Autrice, sociétaire de la SACEM, je vous invite à découvrir ce blog dédié essentiellement à l'écriture : poésie libérée, haïku, haïbun et tanka prose, contes.
J’aimerais qu’il neige aujourd’hui Grand père. Pour que, même sans soleil, la lumière du ciel se reflète sur le blanc.
Je ne connais rien de plus beau, rien de plus simple, rien de plus fascinant.
Ce blanc vertigineux est un puissant appel au voyage, un clin d’œil de l’infini pour nous extraire de la routine.
Je n’ai jamais vécu le désert Grand père, et j’imagine que cette étendue-là aussi, est ouverture.
Je me sens libre aujourd’hui, après toutes ces années, je crois avoir abordé cette rive sur laquelle je vais pouvoir enfin marcher sans crainte, marcher avec la volonté de ne plus jamais regarder en arrière.
Voici sonnée la fin d’un cycle Grand père, je vais commencer l’œuvre pour laquelle je suis venue. Loin d’être une fin, cette liberté reconquise marque le début de ma vie.
J’étais un flocon Grand père, j’ai connu les aléas des courants, les chocs silencieux, le vertige, le doute, la solitude extrême au cœur de la multitude, le manque de tendresse, l’espoir et son contraire.
J’ai craint tour à tour de me brûler, de me dessécher, de me perdre, de disparaître.
J’ai lutté pour survivre, pour comprendre, me connaître.
Quand enfin je me pose, je sais ne disparaître à toutes ces formes que pour mieux rayonner le fond.
«Je», aujourd’hui Grand père, c’est moi en totalité, jamais il n’a été si proche de toi, il fusionne.
Moi, sans Toi, Grand père, ça n’existe pas.
«Je» aujourd’hui Grand père, c’est Nous.
Oui je voudrais qu’il neige aujourd’hui Grand père, pour lire sur la terre le reflet du ciel.
Marchons, marchons Grand père, et que notre chemin soit long.
© Adamante "lettres à Grand père" dépôt SACD