Autrice, sociétaire de la SACEM, je vous invite à découvrir ce blog dédié essentiellement à l'écriture : poésie libérée, haïku, haïbun et tanka prose, contes.
Le Dolmen de Meynardier 23
L’océan de lumière, Grand Père, ce sont ces petits points blancs luminescents, que j’ai découverts, il y a quelques années, à Meynardier, dans la Creuse, lors d’une superbe journée d’hiver sous un ciel bleu, sans un nuage.
Nous étions allés, avec un ami, visiter ce site mégalithique. Nous y avions pratiqué un peu de Qi gong, tant l’atmosphère se prêtait à cette méditation en mouvement. Puis, nous nous étions allongés sur la pierre froide du dolmen pour nous pénétrer de son calme, de sa force, de sa paix.
Nous cherchions, sans trop nous l’avouer, à découvrir son histoire, à pénétrer une fenêtre du passé pour tenter d’apercevoir une bribe de rituel. Les yeux fermés nous nous étions laissés glisser dans l’oubli de nous-mêmes, dans cette zone où se confondent présence et absence.
Lorsque j’ai rouvert les yeux, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que l’espace, jusqu’à l’infini de mon regard, était peuplé de milliards de petits points blancs, brillants, d’une densité incroyable, qui dansaient les uns autour des autres, dans une chorégraphie vive et intelligente. Tout cela me semblait avoir un sens, une raison.
Ces particules tournoyantes me faisaient penser à ce que les scientifiques nous enseignent sur la structure de l’atome, des électrons tournant autour d’un noyau.
Toutes ces lumières fusant sur le bleu du ciel formaient un tableau fascinant.
Je plissais plusieurs fois les yeux, afin de chasser ce qui aurait pu n’être qu’une hallucination visuelle, mais quand le les rouvrais le même spectacle m’attendait. Où que je porte mon regard ces petits points étaient là, vivants, tourbillonnants, d’une formidable vivacité. Ils étaient partout, jusqu’à l’infini, ils baignaient la nature et nous les respirions.
Je savais vivre là un moment exceptionnel, je découvrais une face cachée, j’expérimentais un nouveau regard. Curieusement, cette nitescence qui me tenait sous son charme me semblait naturelle, comme la beauté est naturelle, et cette beauté là était de l’ordre de la magie, la seule vraie magie, celle de la vie, de la nature.
Alors, je demandais à la personne qui m’accompagnait : « tu vois ce que je vois ? » et elle m’avait répondu : « je vois plein de petits points dorés qui brillent dans l’espace ! »
Mis à part la couleur des points, nous assistions donc au même spectacle.
Nous regardions ce tableau incroyable dont nous sentions, que nous étions partie, et qui était là, aussi naturel que les arbres alentours.
Puis nous sommes rentrés, le regard voilé, mais troublés et riches de notre découverte.
Pour ne pas oublier, nous avons décidé d’écrire une petite pièce de théâtre en direction des enfants, parce que les enfants comprennent si bien la magie. Elle mettait en scène ce que nous avions appelé « les fées ».
Aussi longtemps que je vivrai, je sais que je n’oublierai jamais cette féerie.
Maintenant, Grand père, lorsque je parle de fées, ce sont à ces petits points lumineux, à ces minuscules étoiles que je fais référence, elles sont la vie, leur pouvoir est immense.
Je sais aussi que ces points, que nous ne voyons pas en permanence, ou beaucoup moins nombreux selon les lieux, sont ce que l’on appelle le souffle, l’énergie de vie, cette énergie qui nous baigne et nous compose, et que j’appelle aussi « la Source ».
Boire à la Source, Grand père, c’est s’ouvrir à cette perception et en respirer la force, en conscience.
Bonsoir, Grand père, les fées vous accompagnent.
©Adamante
