12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 13:15

 

Chat noir

 

Saison de nuit

si précoce

à chasser le jour

les ombres

dans la rue

se pressent

méconnaissables

voûtées

le regard

fixé devant soi

l’autre

croisée

sur le chemin

disparaît

elle aussi

derrière un cache nez

sous un chapeau

sous un bonnet

elles marchent

vite

vers la chaleur

du foyer

qui les attend

elles rêvent

d’une soupe

chaude

de pantoufles

moelleuses

d’un bonsoir

d’un sourire

du fauteuil

pour l’instant délaissé

qui tend ses bras

sur le vide

alors

elles se hâtent

fuient la rue

la nuit

qui les poursuit

de ma fenêtre

le front collé au carreau

je les observe

et je souris

avec cette petite satisfaction

quelque peu mesquine

d'être ici

bien au chaud

à les regarder frissonner

il y a peu

c’était moi

à leur place

qui me hâtais

les  mains

blotties au fond des poches

rêvant

de retrouver

le confort béa

du fauteuil

la douceur

d'une fourrure

ronronnante

qui me réchaufferait

les genoux.

 

©Adamante

 

 

ici un autre frisson :  L'ombre d'un "conte"...


15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 15:16

 

 

Le soleil

quitte le lit

de la flaque

amoureuse

humide

tendre

ruisselante

d'amour

et durant

tout le jour

tout là-haut

dans son ciel

brûlant de feu

et de désir

il boira

à ses lèvres

à ses yeux

à son corps

à son âme de brume

jusqu'à la moindre goutte d'eau

pour l'avoir

tout à lui.

 

©Adamante



 

Suzâme avec son billet : Invitation à lire mon poème "La flaque"   nous invite ici, son texte m'a inspirée.

Maintenant, je rêve que l'un de vous ait le désir d'illustrer mes mots.


Y aura-t-il parmi vous quelqu'un qui répondra à mon invitation ?

 


27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 19:30

 

 

snow-doudou-des-forets--ada-.jpg

Photo de Snow (qui m'avait sollicitée ICI) vaguement floutée par mes soins, avec son accord, oh !

pour faire apparaître le doudou, voilà !


 

Entre roche et écorce

il guette

patient

le chat gnome

le grand chat’esprit du lieu

caché au pied de l’arbre

qui surplombe le chemin

il observe le passant

il rie

bouche grande ouverte

à moins qu’il ne grimace

qu’il ne tire la langue

une patte en l’air

il s’ébroue

rond

tout rond

peluche de granit

ce doudou des forêts,

libre comme le vent,

vous passez sans le voir,

c’est cela qui l’amuse

et vous

inconscient

regard voilé

dans votre dimension humaine

tout en haut de votre échelle

de la création

vous ignorez la vie

qui grouille

partout

dans le moindre recoin

de nature

Vous

vous n’avez rien vu

vous rien entendu

et vous pleurez

parfois

si seul

alors que lui

est là

à vous faire de l’œil

et vous ne le voyez pas.

 

©Adamante

 

 


 


 

 

27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 18:25

 

L'éternel enfant est né du ressenti suite à la lecture d'un texte de Carole Chollet  dont l'univers,  est-ce parce que nous avons des racines communes ? et le talent, me parlent bien au-delà des mots.

 


Le conte5

 

Notre histoire s'écrit avec :


le grincement d'une lame de parquet,

d'une marche d'escalier,

un rayon de soleil sur un édredon rouge, au petit matin, dans le froid d’une fin d’hiver.


Elle se décline au rythme d'une vieille pendule qui sonne les heures en plein cœur de la nuit, étourdie par les mouvements miroitants de son balancier sous la lueur des dernières braises, dans l’âtre en sommeil.


Je me souviens d’un printemps, l’air avait la fraîcheur d’un hiver désireux de s’attarder encore un peu sur la terre endormie. Le froid avait été incisif et la neige particulièrement présente cette année-là.

Il avait fallu à plusieurs reprises dégager le chemin à grandes pelletées pour rompre l’isolement de la maison, se frayer un passage jusqu’aux maisons voisines.


Le rythme des journées s’était considérablement ralenti, marqué par le martèlement des pieds devant la porte afin de décoller la neige accrochée aux chaussures.


Des cache-nez montait une fumée blanche que la froidure de l’air transformait immédiatement en gouttelettes glacées qui s’agrippaient désagréablement aux poils du lainage et vous trempaient le cou.


Les humains, cantonnés à l’intérieur de leurs maisons, jetaient régulièrement un œil à la fenêtre, soucieux sans doute de se confirmer encor et encor la réalité de ce confinement imposé par les éléments qui les privaient de leur liberté habituelle d’aller et venir.


Derrière le carreau de la grande salle, grand-père semblait rêveur.

Immobile il observait quelque chose qui, de toute évidence, ne faisait pas partie du paysage, quelque chose que les autres ne pouvaient découvrir en laissant leur regard balayer la cour.


Il s’était retiré dans ses espaces intimes.


Son corps, parfaitement immobile et malgré les apparences, trahissait l’idée qu’il soit là.

 

Pieds nus, en haut de l’escalier, l’enfant, perdue dans la longue chemise de nuit blanche empruntée à sa mère et qu’elle retenait d’une main pour ne pas s’entraver, son autre main sur la rampe, s’était arrêtée ; elle l’observait.

Elle le savait loin, bien loin de cette maison de campagne qui avait abrité sa vie, avant la mort de cette grand-mère dont elle ne conservait aucun souvenir et dont le départ avait ébréché la joie de cet être un peu bourru qu’elle aimait tant parce qu’il l’aimait, parce qu’elle savait qu’en la regardant le feu de son regard se ravivait et qu’elle était la seule à avoir ce pouvoir.


Avait-il senti qu’elle l’observait ?

 

Il tourna la tête et la vit, l’ombre qui l’habitait quitta immédiatement son regard, il se mit à pétiller de malice :


« Ma petite fille ! » s’écria-t-il, en lui tendant les bras.


L’enfant dévala les marches pour se précipiter entre ces bras si pleins de tendresse.

 

Le feu ronronnait dans la cuisinière et donnait à la pièce un aspect accueillant. Une odeur de café flottait dans l’air, c’était elle qui l’avait sortie du sommeil et tirée du lit.


Il était tôt, la vie s’éveillait dans les arbres, une corneille venait de lancer son premier cri dans le lointain d’un pré, l’oiseau en fourrageant neige cherchait déjà sa pitance.


Alors, ils partagèrent leur premier repas du jour, accompagné de rires et de ces petites choses insignifiantes qui tissent un individu, le marquent à jamais et font de lui un éternel enfant.

 

©Adamante

 

2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 07:00

LES CROQUEURS

D. 78

MEMETTE

Kiosque à musique

 


Il était une fois…
 


Et pourquoi ne pas commencer comme ça ?

C’est un bon début pour vous raconter une histoire.

Un excellent début et qui a fait ses preuves.


Il était donc une fois

Pas deux, hélas

Deux, la vie s’arrange souvent pour que ça ne se fasse pas

Ou alors c’est tellement rare qu'il vaut mieux ne pas en parler

Une fois, ce fut une, du moins pour cette fois là !


Il était une fois

Un garçon tout à fait charmant


Non , je ne suis pas en train de vous raconter Shrek !

Vous allez cesser de m’interrompre

Ou je ne vous la raconte pas !


Il était donc une fois

Une fille tout aussi charmante

Et tous deux d’humeur un peu folâtre

Ça arrive à tout le monde !

Une brise légère

Un éclat dans l’œil

Un « je ne sais quoi » dans l’air…

Et quand on ne sait pas…

Il n’en faut parfois pas plus pour décoller !


Le garçon…

Là, c’est pour les besoins du texte

Le gars, il avait déjà de la bouteille

Et la barbe en plus

Pas un jouvenceau donc !


Donc le barbu

Certain de son charme

Un peu peintre sur les bords

Et même plus que sur les bords

En pinçait quelque peu pour la fille

Il en pinçait disait-on souvent pour beaucoup de filles

Que voulez-vous, c’était sa faiblesse

Que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première pierre.


Un coup de fil :


« Tiens… euh… j’ai un truc à croquer* dans ton coin, euh… »


On se demande bien quoi !


« Si tu veux me rejoindre, euh… on croquera tous les deux , euh ! »


Là vous allez me dire :

 

« si elle a pas compris c’est qu’elle est bouchée ! »


D’accord !


Je suis consciente des limites : le séducteur ne fait pas montre ici d’une grande originalité

J’en conviens

Mais si en plus il faut que je vous la fasse originale, là, j’ai pas fini…


Bon !


La fille, elle, avait très bien compris

Et croquer de compagnie, n’était pas ce jour-là pour lui déplaire.


« D’accord j’y serai ! »


Et voilà une affaire rondement menée !


Manque de bol

Je ne sais pas si vous avez remarqué

Comme parfois les éléments font tout pour vous contrarier

La voiture s’était mise en panne !

Enfin…

 

Pas de problème, avait-elle pensé « je vais emprunter celle du père »

Oui, mais le père

Pas totalement bouché lui non plus

En bon père attentionné

Qui avait bien remarqué certaines choses

Qui connaissait le lascar

Avait opposé un veto ferme et définitif


Il avait besoin de sa voiture…


Son bébé, qui avait, il faut quand même le dire, passé l’âge de la puberté

resterait à la maison

Il n’y reviendrait pas!


L’interdiction de croquer venait donc de tomber

Comme une peine de mort dans un jour morne et pourtant ensoleillé.


Là, ne rêvez pas, je ne vous raconte pas non plus

La petite chanson du pont de Nantes

Où le frère arrive et tous deux vont se noyer dans la rivière la plus proche

Là, il n’y a pas de frère et elle ne pleure pas

Et, détail, la rivière la plus proche il fallait une voiture pour y arriver

Alors,

Même avec la meilleure volonté du monde

Croquer ou se noyer

C’était du pareil au même

Voilà

L’histoire est terminée.


Vous allez me dire que je ne respecte pas les conventions que j’ai moi-même définies au départ

D’accord

C’est vrai !


Mais tout de même

Comment vous feriez vous pour terminer par :


« Il se marièrent et…»


Et quoi :

 

« et eurent beaucoup d’enfants » ?


Ça, ça ne fait pas partie des conventions d’origine

C’est sans doute un truc rajouté durant la période pétainiste

pour glorifier la famille.


Je ne peux  pas terminer par :


« ils se marièrent et furent heureux »


Ils étaient peut-être déjà mariés d’abord !

Qu’est-ce qu'on en sait ?

L’histoire n’en parle pas !


Et puis, en réfléchissant

En réfléchissant, ne serait-ce qu’un tout petit peu

Vous le  feriez vous de décider de vous marier sans avoir jamais croqué ensemble ?


Là, permettez moi de vous le dire, ce serait de la haute voltige sans filet

Mais vous êtes libre de vos choix

Vous avez peut-être un tempérament joueur…

On saute et on s’en remet au hasard !


Mais là

Les deux zèbres en question n’avaient pas l’intention de s’en remettre au hasard

Ils avaient de super filets

Invisibles mais rudement solides


Bref !


Comme je vous le disais

L’occasion ne s’est jamais vraiment représentée.


Beaux joueurs, ils poursuivirent donc leur chemin

Et furent heureux

Chacun de son côté de profiter de la vie.

 

 

* Croquer :  faire des croquis.  Activité parfois champêtre des   peintres, des sculpteurs, qu'ils font avec plaisir, surtout quand le soleil brille, que la nature est avenante, l'herbe haute et le cœur printanier...


 Toute ressemblance avec une quelconque réalité (...) fortuite !

©Adamante

 

 

 

 


22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 12:27

Le jeudi des Croqueurs de mots


 

Images-4 2504-

 

Un courant de forces lumineuses

monte

jusqu’aux étoiles

Un arbre appelle

Au pied de l’arbre

un enfant s’est endormi

appuyé contre son tronc

La lune discrète

cachée

derrière un nuage

sourit

l’enfant

elle le connaît

bien même

chaque soir

par la fenêtre de la chambre

où il dort

elle l’observe

elle l’illumine de ses rayons

En souriant

il rêve

Elle aime quand il sourit ainsi

sur le chemin de ses rêves

la lune

elle l’accompagne

et dans son cœur de lune

dans son cœur de mère

elle sent

une chaleur monter

alors elle rayonne

elle se met à briller

Ce qui la fait briller

la lune

quand elle regarde ainsi l’enfant

c’est une perle d’or

à peine un petit point

très lumineux

un minuscule petit éclat

de soleil.

 

© Adamante

 

En écho, pour Toi

 

 

 

 

 


5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:21

 

Solstice-d-hiver.jpg

 

Je marche

le nez en l’air

quelques nuages glissent

ils ont le temps

pleuvoir n’est pas à leur ordre du jour

ils flânent

s’étirent

baillent

ils attendent la nuit

sans se hâter

le soleil

alangui lui aussi

est sur le point de se coucher

il est nonchalant

je ne suis pas pressée

rien ne m’oblige

j’ai tout mon temps

je me l’accorde

l’aventure

si elle se présente

viendra récompenser ma patience

je la vivrai

avec un grand plaisir

Le parfum de l’air est doux

je soupire d’aise

dans la nuit qui s’installe

voici qu’apparaît l’étoile du berger

elle brille fort ce soir

plus fort qu’hier

moi qui vit toujours le nez en l’air

vous pensez bien

j’ai remarqué certaines choses

elle palpite de plus en plus

chaque nuit

dès qu’arrive Novembre

elle est comme prise d’impatience

et je sais

car Grand père me l’a dit

qu’elle attend le solstice d’hiver

elle piaffe

comme une amoureuse

séparée de son amant

chaque nuit

elle observe les forêts

et cherche

sur les plus hautes montagnes

le sapin qui sera l’élu

celui sur lequel elle viendra rutiler

le soir de la fête

c’est ça qui la rend fébrile

c’est ça qui la fait briller autant

ça lui tourne la tête

ça lui donne le cœur palpitant

elle espère tant

ce soir unique

où elle aura le premier rôle

c’est pour cela qu’elle tremble

un peu plus

chaque nuit

"Vois-tu"

m’a confié Grand père

un soir où elle brillait à cœur fendre

il y a de cela très longtemps

"quand tu la vois ainsi

la petite étoile du Berger

sache qu’ elle est entrée dans sa phase aventheureuse."

 

©Adamante

 

 

 

 

 

Merci à Pierre et à l'Arbre à Mots pour ce mot qui m'a fait rêver

 

 

 

Et puis...


le saviez-vous ?


L'Orée a 4 ans 


 

CLIC !


 

 

On fête cela avec un immense talent chez ABC

  

CLAC !

 

 

 

Et moi,


je luis offre une petite lumière


de cette étoile


Aventheureuse


pour allumer les bougies !


 

BOUM !

 

 



31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 09:30

 

L'enterrement du PapéMots de tête n° 26 

LES CROQUEURS DE MOTS

 

L’enterrement du Papé

 

 

La petite Marie adorait voir jardiner son grand père

Elle était là, attentive et babillarde

À lui tourner autour comme une mouche à miel

C’était comme ça qu’il appelait les abeilles le Papé

Et c’était comme ça qu’il appelait  Marie aussi.


Quand elle commençait à le fatiguer

À toujours être là où on ne l’attendait pas

Au risque de recevoir un mauvais coup avec un outil, il lui disait :


« File et que je ne te vois plus, tu es pire qu’une pierre,

Tu empêches mes salades de pousser ! »


Il avait fallu qu’il lui explique tout du jardinage :

« Le bêchage, le ratissage, la mise en terre des graines, l’arrosage

Pourquoi il fallait éclaircir, les outils, l’importance de la terre, celle de la lune… »

Bref tout ce qu’il était indispensable de savoir.

Et elle avait retenu tout cela bien mieux que ses récitations.


Mais le Papé, très âge et fatigué,

Un matin ne s’était pas réveillé.

Fini le jardinage !

« Il avait rendu l’âme ! » avait dit sa mère,

Pour expliquer à Marie qu’il ne se lèverait plus.

Son Papé avait rendu l’âme !

Elle lui plaisait cette expression à Marie : « rendu l’âme »

Elle avait un « je ne sais quoi » de mystérieux qui l’intriguait.

Marie avait bien une vague notion de ce qu’était qu’une âme

Mais elle se demandait à qui il pouvait bien l’avoir rendue cette âme, le Papé.

Et ça la préoccupait.


Vint le jour des funérailles.

La veille, on avait mis le Papé dans une grande boîte

Un cercueil lui avait dit sa mère

Et les voisins avaient défilé devant

Chacun aspergeant la boîte d’eau bénite

Avec un goupillon que le curé avait laissé là à cet usage.

Il avait bien évidemment fallu  expliquer par le menu  à Marie

Les raisons de tous ces agissements pour le moins troublants.

Ce jour-là donc toute la famille s’était vêtue de noir

« Comme il sied pour un deuil ».

Et puis on avait suivi le corbillard pour l’enterrement.

Tout le monde roulait lentement

Comme si on risquait de réveiller le Papé en roulant trop vite !

Marie attendait avec impatience ce moment où le Papé allait être mis en terre,

Et elle se demandait bien pourquoi tout le monde avait l’air si triste.


À l’église, elle ne cessa de se trémousser sur le banc

Pressée que la cérémonie se termine pour aller au cimetière.

Les cloches se mirent à sonner et enfin le cortège s’ébranla.

Tout le village était venu pour accompagner le Papé à « sa dernière demeure »

Marie ne comprenait pas très bien ce que cela signifiait

Mais ses pensées étaient ailleurs,

Le Papé allait être mis en terre et il n’y avait que ça qui comptait.


Arrivé au cimetière Marie avait été surprise en voyant toutes ces pierres fleuries.

Elle n’eut de cesse que sa mère lui eut expliqué ce que c’était : « des tombes »

Mais quand Marie lui avait demandé : « à quoi ça sert ? »

Sa  mère lui avait intimé l’ordre de se taire.


Quand le cercueil fut arrivé devant le tombeau familial, dont la pierre avait été enlevée,

On procéda alors  à l’inhumation

Le cercueil fut descendu par des cordes dans l’ombre du caveau

Marie n’en croyait pas ses yeux

Mais quand la pierre du tombeau fut remise à sa place puis scellée

Elle se mit à pleurer

Elle se précipita sur la pierre pour essayer de l’enlever.

Personne ne comprenait ce qui se passait.

Sa mère avait bien essayé de l’entraîner à sa suite, en vain

La gamine était dans tous ses états,

Elle sanglotait en criant :

« Mon  Papé, mon Papé !

   Je veux qu’on l’enterre, je veux qu’on l’enterre

   Vous êtes des menteurs ! »


Le curé décontenancé lui expliqua

Que le Papé venait justement d’être enterré

Qu’il était désormais dans sa dernière demeure

Et qu’il fallait faire un peu de silence en signe de respect.

Alors Marie, arrêtée en plein milieu d’un sanglot,

Sidérée, l’avait regardé,

Elle avait regardé la pierre,

Et puis elle avait déclaré :

« Et comment il va faire pour pousser maintenant ? »

 

©Adamante


Profil

  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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