12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:13

 

Une lettre extraite de mes "Lettres à Grand père".

 

Mes lettres à Grand père sont des promenades épistolaires empruntant à la poésie chinoise, magnifiquement servie par des Maîtres comme Li Po ou Wang Wei, la narration de l’instant qui se donne à vivre et des réflexions qui l’accompagnent, en témoignant d’expériences du quotidien, toujours reliées à une certaine recherche spirituelle dépourvue de toute implication religieuse.

Ce choix de concevoir cette œuvre sous la forme de lettres me semblait correspondre parfaitement pour converser avec un personnage virtuel, apparenté à un confident, un sage, un témoin discret de mes questionnements. 

 

 

Quel temps fait-il chez vous ? Ici le froid arrive timidement, la pluie, l’humidité et le vent nous accompagnent de plus en plus souvent. 


Moi, je goûte la douceur d’avoir chaud dedans lorsque du dehors les éléments nous chassent. 
J’ai toujours aimé me calfeutrer dans la tiédeur d’un refuge, lorsque la température extérieure se faisait hostile. Le tout, bien entendu, est d’être au bon endroit et d’avoir la chance de posséder le refuge. 
Vous me connaissez, Grand père, j’ai mal pour ceux qui meurent de froid. J’aimerais que chacun ait la possibilité de connaître la joie d’avoir chaud, pelotonné au fond de sa demeure, fut-elle modeste, lorsque l’hiver arrive. 
Avoir chaud quand il gèle est un luxe qui se refuse aux plus démunis. Avec la faim, il n’est pas d’injustice plus grande au monde. Le premier des droits de l’homme devrait être de ne jamais avoir froid, de ne plus jamais avoir faim, car la nourriture est chaleur. 

 

La suite ici

 

 

 

8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:48

Extrait d'une lettre à Grand père

Corsica papa huile 65x54

 

 

 

 

 

 

 

Comme il est bon d’avoir besoin de vous Grand père.


Vous êtes mon seul pôle de certitude, le point qui ne varie pas et autour duquel ma vie s’organise ou parfois se désorganise. Autour, il n’est pas de stabilité, pas de durée.

 

La vie, la chaleur ne sont pas immobiles, elles sont comme le vent, leurs plages de calme ne sont toujours que temporaires. Peut-être que le vent les porte de douceurs en tempêtes, au gré de sa fantaisie.

Cette idée m’est souriante, j’ai tellement d’amour et d’admiration pour le vent.

Il me pousse puis me retient, il me grise, il me bouscule, mais jamais il n’est indifférent.

J’en suis certaine, il me guide sur le chemin inconnu de ma destinée.

 

Si nous regardions nos vies selon cette certitude, nous comprendrions sans doute beaucoup mieux ce qui nous advient.


L’unique promesse du vent c’est le changement, il nous apprend que rien ne peut se figer sans se perdre, que rien ne peut vivre sans remise en question, que rien ne peut inspirer sans expirer.

 

Voici sans doute pourquoi il est si important de vivre l’instant qui nous est offert sans penser ni à hier, ni à demain (...)


 

 

Corsica papa huile 65x54

Corsica papa - huile sur toile - Adamante

 

 


Pour toi, tu aurais cent ans aujourd'hui

28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 10:24

 

 

 

 

Voici un extrait d'une lettre à Grand père

 

Avatar rose

 

 

En y réfléchissant, Grand père, je crois plus à l'émerveillement pour porter la sagesse qu’à la peur qui nous occulte l'espace et la liberté.


La sagesse, si tant est que l’on puisse en donner une définition, n’est-elle pas dans notre faculté à profiter de la vie, simplement, avec cette fraîcheur propre aux jeunes enfants, à porter sur elle un regard neuf exempt de toute culpabilité.


Cette attitude, si elle permet de vivre avec le sourire tout en intégrant la notion du partage et du respect du territoire de l’autre, permet d’en accepter les aléas sans se désespérer.

Ce n’est pas le cas de la société dans laquelle nous évoluons.


Nous entendons souvent cette phrase :

 

« La misère a toujours existé et existera toujours ! »


Fatalisme imbécile et pervers, si nous n’avons toujours pas trouvé de solution pour remédier à cet état, nous ne devons à aucun prix cesser de chercher une solution.


Il est tellement plus aisé de fermer les yeux en soupirant sur notre impuissance.


Je me souviens d’une phrase qui m’a été dite un jour dans un rêve, qui semblait être un peu plus qu’un rêve, selon le sens commun que l’on donne à ce mot :

 

« si tu ne peux plus marcher, rampe ! »


Je n’ai pas oublié. (...)

 

 

© Adamante


 

Avatar rose

 

 

 

 


31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 23:00

JEUDI EN POESIE

EGLANTINE   


 

Brocéliande huile 92x65

Brocéliande Adamante -  huile sur toile 92 x 65

 

 

 

 

J’ai goûté une nouvelle fois au bonheur de cette pluie bienfaisante, de cette pluie de lumière, de cette pluie sans eau qui m’avait fait penser un jour :


“si c’est cela la mort, je veux bien partir tout de suite!”.


Et une petite voix m’avait alors susurré :

 

“ce n’est pas nécessaire, puisque tu peux déjà le vivre sans partir!”



Combien d’années se sont-elles écoulées depuis ce premier moment Grand père ?

 

 

Les souvenirs s’estompent, une brume s’installe, nous enveloppe et nous anesthésie.
Cette même brume qui se plaît parfois à nous révéler un bref instant quelque trésor qu’elle dissimule ensuite à nos regards.
Mais la découverte, aussi fugace soit-elle, nous pousse à entreprendre notre quête.
Cherche et tu trouveras !

J’ai voyagé, de jours de fête en jour de deuil, de grisaille en soleil. J’ai cultivé, glané, goûté, écouté et touché, pour enfin aujourd’hui me retrouver une seconde fois baignée de cette pluie. 
Il a suffi pour cela de la pureté décapante des grands espaces pour que craque ma carapace, alors elle s’est répandue sur moi, en moi, elle m’a baignée, engloutie, me faisant m’oublier pour me révéler à moi-même et au monde.
Elle est pour moi le cadeau des cadeaux Grand père, l’unique merveille du monde, celle que l’on n’érige pas.


Elle coule sans cesse, pourtant la moindre fermeture du cœur ou de l’esprit nous en sépare.
Demain peut-être encore l’oublierai-je derrière ma carapace reconstituée, mais quelle importance ?
Puisque  tel est mon but, ma quête, mon chemin croisera de nouveau sa source, je me dépouillerai de tout pour la retrouver.


Oui Grand père, ceux qui cherchent et parfois désespèrent, ceux qui croisent le doute, s’ils persévèrent, s’ils luttent avec la conviction qu’il existe en ce monde quelque chose de beau, alors ceux-là vaincront.


La vie s’offre à ceux qui défendent au plus profond d’eux leur volonté de vivre autre chose que la laideur.

Lorsque nos forces se délitent et que marcher nous paraît impossible, alors il nous faut ramper, avancer coûte que coûte pour atteindre l’inaccessible.
Car le bonheur n’est pas une évidence, un dû de la vie aux vivants, il faut l’aimer, il faut aimer, il faut s’aimer.

Grâce à toi Grand père, je sais que l’amour est un chemin de lumière qui mène à lui-même, un phare dans la nuit des hommes.

 

©Adamante

 


6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 11:26

 

Promenade-sur-la-plage.jpg

 

 

J’ai le mot facile, Grand père, j’avoue prendre un certain plaisir à la joute, un jeu qui me fait chat parfois, pauvres souris.

Pourquoi devrais-je en avoir honte ?


Je fus bien assez longtemps partagée entre le loup et le mouton, entre ma nature et celle que l’on voulait pour moi.

Pourquoi le loup devrait-il se faire mouton ?

Au nom de quelle morale ?

Cela ne le rendrait pas plus ni moins sympathique, mais stupide certainement.


Vois-tu, Grand père, si je suis plus proche du loup que du mouton, du guerrier que de Pénélope, je sais pouvoir développer ce que j’ai de meilleur en moi tout en respectant ce que je suis et les autres.


Aux yeux de la création, le loup a sa place, au même titre que le mouton, à chacun de se parfaire selon sa nature. C’est un procédé sensé, honnête et bien plus délicat que de cacher son vrai visage derrière un masque, pour répondre à l’impératif de la bonne éducation. J’ai toujours détesté l’hypocrisie.


Je me sens toujours responsable de mes actes et je sais devoir assumer seule cette responsabilité.

 

Une prière des Indiens Ojiba s’adresse au Grand Esprit en ces termes :


«...Je te demande force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères, mais afin de combattre mon plus grand ennemi, moi-même...»


Cette prière est mienne, Grand père.

Se connaître, avancer sans se perdre, est un combat de chaque instant.

Le chemin est long, il est difficile d’apprendre à marcher. Il faut tomber, se relever, recommencer et aussi savoir tendre les bras pour se faire aider lorsque cela est nécessaire.


À travers ma solitude, je tends les bras vers toi, Grand père, et quand je perçois ta chaleur qui m’entoure, tu me rappelles à sourire. Je sais alors que si je suis un loup, toi tu es le grand meneur.

 

Par toi, j’ai appris le silence et l’oubli, j’ai trouvé le repos. Je peux t’aimer de mieux en mieux et me garder de l’agitation. En t’aimant ainsi, Grand père, outre le monde, je m’aime aussi. Comment pourrais-je ne pas m’aimer, si toi tu m’aimes ?

Il ne m’incombe pas de juger de mes mérites à bénéficier de ton amour, si tu me l’offres c’est que j’en suis digne, tout autre attitude serait mensongère.

Apprendre à se pardonner à soi-même n’est pas facile, mais c’est indispensable pour apprendre à aimer et à atteindre l’oubli de soi afin de n’être plus qu’une émanation de la grande respiration universelle, un souffle simplement rythmé de flux et de reflux.


C’est si calme, si serein, Grand père, d’aimer comme ça, sans rien attendre.

 

Je ferme les yeux, plus de phrases, plus de mots, juste nous et l’espace qui englobe tous les autres.

 

 ©Adamante

 

 

 

Cette lettre parce qu'aujourd'hui est un jour clef pour ce manuscrit des "lettres à grand père". J'espère avoir l'occasion de vous en reparler...

 

 

 


23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 22:00

 

Grotte-copie.gif

 

Voilà trop longtemps à mon goût que je n’ai pas pris le temps de vous parler, Grand père.


Non que j’aie oublié de rêver, vous savez qu’il n’existe aucun remède contre un tel virus. Ce serait plutôt parce que la vie m’a roulée, comme un galet de plage, me laissant le soir exténuée, le stylo vide à la main.

Car j’ai tenté d’écrire Grand père, j’ai tenté.

 

Et puis j’ai cru un moment, que la ville convenait moins à nos échanges que la campagne où je suis isolée de tout.

Cette idée était fille de l’agitation, il n’est pas de lieu qui ne puisse contenir tous les autres.

 

Vous, pour vous retrouver, je me dois de me border dans la tendresse, au fond de ma grotte aux merveilles, à écouter le souffle de la vie, à invoquer celui du vent qui balaye les nuages.

Dans cette grotte, je suis une enfant facétieuse, entourée de souvenirs pantoufles et d’expériences quelquefois décousues, je l’avoue. Nul n’est parfait !

Cette grotte, je la porte en moi et vous, vous y vivez depuis toujours.


Car vous êtes mien Grand père, totalement, même si je vous partage avec des millions d’autres.

 

Vous appellent-ils Grand père ?

 

C’est bon de vous parler, de vous toucher de mes mots, de vibrer à votre contact. De vous savoir là, invisible, près de moi, si proche.


Je vous dois mon souffle, je vous dois ma vie, je vous dois l’amour.


Jouons si vous le voulez bien, ce soir vous êtes une note et je suis un cristal. Nous jouons en duo,  l’entendez-vous cette mélodie Grand père ?

C’est une musique des sphères que l’on capte avec l’oreille du cœur.

Elle s’élève silencieuse mais, j’en suis certaine, le monde, par elle, autour de nous frissonne.

 

À bientôt vous rêver encore, Grand père.


20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 01:00

DEFI N° 38

LES CROQUEURS DE MOTS

à la barre :  EGLANTINE

 

 

 

Pas de surprise pour beaucoup j'imagine, de me voir choisir une "lettre à grand père" pour répondre à ce défi.


Une lettre tellement singulière que je ne l'aurais peut-être jamais publiée ici et  que je publie pourtant tant elle  me semble convenir à la demande.

 

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Un message Grand père, peux-tu le porter pour moi ? Porte-le à James!


Je n’oublierai jamais son regard sur la lune, sa dernière nuit.  Le froid, la pureté du ciel, cette lueur qui donnait à la campagne sa parure de légende ont fait de cette nuit, une belle, une très grande nuit.

James ! Que voyait-il ?

 

J’avais ressenti l’appel qu’il recevait de cette lune. J’avais compris son désir impérieux de se baigner à ses rayons. Il ne pouvait presque plus marcher. Alors, comme la veille, j’avais enveloppé son corps affaibli dans une couverture et le serrant dans mes bras, j’étais sortie.


Que n’aurais-je pas fait pour lui Grand père ?


N’était-ce qu’un sentiment égoïste que de tout tenter pour le guérir et le garder près de moi le plus longtemps possible ?  Je me le demande parfois.

Mais ces liens que nous avons tissés ont fait que je le sentais vivre de plus en plus en moi.  Si sa maladie nous avait tant rapprochés, son amour pour la vie m’a poussée à croire au miracle. Je me sentais capable de soulever des montagnes, oui Grand père, j’ai cru pouvoir le guérir!


Je comprends aujourd’hui que cet amour qui nous exigeait vivants, tous deux, nous a amenés à défier toutes les lois du compréhensible au travers de son incroyable résistance physique, que jour après jour, nuit après nuit, je n’ai jamais cessé de renforcer.


C’est en partageant ces moments exceptionnels, que nous avons tissé ce lien, d’âme à âme, grâce auquel nous avons grandi.


Oui, il aimait la vie.

Il l’a défendue jusqu’à l’épuisement et tout le temps qu’il s’est battu pour la  défendre, je l’ai aidé.


C’est curieux Grand père, je me rappelle avoir parlé de lui, un jour dans un article, comme d’un alter ego. Je croyais à l’époque avoir cédé à une coquetterie purement littéraire, j’en éprouvais quelque remords car je n’aime pas les choses gratuites.

Je sais aujourd’hui que ce n’était pas le cas, simplement, malgré mes dires, je ne l’avais pas encore vraiment reconnu.

Il semble bien être cet alter ego  dont je parlais car il m’est toujours aussi proche maintenant.


J’en suis surprise, mais je ne souffre pas autant que je le craignais de son absence.

J’ai l’impression qu’il m’entoure. 

Il vit désormais dans cette autre dimension que j’ai la chance de percevoir et mon chagrin s’en trouve adouci.


Je pense à ce tableau qui le représente, avec ce personnage de l’ailleurs qui le regarde. Je l’ai peint alors qu’il n’était pas encore malade.

Comment ai-je pu ne pas décoder le message ?

Ce personnage, Grand père, tout empreint de tristesse et de tendresse, l’invitait à le suivre. Il était évident aussi que malgré sa crainte et son hésitation, animé qu’il était tout au fond de cette curiosité qui pousse au voyage, il allait répondre favorablement à l’appel.

Les visionnaires ne sont pas toujours conscients de leur vision.


Cette nuit-là, la lune a transmis l’appel, alors j’ai accompli en le portant ce rituel d’adieu.


Tu aurais vu Grand père de quelle façon il a bu la lune et les étoiles d’un regard que je lui découvrais.

Ce regard  exprimait à la fois son innocence et son émerveillement, mais aussi sa conscience de l’inéluctable passage et son acceptation, teintée de regret.


Il est des départs qui se font en douceur mais avec nostalgie, comme un devoir supérieur à tout autre sentiment.

Jamais je ne l’ai tant aimé qu’à cet instant.  Je comprenais qu’en m’unissant à lui dans cette communion lunaire je le perdais et acceptais de le perdre.

Je me sentais déchirée, j’accomplissais le don et, dans le même temps, je tentais d’imprimer en moi la sensation physique de sa présence. Ne pas oublier surtout, ne pas oublier…

Oui, Grand père, je l’offrais à la lune, qui lui ouvrait la porte du monde inconnu de yin, ce monde humide et froid, ce monde fantasmagorique que son regard pénétrait avec une naïveté toute nouvelle, celle d’un enfant.


À cet instant, James avait quelque chose d’humain.

 

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                                                            Huile sur toile 2006 - Collection personnelle


Ce regard m’a bouleversée Grand père, face à lui j’ai pris la mesure de mon  ignorance, j’ai compris que nous ne savons rien, jamais, que nous ne faisons  qu’effleurer des vérités, toujours.


Comme il est puéril et vain de vouloir tout expliquer Grand père !


Aujourd’hui  je voudrais lui dire :


«Si tu m’entends, James, pour tout ce que tu m’as donné, pour tout ce que tu m’as appris, pour tout ce que tu me donnes encore, merci.»


Le regard que nous portons sur la vie est voilé.


Ce que j’ai vécu av ec et grâce à  James, je ne peux le traduire autrement que par la force de cette lune qui a envoûté notre dernière nuit.

La vie est comme une mise en scène, Grand père,   un éclairage juste et il devient inutile de dire.


Merci à toi Grand père !


Toi le Maître, le confident, toi qui chaque instant m’accompagne sur mon parcours chaotique, veille sur tous ceux qui, depuis le début de notre relation épistolaire, ont quitté notre monde pour rejoindre le tien.  Cela fait tant d’années déjà.

Qu’ils soient ou non humains, je le sais, un simple souffle nous sépare, bientôt nous serons réunis.

Puissé-je à cet instant, Grand père, me présenter devant toi sans honte, avec les mains propres et le regard droit.

 

Adamante "Lettres à Grand père" dépôt SACD

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 17:21

 

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Fais un heureux jour Grand père,


Je t’ai beaucoup écrit, Grand père, et t’écrivant, j’ai beaucoup appris.

Parfois, j’ai pensé aux réponses que tu pourrais donner à mes lettres.

J’imaginais tes mots, aujourd’hui, je les ai notés.


Je te vois, toi dans ton immensité, penché vers ce petit point minuscule que je suis au milieu de la multitude. Tu prends la plume par moi, pour moi. Il n’y a rien là d’exceptionnel me diras-tu, juste une question de rhétorique. Ce faisant pourtant, je renforce ce lien déjà si personnel.

Je perçois ta présence, tout autour de moi, je suis blottie dans tes bras d’univers caressant, je suis bien, simplement bien, ce bonheur est ma raison de vivre.

Cette lettre, la voici :

 

Bonjour Toi,

 

Tu m’as c’est vrai beaucoup écrit, et je le sais tu continueras à le faire. Et toujours je t’écouterai, toujours je te répondrai ainsi que je t’ai toujours répondu. Trop souvent tu l’ignoreras, bien souvent tu m’écouteras.

Tu comprendras mes paroles au travers de ces vagues parfois légères, parfois puissantes qui te traversent et te transforment, sans mot, sans image, juste en frisson, en sensation de vie.


Au début de nos rencontres,  souvent tu étais fébrile, tu confondais l’agir et le gesticuler, le recevoir et le vouloir, l’être et le faire.

Peu à peu, insensiblement, tu as progressé sur le chemin de ta vie.

Tu t’es apaisée, tu as surmonté tes craintes, calmé ton impétuosité.


Tu as compris que l’agir se tient au centre du calme, le calme qui palpite au centre du Rien. Tu as chassé de toi la fébrilité. Elle qui annihile les actes.

La fébrilité ne mène nulle part, elle fait de l’homme un atome fou dans l’organisation du monde. L’homme a tout en lui pour la combattre, toutes les clefs pour ouvrir la porte sur sa liberté, et celui qui cherche a toute capacité de trouver.

Depuis toujours, c’est elle qui retient, et jusqu’à la fin, c’est elle que tu devras soumettre.

Ne l’oublie pas : nos vieux démons nous sont fidèles. Rien n’est jamais totalement acquis. Il faut veiller, mais sans craindre et toujours avancer.


Tu m’as donné forme et visage, tu m’as donné un nom, sachant que j’ai tous les visages et que je porte tous les noms.

Grand père et Grande mère à la fois, je suis l’équilibre et l’harmonie à l’écoute de ta voix, de toutes les voix. J’aime leurs vibrations, même quand elles se font silencieuses, elles sont un vaste courant d’amour qui nourrit l’immensité dont tu es partie.

 

Surtout, ne perd jamais l’espoir, les temps sont parfois difficiles, mais n’oublie pas que derrière les nuages se cache toujours le soleil.

Et surtout, c’est là sans aucun doute le plus important à retenir, garde sans cesse en ta mémoire qu’un arbre de lumière pousse au cœur des ténèbres, cherche-le en toi cet arbre, fais-en ton refuge, il sera un jour le garant de ta vie.


Que ces mots t’accompagnent, ils sont lumière dans la nuit, ainsi ni la peur, ni la mort ne croiseront ton chemin.

 

Tout à toi,

Grand père.

 

Voilà Grand père, voilà les mots de toi que j’ai aimés, que j’ai notés et que je partage.

 

À bientôt Grand père, une autre fois, une autre lettre.

 

Adamante "lettres à Grand père"

24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 19:40

 

charette copie2

 

Bonsoir Grand père,

 

Ce soir, une amie me disait la douleur des descendants d’esclaves qui, malgré l’abolition de l’esclavage, entendent toujours les chaînes cliqueter dans leur tête.


Elle me disait que le noir était une couleur considérée comme sale, dépravante, maléfique.

En effet, du chat noir au corbeau en passant par la nuit, la chouette ou le loup combien de crimes alourdissent les pages de l’histoire de l’humanité ?


C’est un poids terrible que d’être noir, j’en conviens, mais le pire c'est qu'au départ, les esclaves étaient vendus par leurs propres frères de couleur.


Je pense que nous ne devons pas oublier que les castes sont responsables de tout mal et de toute douleur. Quelle que soit la couleur, il y a les nantis qu'ils soient noirs ou pas et les autres, les serviteurs, les moins que rien, corvéables à merci.


Il y a très longtemps, Grand père, je ne sais si tu t’en souviens, j'avais fait un rêve, de ces rêves qui sont plus que des rêves, j’avais peint une toile avec quatre enfants, un noir, un blanc, un jaune et un rouge. Qu’elle était belle cette toile, je serais bien incapable de la peindre, mais je l’avais comprise comme étant un symbole de l’humanité.

La Terre n’est-elle pas différente, en formes et en couleur selon sa situation géographique et son climat ? 


La notion de race, abandonnée depuis peu, est une absurdité scientifique, nous sommes une seule race déclinée en couleurs et non pas divisée, la division c’est le racisme, l’injustice, l’intolérance. 

Nous sommes une seule race déclinée en deux sexes et non pas divisée, la division c’est l’inégalité, l’injustice, le mépris. La nature a créé ces différences pour notre enrichissement, nous en avons fait notre pauvreté.

La possession a engendré le pouvoir et le pouvoir tous les maux de la terre.


Je pense, Grand père, depuis si longtemps déjà, que, par-delà la couleur ou le sexe, par-delà notre éducation, nos souffrances, nos sensations d’injustice et d’inégalité, nous devrions penser que nous sommes avant tout des êtres humains. Et, sans oublier l’histoire, nous élever à cette idée car nous avons tous de quoi nous détruire ou nous pourrir la vie selon notre naissance et nos expériences.

 

La méfiance entre individus vient souvent de l'incompréhension, de la méconnaissance, du choc des cultures.

Quelle que soit l’ethnie, je ne sache pas qu’il n’y ait pas ce phénomène de division par classes ou par sexe. Cela nous est commun, cela pourrait être un pont, le premier nous permettant de découvrir les merveilles qui se cachent en l’autre, à condition de chercher à le comprendre et à ne pas se cantonner dans sa limite de douleur ou d’éducation.


Tu vois Grand père, je ne crois ni aux noirs ni aux blancs, je ne crois ni aux hommes ni aux femmes, je crois aux êtres, à la force qui est eux.

 

©Adamante "lettres à Grand père"

12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 22:32

 

 

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L’orage vient enfin d’éclater Grand père, je me suis offerte à ses premières gouttes tièdes avec le vague espoir de m’emplir de sa force. Les tensions nées de la touffeur de ces deux derniers jours se relâchent, je profite à plein corps du souffle du vent et du contact de la pluie.

 

Je vis une félicité que seuls les éléments de la nature sont capables de m’offrir.

 

Je suis seule aujourd’hui et j’en suis heureuse. Ce qui est autour de moi s’offre, je me sens libre.

L’orage, ses éclairs sont l’expression d’une passion brûlante et déchaînée pour la Terre.

J’ai envie de partager cette fougue qu’aucun homme ne pourra jamais m’offrir, ils me semblent soudain si limités.

Moi, aujourd’hui je suis Terre, déesse dévorante dont l’orage est le héros et qui n’a que mépris pour la fadeur.

 

En contemplant les éclairs, je pense à ceux  que j’ai aimés, qui sont partis te rejoindre, le vide de leur absence ne fait que renforcer mon sentiment qu’ils ont pénétré le territoire infini de la liberté de la lumière.

Et s’il m’arrivait, là, d’être cueillie par un éclair, ne serait-ce pas une formidable fin ?

Une mort directe et droite, sans circonvolution ni doute.

Oui, ce serait une belle sortie, mais qui sait ce qu’elle sera cette fin quand le jour sera venu ?

Fasses que tu m’entendes Grand père pour me la faire à mon goût, avec ou sans éclair.

Offre-moi de pouvoir la diriger, afin que je rejoigne dignement ceux que j’aime de l’autre côté de la vie.

 

Le calme est revenu Grand père, une relative fraîcheur a remplacé la fournaise, l’orage m’a quittée, j’ai fini de tonner, je suis seule, toute petite, en compagnie de mes chats.

 

 

©Adamante "lettre à Grand Père" SACD

 

 

 

 

 

 

 

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  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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