par leur banque qui les enfoncent d’une main en recevant l’aide de l’état de l’autre ?

Où parle-t-on de ceux qui se suicident ?

Ils ne se suicident pas, ceux-là, parce que la bourse à chuté et que de richissimes en jouant en bourse ils se retrouvent sans rien.


Ils se suicident parce la société a décidé qu’il n’y avait plus de place pour eux, parce que la société leur interdit l’accès au travail, parce que la société a jugé qu’ils étaient inutiles en leur refusant le droit le plus élémentaire : le droit au travail, ce qui n’a rien à voir avec l’emploi.

 

Je salue aujourd’hui la disparition d’un frère, d’un ami, dans la force de l’âge qui s’est battu avec courage et fierté pour tenter de se sortir d’un plongeon dans la nouvelle misère, celle des cadres déchus ; un Corse aussi, dans l’âme, et qui n’était pas enclin à se plaindre. Faire face, telle est cette éducation, jusqu’au jour où…


Adieu mon ami ***,  ta disparition m’est insupportable et la colère qui aujourd’hui m’habite est celle qui crie contre toutes les injustices d’un pouvoir assoiffé ,comme toujours, de presser le citron jusqu’à ce qu’il éclate.


Non ! je ne fermerai pas les yeux pudiquement sur ce drame, non je ne considérerai pas que c’est par faiblesse que tu en fus rendu là, je considère cela comme un assassinat.


Adamante 

 

 

 

30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 22:59

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  LES CROQUEURS DE MOTS

 

Pour ce Jeudi en poésie, j’ai envie de vous faire partager un moment de pur bonheur, en compagnie de l'oncle Jules et de Julbis, savoureux personnages de  André Hardellet.


L'oncle Jules, éditions Régine Deforges.

 

 

André Hardellet, poète, romancier, est né à Vincennes le 13 février 1911 il est mort à Paris, dans le quartier de St Merry le 24 juillet 1974. Il repose au grand cimetière de Pantin.


Il est, entre autre, auteur de la chanson "le bal chez temporel"  mis en musique par Guy Béart. 



Le personnage de ce livre,  l’Oncle Jules (Jules Dubois) est conducteur du bus 29 (gare St Lazare – Porte de Montempoivre). Il est enjoué, avec un soupçon de poésie et porte (comme l’auteur) les moustaches (des moustaches charmeuses).

L’oncle Jules aime la pêche à la ligne, la belote, l’imaginaire, la pétanque, faire la cour aux demoiselles (sans parler des dames mariées ou non).

Il a pour habitude de passer ses vacances, chez son beau frère, à Briquebec-la-Sautée, en Normandie.


Dans l’extrait que je vous propose, il explique à son neveu Jules, dit Julbis, 6 ans, le coucher du soleil.

 


L’oncle Jules est revenu de la pêche avec un magnifique brochet et il est tout content.

Le jour décline, le soleil va se coucher, le ciel a pris une couleur orange.

L’oncle Jules le montre à son neveu.


-       Regarde comme c’est beau, Julbis. Le soleil se couche.


-       Où c’est qu’il se couche, le soleil ?


Geste vague de l’oncle vers l’horizon.


-       Par là


-       Où, par là ?


-       De l’autre côté.


-       De l’autre côté de quoi ?


-       Eh bien… euh… de l’autre côté de la terre.


-       Comment qu’elle est, la terre ?


-       Ronde.


-       Ronde comme un ballon, oncles Jules ?


-       Tout juste. Un très gros ballon naturellement.


-       Mais un ballon, il a pas de côté, il est partout pareil.


L’oncle Jules commence à se trouver embarrassé


-       Écoute Julbis, le soleil, il ne se couche pas réellement. C’est une façon de parler.


-       S’il se couche pas, pourquoi qu’tu dis qu’il se couche ?


Ça devient de plus en plus coton. Oncles Jules décide de faire machine arrière pour s’en sortir.


-       Allez, je te fais marcher Jubis. Il se couche vraiment le soleil…


Oncle Jules prend son élan et fonce.


-… Il se couche dans un lit immense, à sa taille parce que, avec lui, faut ce qu’il faut rayon confort. J’en ai vu un chez Lévitan, à Paris : il était long comme d’ici à Saint-Joseph, plus long même, et large à proportion. Un lit pliant, en outre, pour qu’on puisse le transporter où ça lui plait. Dans un coin tranquille de préférence. Car il n’aime pas la foule quand il se déshabille. Le problème, retiens bien Julbis, c’est la question de température, parce qu’il est drôlement chaud, le gars.


-       Ça oui, t’as raison. Même que l’année dernière j’ai pris un coup de soleil. Avec des cloques. J’suis pourtant habitué.


-       Tu vois. Et tu étais très loin du soleil, alors imagine de près ! Donc, il collerait le feu à tout le plumard, aux draps, aux oreillers, aux couvertures. Sans compter le sommier.

     On a cherché et finalement, le meilleur truc qu’on a trouvé, ça a été le Pôle Nord.

    Tu connais le Pôle Nord, Julbis ?


-       Oui, un peu, comme ça. Paraît qu’cest tout en glace, avec des ours blancs.


-       Exact, tout en glace et c’est ce qui est important, les ours c’est secondaire. Et puis, elle ne coûte rien la glace, il n’y a qu’à se baisser pour en prendre. Alors voilà. La veille pour le lendemain, le soleil il envoie un message radio indiquant l’endroit où il a l’intention de se coucher. Des avions de transport partent pour le Pôle et font le plein de glace. Quand les cales sont remplies, ils décollent et s’en vont atterrir où le soleil l’a dit. On décharge la glace qu’on met dans de grands sacs en caoutchouc et, ces sacs on les lui file partout dans son lit et autour. Lui, le soleil, sa journée est finie. Quand il s’amène pour se coucher, tu penses s’il se sent bien et à l’aise comme dans une piaule conditionnée. Et la literie, elle reste intacte. Un peu humide, peut-être, mais ça aura vite fait de sécher. Et le lendemain, à l’aube, quand il se lève, le soleil, il est bien reposé et il repart comme en quatorze…


Deux jours plus tard, Julbis rencontre l’instituteur Monsieur Précis, qu’i s’en va faire sa belote au café Les Amis.


-       M’sieur, M’sieur, j’sais comment y s’couche, le soleil ! C’est mon oncle Jules qui m’la dit.


-       Tiens, tiens. Et comment donc, mon petit ?


-       Dans un grand lit, comme l’oncle Jules en a vu un chez Lévitan…

 


  

     Je ne vais pas reproduire ici, ni toute l'histoire, ni tout le bouquin, l'éditeur ne serait pas d'accord, mais si vous avez aimé, vous pouvez vous le procurer, illustré par Wiaz, aux éditions Régine Deforges. Un beau cadeau à faire. Un formidable auteur à découvrir.

Adamante

 

Merci à  SNOW  de m'avoir offert cette photo pour illustrer l'article.


 



 

 

 

 

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  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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