Autrice, sociétaire de la SACEM, je vous invite à découvrir ce blog dédié essentiellement à l'écriture : poésie libérée, haïku, haïbun et tanka prose, contes.
Voici ma réponse au Défi n° 32 d'Abeille 50
Le thème : " Symphonie Amoureuse "
Premier amour huile sur toile 41x33 - 2009
C’est l’été, Maya, jeune et jolie, ayant épanoui depuis peu ses formes aux regards troublés des individus mâles de l’espèce, prend le frais, au matin, sur la plage pas encore envahie de touristes, qui ne manqueront pas bientôt de piétiner le sable et d’y abandonner leurs détritus habituels.
Comme le dit mama Yot : « c’est le moment de regagner nos galeries ! »
Il faut dire que mama Yot, n’est pas une rigolote et qu’elle a sans doute oublié d’être jeune.
Mais Maya se fiche de Mama Yot, elle n’est pas prête à regagner ses galeries sur les talons de la vieille douairière.
Elle a décidé de passer la journée sur la plage, en compagnie de cette faune au teint cadavérique qui va bientôt débarquer pour se faire rôtir et s’amuser à ces jeux idiots que l’on pratique en criant et en s’éclaboussant au soleil.
Elle rêve, et ses rêves lui tournent la tête.
Elle ne comprend pas très bien, mais ses émois, parfumés à l’huile solaire, la laissent alanguie et moite dans ce début de chaleur d’un été prometteur.
Sa tête bourdonne, et ce bourdonnement s’intensifie comme un typhon. Il monte du plus profond d’elle, s’envole vers les nuées pour s’en nourrir, y prendre force.
Des notes grenues s’échappent de la mélodie hypnotique, pareilles aux bulles de savon d’un enfant rêveur y enfermant ses vœux.
Maya le sait, le grand jour est proche.
Elle n’est pas née pour besogner et s’affairer comme mama Yot.
Elle est née pour toucher les étoiles, les grands espaces peuplés d’ailes, l’amour avec un grand A, la sensation d’avoir des ailes, la caresse du vent porteur de promesses.
Elle est née pour s’enivrer du parfum des embruns, pour perdre la tête dans les tourbillons de folies qui accompagnent l’épanouissement des bourgeons et des corolles, s’offrant sans retenue au dard des insectes venus les butiner.
Elle est née pour s’estourbir de frissons, de paroles sans mots, d’espace et d’Azur.
Elle est née pour disparaître dans un essaim de troubles, pour atteindre ce bleu infini qui verra son union à l’unique prétendant capable de la suivre.
Union consacrée, qui au nom de la multitude la fera reine, dans laquelle il perdra la vie et elle sa liberté.
©Adamante
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