25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 09:45

Avatar roseJEUDI EN POESIE CHEZ LES CROQUEURS Avatar rose

 

Avatar roseLilouAvatar rose

 

 

Se sentait un peu triste

 

S'est allongée sur le sol

A fermé les yeux

A souri

A vu l'image de la Terre

L'a regardée un long moment

 

A pris la Terre dans ses bras

L'a serrée

Très fort

L'a sentie

 

Maman-papa

S'est laissée bercer

 

A entendu une musique

S'est laissée entourer

 

A parlé son Amour

L'a dit

L'a chanté

 

A exprimé sa solitude

Son profond désir d'aimer

L'a dansé en geste

En souffle

 

Et tout soudain

A vu s'ouvrir la porte de son coeur

 

A ressenti les mots

Trop courts

Trop étroits

 

A ri

A pleuré

 

S'est laissée envelopper

Dans les bras de l'Univers caressant

 

A compris que demain

Jamais plus comme avant

 

Jamais seule et toujours

Toujours seule et jamais

 

© Adamante

 

 

 

 

 

 


29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 19:30

PARTAGE

 

 

Anne avait fait un article sur lequel j'avais laissé, un "poécommentaire" et je lui avait suggéré que nous fassions un "dialogue pour le théâtre".

Après avoir fait remonter mon commentaire dans son article, elle a publié une suite  que vous pouvez lire ICI avant, après ou pendant (toutes fenêtres ouvertes) avoir lu ma réponse.


Anne a pris la voix de la planche abandonnée, moi celle du courant.


Y aura-t-il une suite à l'histoire ?

 

dessin-d-eau-copie-1.jpg

 

Le courant :

Que sais-tu du rêve

Planche brisée

Dédaignée des hommes ?

Que sais-tu des rives inconnues ?

 

La brindille ?

Morte de soleil

Abandonnée à moi

Rejoindra le limon

pour enrichir la Terre

Ou emportée par un oiseau

Deviendra nid…

 

L’arbre qui pleure

Et tend les bras

pour me toucher

Sur quoi pleure-t-il ?

Sur le courant qui passe

Sans l’emporter ?

Sur ses feuilles perdues

Venues me retrouver ?

Feuilles perdues de vent

ou de saison

Elles seront

Limon

Au fond du lit de la rivière

 

Le galet ?

Poli

Transformé

En chemin vers l’esquisse

Cherche l’épure

Pour mieux refléter le soleil

Au fond des eaux

Il roule, se heurte

Se peaufine

Il lui faudra beaucoup de temps

Pour redevenir Terre

Mais il sait la patience

 

Le bois ?

Tout gonflé d’eau

Fatigué du voyage

Au hasard d’un méandre

Affectionné des herbes

Doucement s’abandonne

Il se transforme

Se désagrège

Se confond à moi

Se dépose à la rive

Il va nourrir la terre

Et fleurir au printemps

Devenu fleur des champs

ou prairie

 

Planche blessée

Désormais inutile

à ton monde

Tu es venue à moi

Toi l’exclue

Je t’ai bercée

Je te berce encore

Toi la rejetée

Je t’entoure des flots

Entends-tu leurs murmures ?

Ils ne te parlent que de vie

D’expériences

Ils te parlent d’ailleurs

D’un monde inconnu

Où les planches

Ne disparaissent

Que pour renaître

À une vie nouvelle

Une autre forme

Une autre fonction

Ils parlent d’aventure…

La main d’un nécessiteux

La cheminée

La flamme

La cendre

Enfin la Terre ;

La main d’un enfant

Peut-être

Une cabane

Dans un arbre

Loin du sol

Loin de moi

Un cheval fier

Le galop

Entends-tu les rires ?

L’enfant joue

Tout est possible

à qui avance

Sans regarder derrière soi

En confiance

Une chose est certaine

Le bout de ton voyage

C’est la Terre

Car elle est mère

de toute chose.

 

©Adamante

 

 

 

 


10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 22:41

  Dialogue pour le théâtre  

 

  printemps-4ROGER.jpg

Je tiens à remercier Roger qui suite à la parution de mon article m'a envoyé cette photo-tendresse.

Je vous invite aussi à lire la très jolie poésie d'ABC dans les commentaires

Merci à tous pour vos visites et vos mots, ils sont tous importants.



 

 

Je suis Feuille

La dernière des filles de l'arbre

Légère

Nervurée de vent

Torturée d'espace

 

Feuille

Fille folle

Ta vie ne tient qu'à un fil

Et tu veux le rompre


 

Je veux briser la chaîne qui me retient

Briser ma solitude

Je suis feuille

Folle du vent

Qu'il vienne

M'enlève

Que notre voyage soit long

Je suis feuille

Amoureuse du vent


 

Feuille

Fille folle

Ton vol nuptial

C'est la Mort


 

Mon vol nuptial

C'est l'infini


 

Le voyage sera bref

Tourmenté

Ton infini est à deux pas

 

 

Je suis feuille du vent

J'entends sa voix dans le silence

Il m'invite au voyage

Je viens

Je te rejoins dans ton rêve mon Amour


 

Fille folle

Feuille sourde

Voici que je te perds

Bousculée

Roulée au sol

Ton vol finira dans la poussière

Tu connaîtras les dents des pierres


 

Je suis feuille

Amante du vent

Dans ses bras

Enfin, je connais le vol


 

Adieu fille folle

Amante superbe du vent

La lueur du soir te va bien

Comme une nymphe

Tu glisses dans les airs

Va

Sans te retourner

De toute éternité

Au vent tu étais destinée

Adieu

Dernière de mes filles

J'entre aujourd'hui dans mon hiver.

 

©Adamante

3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 22:15

 

Avatar rose Dialogue pour le théâtre Avatar rose

 

 

 

Eau douce des rivières

Reine des eaux

Ma Reine

Laisse-moi te regarder prendre ton temps

Prélasse-toi pour moi le long des rives

Accorde-moi le bonheur du calme en cette fin du jour

 

Vent

Ton air est doux

Ta voix suave

Vois comme je frissonne

Ce n'est pas de la fraîcheur du soir

 

Frissons

Sourire de l'eau sous mes caresses

Dans la chaleur de ce soir d'été alangui de soleil

La nuit s'annonce

N'entends-tu pas Dame limpide ?

L'heure est aux murmures

 

J'entends les murmures du soir dans les herbes qui stridulent

Promesse de vie sous la sécheresse apparente de la Terre

J'entends ton murmure,

Comme un chat

Je me love dans les méandres de mes rives

Pour goûter la saveur de ton haleine

 

Murmures de l'eau qui danse sous la lune naissante

Chanson

Murmures d'Amour

Tout est douceur ce soir

La rouille de l'aurore déclare sa flamme au ciel

Avec elle tu t'embrases

Tout est douceur ce soir

Tout est tendresse

Voici qu'apparaît la première étoile

La première fille de la nuit orne ta chevelure

Bientôt tu m'offriras tout le reflet du ciel

Tu accrocheras ses étoiles à mon souffle

Alors je troublerai légèrement ton miroir

Pour t'apercevoir

Derrière le masque de la nuit

Je t'inviterai à me rejoindre

Je t'effleurerai

Mon souffle s'exaltera

Des remous bousculeront l'efflorescence de ta surface

Je ferai danser les galets au fond de ton lit

Ensemble, nous roulerons dessus tes berges

Nous rirons du bonheur de vivre

Nous rirons

Roulerons

Puis insensiblement nous glisserons

Vers la tempête

Tempête lien sacré de notre union

Tempête

Union de l'eau et du vent


 

  © Adamante

 

 

 

 


23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 19:30

 

 

 

Je rebondis immédiatement, en écho, à un article paru chez Snow avec très beau texte de Quichottine. Les statues m'ont fait penser aux personnages de Classe Morte de Tadeusz Kantor où les comédiens portent leur enfance sur leur dos avant de la rejeter. Un théâtre sans complaisance, d’une force peu commune et qui n’a pris aucune ride.

Pour moi, Kantor est un maître, j’aurais tant aimé le connaître.

Tadeusz Kantor fut un artiste total, il fut à la fois un grand metteur en scène , réalisateur de happenings, peintre, scénographe, écrivain, théoricien de l’art, acteur de ses propres spectacles, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie... Il est né en Pologne en 1915 et il est mort en 1990.


La musique de la Classe morte est envoûtante et la gestuelle le résultat d'un travail absolument remarquable. Un travail que j'aime parce qu'il fait appel à un investissement total du comédien et une maîtrise parfaite de la technique.

 

Vous découvrirez-là un type de théâtre que j'affectionne particulièrement.


Voici une vidéo  qui vous donne un aperçu de l’œuvre de ce grand artiste qui ne travaillait pas avec des comédiens du métier, mais avec des personnes qu’ils avait sollicitées dans la rue et qu’il avait formées à sa méthode.

Comme Hitchcock au cinéma, Kantor était sur scène à jouer avec ses comédiens.


 

Passez de joyeuses fêtes de Pâques.

 

Adamante

 

 

 

 

 



4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 21:30

 

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Je suis fleur

Pour toi toutes les fleurs

Mes pieds martèlent la terre

Je danse

J’invente le soleil


Je suis tulipe

Pétales en calice

Pour t’enivrer


Rosée du matin

Vapeur de midi

Brumes du soir

L’ivresse


Je bois, la tête me tourne

Je m’enivre de toi


Je suis Violette

Discrète

Seul un parfum t'invite à me rejoindre

Je me cache

Tu me cherches

Patience !


Tu te caches et je joue

Les yeux fermés je te retrouve

Attention au grand méchant loup !


Je me cache et tu joues

Tu te caches et je joue

Les yeux fermés tu me retrouves

Les yeux fermés je te retrouve

Attention au grand méchant loup !


Rosée du matin

Vapeur de midi

Brumes du soir

L’ivresse


Je suis Marguerite

Tu m’effeuilles le cœur


Un peu… beaucoup… à la folie,

Le méchant loup sera brebis !


Plus tu effeuilles mon cœur

Et plus mon cœur devient ardent


Un peu beaucoup à la folie,

Le méchant loup sera brebis !


Brûle, brûle, qui brûlera ?


Rosée du matin

Vapeur de midi

Brumes du soir

L’ivresse


Je suis Rose souveraine

Je fais chanter ton jardin

Capiteuse, ensorceleuse


Brûle, brûle, qui brûlera ?


Un peu beaucoup à la folie,

Le méchant loup sera brebis !


Rosée du matin

Vapeur de midi

Brumes du soir

L’ivresse


Viens danser sur ma chanson d’herbe

Et oublie dans mes bras toutes les autres fleurs

Chante pour moi :


Rose, ma Rose, des fleurs tu es le rêve

J’aime toutes les fleurs si je t’aime

Brûle, brûle, qui brûlera ?

J’aime toutes les fleurs avec toi

Brûle, brûle, qui brûlera ?


Un peu beaucoup à la folie,

Le méchant loup sera brebis !


Rosée du matin

Vapeur de midi

Brumes du soir

L’ivresse


©Adamante


 

11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 23:05

Soto*

Portrait

Sotoportrait

    Arbre à mots 

 Jee Bee - un texte 

un dessin - moi

un dialogue - re moi (sur la thématique du miroir de Jee Bee)

et voilà, la boucle est bouclée.

 

Miroir-magique-soto-port-copie.gif

Miroir magique ou l’art de se regarder dans un miroir.

 

 

- Miroir, mon beau miroir…


- Je t’écoute !


- Miroir, dis-moi…


- Ça va, j’ai compris, tu veux savoir qui est la plus belle !


- Non, pas tout à fait, je voudrais savoir comment tu me trouves !


- Tu veux savoir comment je te trouve ?


- Oui, je veux savoir comment toi,  tu me trouves !


- Eh bien… J’te trouve pas mal pour ton âge !


- C’est tout !


- Pourquoi, ça ne te suffit pas !


-  Mais, si on te le demandait…


- Quoi, si on me le demandait ?


- Eh bien, si c’est pas moi qui le demandais, tu vois…


- Je vois, mais je ne vois pas qui pourrait me le demander !

 

- Dis tout de suite que je n’intéresse personne !


- Mais pourquoi quelqu’un viendrait me demander comment je te trouve ?

À  moins d’être aveugle, il peut le voir lui-même !


-  Ben, c’est que ça m’intéresse, comme ça, pour rien, de savoir, comment tu dirais toi si quelqu’un d’autre te demandait comment tu me trouves !


-   Oui… oui, oui, oui… je vois…. Voyons, eh bien, je lui dirais… Dis donc, t’aurais pas un peu de monnaie dans ta poche par hasard, j’ai tout perdu hier en jouant au poker en ligne et il y a une partie ce soir drôlement intéressante où je pourrais me refaire !


- C’est ça que tu lui dirais ?


- Mais non, ça c’est à toi que je le dis ! J’viens juste d’y penser, si tu pouvais m’aider !


- Tu as besoin de combien ?


- Ça dépend.


- Ça dépend de quoi !


- Ça dépend de ce que tu veux que je te dise, on pourrait faire un échange, si tu es gentille avec moi, je serais gentil avec toi, je dirais tout ce que je pense vraiment, tu vois ? Si tu me donnes un peu je te dirais un peu, si tu me donnes beaucoup je te dirais beaucoup, et si tu me donnes souvent je te promets même la beauté éternelle.


- Tu appelles ça un échange toi ?


- On n’a jamais rien sans rien, tu devrais le savoir !


- Peut-être, mais ce que tu dis est impossible, je vais vieillir, alors la beauté éternelle…


- Tu vois, tu n’as pas la foi, regarde-toi ! qu’est ce que tu vois ?


- C’est pas mal !


- Et là ?


- Là, c’est formidable !


- Qu’est-ce que je te disais !


- Mais ce n’est pas la vérité !


- Comment ça pas la vérité, comme si je pouvais refléter autre chose que la vérité !


- Mais c’est impossible !


- Mais réfléchis donc un peu, un miroir reflète, il n’interprète pas !


- Oui, mais toi, tu es un miroir magique !


- Et alors, qu’est que ça change ? Ma magie, elle n’est pas dans le reflet, elle est dans la façon dont je te vois ?


- Ça veut dire que tu me vois comme ça, vraiment ?


- Exactement !


- Et que les autres me voient aussi comme ça ?


- Tout à fait ! Ils te voient comme ça ! Tu es comme je te vois !


-  Mais c’est merveilleux !


- Je sais, je suis ton indispensable miroir magique ! Eh bien, si tu es très gentille avec moi, ça sera ça toujours et encore mieux que ça !


- Vrai ?


- Vrai !


- Promis ?


- Promis !


- T’as besoin de combien ce soir ?


- 500 €, mais si tu as plus…

 

©Adamante


 

Jesús-Rafael Soto artiste plasticien -5 juin 1923 (au vénézuéla) /14 janvier 2005 (à Paris) Célèbre pour ses œuvres jouant avec des effets d’optique. Mouvement Op Art/Art cinétique.  

23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 09:00

DEFI N°36  

Etant donné que je suis une "femme de théâtre" (c'est ainsi qu'aimait  me présenter Sergio Ortéga), que j'ai beaucoup écrit pour mes cours et mes spectacles, je ne pouvais pas ne pas publier sur le thème de ce lundi chez      Avatar rose  LES CROQUEURS DE MOTS Avatar rose   

Je vous livre donc ce petit amusement autour d'un naufrage, et qui n'a ni queue ni tête.

 

DISTRIBUTION :

 

Le PATRON : Chef des Rats, un baroudeur, un dur

MARCEL LE BELGE : Rat Belge

RITON DU MIDI : Rat du Midi

DÉDÉ LE BÈGUE : Rat Bègue

GASPARD LE SUSPICIEUX : Rat Suspicieux

LULU DE VENISE : Rat Vénitien, alcoolique

JACKY LE PRÉCIEUX : Grande folle

PHIL THE TEA : Rat Anglais

GÉGÉ LE FAYOT : Rat Fayot

BÉBERT PETIT EINSTEIN : Rat Savant

COCO LE BORNÉ : Rat Borné

FIFI LE SSSUAVE : Rat qui siffle ses « s » comme un serpent

 

 

Sur scène, le Patron et Marcel

 

 

Le Patron : Eh Riton ! Oublie pas l'fromage !

 

(une voix, avé l’accent, répond en coulisse) O K Patron !

 

Marcel  le belge : Eh Patron, dîtes lui aussi d'prendre les nouilles, une fois !

 

Le Patron : Les nouilles ?

 

Marcel  le belge : Ben oui ! Les nouilles !

 

Le Patron :  On quitte le navire dans un canot de sauvetage et tout ce que tu trouves à dire c'est « oublie pas les nouilles ! » Les nouilles ! Et pourquoi pas l'camping gaz pendant qu'tu y es ? 

 

Marcel  le belge : Ça c'est pas la peine, j'lai déjà  rangé dans la malle !

 

Le Patron : T'as rangé  l'camping gaz dans la malle ?

 

Marcel  le belge : Ben oui j’lai rangé dans la malle ! Fallait pas ?

 

Le Patron : (rouge, prêt à exploser) Retenez-moi, dîtes-moi que je rêve ! Je vais en faire de la bouillie de cet ahuri ! (à Marcel)  Où c'que tu vas la mettre la malle sur le canot  hein ? Elle est plus grande que lui !

 

Marcel  le belge : Ben ça c'est vrai Patron, j'y avais pas pensé !

 

Le Patron : (regardant vers le ciel en serrant les poings) Retenez-moi, je vais faire un malheur, j’ai des envies de meueueueuertres !


Dédé le bègue, arrive.

 

Dédé le bègue : Ppp-ppa-pa-tron, imppppossible dddde trouver la trousse à phaffffaffafarmacie !

 

Le Patron :  Marcel va t'aider à la chercher, ça lui évitera de penser !

 

Marcel  le belge : C'est pas la peine Patron, la trousse à pharmacie elle est dans la malle prête à partir !

 

Le Patron : Dans la malle ? Encore ? Sors la immédiatement !

 

Marcel le belge : C'est que... Patron... la trousse à pharmacie, elle est tout au fond, sous la vaisselle et les couvertures... J'avais pensé que... euh...

 

 

Le Patron  est anéanti. Il s'assied.  S'essuie le visage avec son mouchoir.

 Il s'adresse dans un souffle à Dédé.

 

 

Le Patron : Appelle les autres !

 

Dédé le bègue : (il hurle) Tttttous les rats sur le ppppont !

 


Tous les rats arrivent en courant, grande bousculade.

Le Patron se lève de méchante  humeur les regarde un instant en silence et hurle à son tour.

 

 

Le Patron : Gaaaaaaarde  à vous !


 

En une joyeuse panique, les rats se mettent au garde à vous.

 

 

Le Patron : (Excédé, parlant très, trop lentement)  Comme vous pouvez le constater, je suis calme... Je vais même être très très très gentil. Vous le savez, en bons rats que nous sommes, face au danger, nous quittons le navire !

 

Tous (en un bel ensemble joyeux) : Oui, Patron !

 

Le Patron : Bien ! Nous quittons le navire parce qu'il va couler !  Vous le savez,  n'est-ce pas ?

 

Tous : Oui, Patron !

 

Le Patron : C'est bien ! Vous avez donc fait, je l'espère, tout le nécessaire ainsi que je vous l'avais demandé ! C'est-à-dire : une tenue de rechange dans le sac à dos ainsi qu’une trousse de survie !


Il prononce cette phrase en montant en intensité vers l’aigu.

 

 

Tous (vaguement hésitants) : Non, Patron !

 

Le Patron  (stupéfait par la réponse) : Non ?  (les autres font signe que non)  Non ? Comment ça
non ?

 

 

Ils répondent tous à la fois, c'est à n'y rien comprendre. 

Seul Marcel se tait…

Tous ensemble :

 

 

Riton du midi : Ô peuchère, patron ! on trouve plus rien ! Et quand on dit rien c'est rien, sans blague ! Faut pas me dire que je suis devenu fada, quand je dis qu'y a rien, y a rien, je l'ai vu !

 

Gaspard le suspicieux : Ça c'est vrai ! C'est pas croyable mais y a plus rien ! Rien! Si c’est pas bizarre ça ! Rien ! Rien ! Rien nulle part ! Rien du tout ! J'ai rien trouvé nulle part ! C’est pas normal !

 

Dédé le bègue : Chchchchchcerche quqqqqque tu cherches on tttttttrouve rien ! J'ai ttttout remué rien ttttrouvé !  Bbbbizarre, Bbbbizarre !

 

Lulu de Venise : Mi'o go' sempre dito che ghe z'era on bordel sur ce bateau ! 'O go' sempre dito ! Je l'ai toujours dit !  E nissoni me ga' mai scolta'! Personne ne m'a jamais écouté ! Ma 'o ripeto par tutti, ripeto ! Il faudra bien qu'un jour où l'autre on m'écoute ! Gavari da iscoltalto lulu de Venesia, che sarea mi !  Vous allez l'écouter l'Italien !   'O ripeto ! Ripeto ! etc.

 

Jacky le précieux (avec de grands gestes de la main suivis par de petits mouvements gracieux du corps)  : Ya des rigolos y z-ont tout planqué ma parole ! Ça alors hein, c'est pas drôle! Y z-ont fait ça dans notre dos, par derrière, comme des lâches, rien que pour nous embêter, j'en suis sûre ! Eh bien c'est pas drôle ! C'est pas drôle du tout ! c’qui sont bêtes !

 

Phil the tea : My God ! Ô shit ! Nothing !  Quelle galère !  Five o'clock, my tea, my God ! The tea, qui nous fera le tea désormais patron ?

 

Gégé le fayot : Patron, y a vraiment plus rien, à mon avis, il vous faut quelqu'un de confiance pour mener l'enquête, sinon on ne trouvera rien ! À vos ordres patron ! Vous pouvez compter sur moi ! (il se met au garde à vous sur la dernière phrase)

 

Bébert petit Einstein : Y a plus rien, c'est un fait, mais soyons philosophes. Étant donné la matière, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! On a encore toutes nos chances de retrouver quelque chose !

 

Coco le borné : Moi j'étais d'vigie quand on m'a dit qu'y avait plus rien ! Eh bien, si y a vraiment plus rien, c'est bien embêtant, ça oui ! C'est bien embêtant !

 

Fifi le sssuave : Juste ciel ! Ça, c'est pas possible ! Nul ne sait où sont passées toutes ces choses! Pour sûr, ça c'est certain, c'est un coup du sort ! Mais qu’est-ce qu’on va devenir ?

 

Le Patron : Silence !  Un seul à la fois s'il vous plaît !

 

 

Chacun répète à son tour la précédente réplique,

 bouillant d’impatience de parler pendant que l’autre parle.

Pendant ce temps Marcel  s'est fait tout petit

il semble vouloir disparaître à  la vue des autres.

Le Patron  l'interpelle.

 

Le Patron (trop calme, les yeux comme des lance-flammes) : Marcel ! Mon petit Marcel ! Viens donc un peu voir ici !

 

Marcel  le belge : Oui, Patron !

 

Le Patron : Tu n'as rien à dire ?

 

Marcel  le belge : C'est que... Non !.... Enfin... peut-être... Si... tout est dans la malle.... sous les couvertures et la vaisselle... bien calé au fond...

 

 

Le Patron :


                        Ô rat ! Ô désespoir !

                        Ô Marcel,  ahuri !

                        N'as-tu donc tant vécu que pour ces pitreries

                        Et n'as-tu tout planqué par dessous  la vaisselle

                        Que pour faire couler notre pauvre escarcelle ?


Marcel  le belge :


                        Pardonne-moi, Patron ! Ai pitié de Marcel !

                        Car je ne voulais pas que le sort en fut tel !

 

 

Le Patron :  (s'adressant aux autres rats)  Vous, dépêchez-vous, on est déjà en retard ! Videz la malle, prenez le strict nécessaire et rendez-vous ici dans cinq minutes !

 

Tous (en se précipitant vers la sortie) : Oui, Patron !

 

Le Patron : (à Marcel qui suivait les autres) Marcel ! Reste ici ! Ne bouge plus, tu entends ?

 

Marcel  le belge : Oui, Patron !   (Un long silence)  Dîtes Patron,  (silence)   j'ai cru bien faire !

 

Le Patron :  Et tais-toi !  Tais-toi ou je te tairais pour de bon,  dé-fi-ni-ti-ve-ment!

 

Marcel se tait. Il s'est éloigné et contemple l'horizon (le fond de la salle). Soudain la surprise marque son visage. Il se retourne vers le Patron qui le regarde avec son air des mauvais jours, il va pour parler et  se ravise. Il regarde à nouveau vers le large, il fait un geste vers le Patron  avec l'intention de parler, mais sous le regard peu amène du patron il se ravise une seconde fois. Il laisse son regard désespéré errer sur le lointain, comme s'il suivait quelque chose des yeux, sa bouche s'ouvre, aucun son n'en sort. Les autres arrivent avec leurs bagages en chantant sur l'air des gars de la marine.

 

CHANSON :

 

                        LES RATS DE LA MARINE

 

                        C'est nous les rats de la marine

                        Rats hardis et valeureux

                        On n'a jamais froid aux yeux

                        Ravis, radieux et bonne mine

                        Quand on quitte le bateau, oui le bateau

                        C'est qu'il prend l'eau.

 

Tous (avec grande pagaille) : Voilà, Patron, nous sommes prêts !

 

 

Le Patron : Au canot, il n'y a plus une seconde  à perdre ! Riton passe devant pour charger les bagages !

 

Riton sort en coulisse, les autres attendent avec leurs  paquets.

On entend soudain la voix de Riton .

 

Riton du midi : Ah Seigneur ! Sainte Mère ! Y a plus de canot, Patron ! Vé !

 

Le Patron : Plus d’canot ? Comment ça plus d'canot ?


Riton  revient essoufflé.


 

Riton du midi  : C'est comme je vous dis Patron ! Y a plus de canot ! Ô peuchère, y a plus de canot, dis !

 

Tous : Plus d'canot ?


Ils se retournent d'un même ensemble vers Marcel. Un silence.

 

 

Le Patron : (s'approche menaçant de Marcel)  Tu ne vas pas me dire que tu l'as rangé dans une malle ?

 

Marcel  le belge : L’canot c'est pas moi ! J'y ai pas touché au canot ! Je sais où il est patron, mais j'l'ai pas touché ! Je vous l'jure !

 

Le Patron : Où il est le canot ?

 

Marcel  le belge : (Il montre l'horizon)    Là-bas !

 


Le patron apercevant le canot au large s'approche  avec un regard fou de Marcel , comme s'il voulait l'étrangler.  Marcel prend peur et recule.

 


Le Patron : Tu pouvais pas l’dire plus tôt ?

 

Marcel  le belge : J'voulais l'dire !  J'voulais l'dire mais vous m'aviez interdit d'parler ! J'voulais pas qu'vous m'taisiez pour de bon définitivement moi ! Bien qu'maintenant ça r'vient un peu au même !   R’gardez ! C'est l'capitaine et son équipage, ils ont filé avec le canot, une fois ! Comme je vous l’dit !

 

 

Tous sont sur l’avant scène à regarder le fond de la salle.

Lulu, totalement ivre, s’exprime comme une pleureuse Sicilienne en levant les bras au ciel,

en même temps, on entend quelques répliques toutes mélangées :


 

Lulu de Venise : « Ôôôôô… mama  mia ! Mi'o go' sempre dito che ghe z'era on bordel sur ce bateau! » Ôôôôô…


Phil the tea : « Ô my God ! Ô my God »


Riton du midi :  « Ô bonne Mère, ça alors ! Si je les tenais… Si je les tenais, je…»


Le Patron : « C'est d’ta faute Marcel »   (bruit de coups) « C’est d’ta faute ! »


Marcel le belge : « Aie aie aie c'est pas d'ma faute patron ! J’voulais vous l’dire… »


Dédé le bègue : « Quéquéquéc'quon va ddddevenir' pattttron ? »


Jacky le précieux : « Maman au secours !  J’veux pas mourir ! J’veux pas mourir !»


Bébert petit Einstein : « Ça c'est un sale coup ! Car si on tient compte des probabilités c’est
foutu ! Ouaih ! c’est foutu de chez foutu !»


Coco le borné : « J'veux descendre ! J’aime pas l’eau ! J’veux desceeeeeennnnnnndre !»


Gégé le fayot : « J’ai vu une planche Patron, j’crois bien qu’on peut y tenir à deux… »    


Gaspard le suspicieux : « Je l’savais, c’te teigne de capitaine  nous a fait une saloperie


d’entourloupe ! »


Fifi le suave : « cccciel, ccc’essst ssssans isssssue ! Sssans isssssue !


 

 

Le noir s’installe progressivement sur la cacophonie.

 

©Adamante

27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 22:31

        l'balaise et la greluche copie-copie-1

Cette petite fable, racontée par Dédé de Barbès, se décline comme un dialogue sur fond de petite musique insipide ou sirupeuse, avec glissando et dégueulando, musique parfois concrète et souvent répétitive, pour inciter à la détente dans des lieux où l’agressivité est de rigueur.


Vas-y Dédé, c'est à toi !

 

 

- Ben, là, pour ce que j’ai à vous dire, il s’agit de races de chats, le British et le Chartreux.

Deux chats qui se ressemblent quand ils sont bleus, c’est-à-dire quand ils sont gris, parce qu’ils ne sont pas bleus, jamais, c’est juste un nom de couleur pour faire joli et qui fait joli, mais ce n’est pas le bleu, ce bleu là, c’est le gris.

Non, pas le gris comme qui dirait quand ils ont trop bu, mais gris, comme qui dirait comme on est gris, quand on est une souris grise, vous voyez ?  Gris quoi !

C’est-à-dire, pas d’un gris toujours le même, comme un costume gris par exemple, gris à faire pleurer un croque-mort, non, un gris avec des nuances, allant du gris très clair au gris plus foncé, du gris plus ou moins rose au gris plus ou moins anthracite en passant par le gris plus ou moins bleu, un gris avec des nuances, si vous voyez ce que je veux dire.

Mais pas un gris comme qui dirait qu’il est sale, comme le gris du costume dont je vous ai causé plus haut, mais un gris propre, qui se respecte et qui joue avec les nuances.


Suivez bien car je n’ai pas l’intention de me répéter !


Nous parlons donc de deux chats qui se ressemblent mais qui sont quand même différents, avec des différences qui font que, lorsqu’on les connaît, ils ne se ressemblent pas du tout, mais lorsqu’on ne les connaît pas, ils se ressemblent totalement…


Bon ! on va dire que si vous n’arrivez pas à les reconnaître, ça n’est pas grave, le but avéré n’est pas là.


Toutefois, je vous invite à bien m’écouter, car si vous n’arrivez pas à faire la différence, ne faites pas comme la greluche de la fable.

Vous pourriez écoper d’une balafre, porteuse de tous les germes que Dieu le tout puissant a inventés pour punir les pêcheurs, ceux qui n’ont pas de ligne et qui pêchent quand même, sans attraper un seul poisson et qui, une fois balafrés, chopent microbes, virus et miniatures infernales, nés pour nous gâcher la vie en nous donnant de la fièvre et plein de maladies épouvantables et ceux-là, ô comble de provocation, finissent tout de même par se plaindre, ce qui est gonflé, parce qu’ils sont totalement responsables de leur irresponsabilité ; parce qu’ils sont assez stupides pour ignorer le conseil, dispensé à dessein dans la fable, afin de leur servir de leçon, conseil qui n’est tout de même pas difficile à comprendre, Cré de Diou, quand on a un tant soit peu de jugeotte !


(…) Comment ? (…) La phrase est longue ?


J’en conviens, la phrase est longue !

Et alors, vous n’êtes pas obligés de la lire sans respirer !


Car si vous la lisez sans respirer, moi je décline toute responsabilité si par hasard vous tombez en syncope et que par malchance vous êtes seul(e) à la maison, que vos voisins sont partis en vacances, que le quartier est désert, que les pompiers que vous avez appelés sont tous en mission, qu’il ne leur reste même pas un vélo pour vous venir en aide et que de surcroît, le plus jeune, beau gosse, qui était de garde et aurait pu vous secourir, a justement profité d’être seul pour se payer un petit moment de bon temps, avec la femme du chef de brigade,  il faut bien que jeunesse se passe,  lequel a été appelé pour une urgence à peine cinq minutes plus tôt, avouez que c’est pas de chance, et que dans de telles circonstances, vous avez tous les risques de décéder, ce qui est fâcheux j’en conviens ; mais avouez tout de même que vous y êtes un peu pour quelque chose, car lorsque l’on est prévenu, il n’est pas bien venu de faire des histoires si par malheur ça tourne mal !

Dans quel monde vivons-nous !


Enfin vous voilà prévenus !


Rapport à la petite fable, qui, je vous le rappelle, se décline comme un dialogue sur fond de petite musique insipide etc. y a pas à dire, y a que les balaises pour avoir le dernier mot, suffit de mater autour de soi, on a vite compris le problème.


J’explique !

 

 

L’autre jour, y en a un qui se pavanait en expo, un costaud à moustaches, you see, avec une super tête de poire, porté à bout de bras par son entraîneur.

Vachement long qu’il était ! Un chartreux qu’avait pour blaze : Anthracite des Moines.

Un champion à la Ray Mystério, une vraie terreur, l’air méchant et provocateur.

Quand y’a mon Doudou, mon british de compète, que plus rond tu meurs,  qui se ramène sur le ring.

L’air vachement cool, un peu comme Edge et au moins aussi séduisant, et qui te lorgne le public avec ses grands yeux tendres, en faisant semblant que l’Anthracite il existait même pas !

Un vrai spectacle de catch à cat, avec mines patibulaires et menaces sous entendues chez l’Anthracite et le côte guru charmeur chez mon Doudou, qui nous la jouait à la John Morrison, une belle gueule avec des yeux que si tu t’avances t’es mort !


Car mon dur à moi c’est un tendre ! Un vrai ! Un de ceux que toutes les gonzesses, elles sont à genoux devant lui !

Z’étaient donc tous deux côte à côte sur le ring, matant l’arbitre, prêts à en découdre sévère sur une base de rivalité ancestrale avec promesse de tous les coups tordus.


Quand y’a une greluche dans le public, comme c’est qui dirait qu’elle avait un œil qui était si tant pas d’accord avec l’autre, que quand elle regardait en face c’était comme si qu’elle regardait de chaque côté en même temps, qui balance tout à coup, en traînant comme une limace sur ses mots :


«Oh le beau Chartreux !»


«De qui qu’è cause ?»

se demandent les deux balaises en se lançant un regard de biais.


«J’peux t-y toucher ?»

qu’elle reprend, toujours aussi lentement, en tendant la main vers mon Doudou, que sa première réflexion, faut dire,  avait déjà mis un tantinet mal à l’aise.


«J’suis pas un Chartreux»   qu’il lui crache à la tronche, «j’suis un British !»


«Un British !»   qu’elle s’étonne encore plus lentement qu’on peut l’imaginer possible.


«C’est pourtant qu’ils sont pareils tous les deux !» 

Là, elle nous la fait à la Fernand Reynaud dans « dis tonton pourquoi tu tousses ! »

«Mets tes lorgnons mémère, tu m’prends la tête avec tes blatères»  qu’il lui répond le Doudou.

Faut dire que mon Doudou, il est un peu comme moi, quand y s’y met, il est un poil direct hein !


«Laisse tomber mec !» réplique l’Anthracite à Doudou, «C’t’engeance là, ça confondrait un curé avec un corbeau et un évêque avec un geai, alors capter nos différences ! Pfff!»


«Eh bien moi, c’est comme ça que je les aime», qu’elle  continue d’effondrer ses paroles la dégénérée, en posant sa vilaine pogne poilue sur mon Doudou, «Pour sûr, on dirait deux frères tellement qu’y sont gris pareil !»

 

Là, moi, j’aurais pu m’endormir, mais pas mon Doudou.


«J’ai pas d’frangin que j’te dis, t’es chébou ou quoi ! T’arrête de m’tripoter ou j’ten colle une!»

Le Doudou, il est bien gentil, mais faut pas trop l’agacer tout de même.


La vieille toupie, elle avait pas pigé l’avertissement et elle continuait avec un sourire idiot à vouloir farfouiller dans l’intimité de sa fourrure.

L’Anthracite, il n’en pouvait plus de se bidonner en regardant la tête du Doudou. Même qu’il la jouait un brin provocateur en cachant son rire sous un air furax.


«T’as fait une sacrée touche mec, l’a pas la tronche d’une Miss, t’as vu tout l’poil qu’elle a sous les bras, la vache!»


Là, le Doudou il a vraiment pris les nerfs et sans plus tergiverser davantage, il t’a allongé une griffe à la frangine que ça y a coupé net le sifflet !


Alors, elle a jeté un oeil concupiscent sur l’Anthracite, en se demandant si, par hasard, il ne serait pas plus coopératif.

Là, l’Anthracite l’avait plus du tout envie de rigoler, l’avait pas du tout, mais pas du tout envie de se faire tripoter la couenne, y s’est mis à hérisser du poil et à cracher comme un diable.

C’est alors que l’Anthracite et le Doudou, faisant alliance face à l’adversité, pour faire ravaler son sans gêne à la greluche, ont sauté par-dessus les cordes et leurs millénaires de rivalité. Un grand spectacle.


Alors, sentant que l’ambiance devenait tendue, la frangine a préféré jeter l’éponge, elle faisait pas le poids.  Elle s’est tirée en répétant : «Ben y sont vraiment pas sympas les Chartreux !»


Moralité : quand on ne comprend rien à rien et qu’on se retrouve face à un ring avec des entraîneurs teigneux et des champions ad hoc, on la ferme.


©Adamante


Rey Mysterio est un catcheur d'origine mexicaine officiant à Smackdown. Son catch est très aérien et spectaculaire. Rey Mysterio se distingue aussi à la WWE car il porte toujours un masque et pour sa célèbre prise : le 619.


Adam Joseph Copeland (connu surtout sous le pseudo Edge), est un lutteur de nationalité canadienne né le 30 octobre 1973 à Orangeville en Ontario. Il travaille actuellement pour la W W E du côté de Smackdown. D'abord connu comme un excellent lutteur par équipe, il a réussi à se faire un nom en solo.


John Randall Hennigan est un catcheur américain, né le 3 octobre 1979 à Los Angeles en Californie[1]. Il est actuellement en action à la WWE dans le show RAW. Il lutte actuellement sous le nom de John Morrison, après avoir été longtemps connu sous le nom de Johnny Nitro.

 

 

 

 

 

 

26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 15:20

Analyse pas succincte du tout d'une chanson au dessus de tout soupçon...

Là je rigole.


Vous allez me dire que je me pose des questions qui ne sont pas à se poser

Peut-être avez-vous raison

Mais peut-être que c’est moi qui ai raison

Alors dans le doute…

Car il y a doute ! Vous ne pouvez pas le nier

Je me pose donc une question

Avez-vous déjà entendu, ou plutôt écouté

La chanson : « au clair de la lune » ?

Oui, bien évidemment

Vous l’avez chantée quand vous étiez petits

Et je suppose que vous la chantez encore

Quand vous êtes seul

Comme ça, sans penser à rien

Et surtout pas aux paroles

Parce que si vous commencez à penser aux paroles

Je me demande si vous aurez encore envie de la chanter

Ou alors vous la chanterez différemment

Je m’explique


« Au clair de la lune mon ami Pierrot »


Jusque-là tout va bien

C’est bucolique !

La lune est un astre sympathique

Les poètes Chinois dont Li Baï n’iront pas vous contredire

Ils ont écrit des merveilles sur le sujet, en y associant le vin

Ce qui n’est pas le cas dans la petite chanson de Pierrot

Donc, passé ce premier vers, ni stupide, ni puissant

Il faut bien l’avouer

Nous entendons :

 

« Prête-moi ta plume pour écrire un mot »


Là, eh bien là, on peut commencer à se poser des questions

Le gars de la chanson qui veut écrire un mot n’est pas très prévoyant

C’est le moins que l’on puisse dire !

On peut raisonnablement se demander s’il a l’habitude d’écrire


Non, je ne fais pas du mauvais esprit !

Mais vous en connaissez vous, des écrivains

Qui n’ont pas le matériel requis pour noter leurs précieuses pensées ?

Pensées qu’ils n’ont pas envie de laisser passer

Pensez donc !

Car tout écrivain qui se respecte, pense que ses pensées sont primordiales

Et qu’ils se doivent de les noter pour la postérité

Ils croient en eux, en leur talent !

Ils ne vont donc pas oublier l’outil principal de leur future gloire !


Donc celui-la

Celui de la chanson

C’est un écrivain du dimanche !


Il faut parfois savoir dire la vérité

Sans acrimonie, mais sans détour

C’est une espèce de rêveur à la petite semaine qui ne croit pas en lui

Et qui se permet l’outrage d’aller enquiquiner l’ami Pierrot, la nuit

Pour lui emprunter un stylo !

Mais s’il s’arrêtait là…


S’il s’arrêtait là, on pourrait encore lui trouver des circonstances atténuantes :

La jeunesse

Un trouble passager

Peut-être que la veille il a rencontré l’amour de sa vie

Et que tout cela le tourneboule un peu

Alors, si on se met à la place de Pierrot

Pour une fois, on pourrait lui prêter une plume

Et pourquoi pas un encrier rempli d’encre

Il ne faut pas décourager les vocations !


Mais non !

Pas du tout !

Le gars en question dans la chansonnette, c’est pas du tout ça !

Il  ne s’arrête pas là !

Non content de n’avoir pas de plume pour noter ses idées de génie

Voilà qu’en plus, et ce n’est pas moi qui le dit c’est la chanson :


« Sa chandelle est morte et il n’a plus de feu… »


Mais qu’est-ce que c’est que cet individu ?

Qu’est-ce que c’est que cet individu incapable de surveiller une chandelle ?

Qu’est-ce que c’est que cet oiseau capable de laisser mourir son feu ?

Personnellement, s’il vient me réclamer de l’aide

Un travail

Un travail de Vestale par exemple, dans le temple de mes mots

Je réfléchirais à deux fois avant de lui dire oui !

S’il est incapable de surveiller une pauvre chandelle

Il est tout à fait capable de mettre le feu à ma bibliothèque !

On réfléchit tout de même, avant de faire n’importe quoi

En embauchant n’importe qui !

Bon, par sécurité, sans arriver jusqu’à lui dire non

Je l’enverrai quelque part, assez loin, pour réfléchir


C’est bête, mais vous savez ce que c’est que les scrupules !

Les doutes sont tellement forts qu’on a envie de dire non

Mais les scrupules viennent vous visiter pour vous arrondir vos angles

Alors au lieu de dire non

On suggère au gars d’aller faire un petit tour de France

Pour trouver une plume à sa main

Bref, on l’incite à apprendre à se débrouiller tout seul

Et en espérant, il faut le reconnaître, ne plus jamais le revoir…

Mais ça c’est moi !

Et puis d’ailleurs, il ne m’a rien demandé

C’est vrai !

Je m’emballe… Enfin !


Pour en revenir à la chanson, elle finit en apothéose

Voilà que le gars termine son couplet en disant :


- « Ouvre-moi ta porte pour l’amour de Dieu »


Alors là !

Alors là ! ça dépasse les bornes !

Ça dépasse tout ce que l’on peut imaginer !


Passons, qu’il ne soit pas un génie

Passons, qu’il n’ait pas la force d’esprit nécessaire pour se débrouiller seul

Passons, qu’il soit distrait pour laisser s’éteindre son feu

Mais en arriver à une telle extrémité

À un tel manque d’amour-propre

C’est proprement intolérable !


Rendez-vous compte !

Faut-il manquer de la moindre fierté

Pour tenter de susciter la pitié en invoquant la tendresse divine !

Parce qu’en invoquant la tendresse divine

Il ne fait rien moins que de vouloir culpabiliser l’ami Pierrot !

Là, il dépasse les bornes !

C’est tout bonnement malhonnête !

Il s’agit d’une attitude inqualifiable

Tellement inqualifiable que je ne trouve pas de mot pour la qualifier

Et ça, ça n’est pas dans mes habitudes !


Tiens ! Si j’étais l’ami Pierrot,

Je l’aurais foutu dehors  avec un grand coup de pied où  je pense !

Et je sais que vous pensez ce que je pense !

Ça n’est pas zen, j’en conviens

En faisant cela, je bousille ma nuit pour un incapable

Je sais aussi que c’est mauvais pour mon cœur

Mais enfin, on n’est pas toujours juste…

Et parfois… Quand même !


Mais heureusement

Heureusement

L’ami Pierrot ne s’est pas laissé prendre au piège

Et en homme averti

Sans plus d’état d’âme

Il a pratiqué le « cause toujours et barre-toi de mes plates-bandes… »

En se retournant dans ses draps bien chauds

Qu’il n’avait pas envie de quitter pour venir en aide à cet olibrius

Il l’a rembarré en lui disant qu’il n’avait pas de plume

Et il l’a envoyé, ça c’était à n’en pas douter une vengeance personnelle

Et un peu mesquine, on en conviendra

Il l’a envoyé sonner à la porte de la voisine en pleine nuit

Prétextant qu’elle « battait le briquet »! *

Je te demande un peu…

Il est complètement hors sujet le Pierrot ici !


On lui demande une plume pour écrire un mot

En lui signalant, pour l’amadouer, rien de plus

Qu’on n’a plus de feu parce qu’on a laissé s’éteindre la chandelle

Et voilà qu’il répond à côté, que la voisine « battait le briquet ! »


Bon, on peut parfaitement admettre que le gars, un peu surpris

Ait pu comprendre que la voisine avait une plume à lui prêter

Puisque c’est ce qui l’intéressait après tout !

Et que ce ne serait pas mal finalement qu’elle puisse aussi lui rallumer sa chandelle.***

C’est vrai, c’était une occasion  à ne pas manquer !

Mais pauvre de nous !

 


Va-chez-la-voisine-copie-1.jpg Une plume !


Si elle en avait eu, une plume, la voisine

On se demande bien où elle aurait bien pu la mettre

Et ce qu’elle aurait bien pu en faire !


Tout le monde se doutait bien que la voisine ne savait pas écrire !


C’est évident !

 

 

 


En y réfléchissant plus avant, on est légitimement en droit de se demander, si l’on peut en vouloir à Pierrot de cette dérobade et de cette apparente idiotie !

L’ami Pierrot était peut-être avec Colombine, et il n’avait pas envie de perdre un temps précieux à écouter un rigolo !

Un lubin** venu frapper à sa porte, le déranger dans ses ébats amoureux

Un  escogriffe qui cherchait une plume, en plein milieux de la nuit, sous la lune, après avoir laissé crever sa chandelle !

Un sans gêne donc, un malotru, un Jean-foutre, qui ne méritait aucune attention !

Vous, à la place de Pierrot, qu’auriez-vous fait ?


Passons sur l’épisode de la voisine, qui n’est peut-être pas le plus glorieux

Mais, après tout, être réveillée en pleine nuit n’est pas mortel

C’était peut-être une vieille carogne de voisine comme on en connaît !

Eh bien,  moi je trouve qu’il a eu raison finalement le Pierrot

Et voulez-vous que je vous dise ?

Je le soupçonne même d’être un sacré petit malin

Je le soupçonne d’avoir écrit lui-même cette chanson

C’est vrai, on n’en connaît pas l’auteur…

Oui, je le soupçonne d’avoir écrit lui-même cette chanson

Pour passer à la postérité

Et je le soupçonne aussi de l’avoir écrite pour se venger de toutes les voisines acariâtres

Alors…


Maintenant que vous connaissez le dessous des choses, vous êtes libre de la chanter encore cette petite chanson, mais je doute que vous la chantiez comme auparavant.


Ce que c’est quand même que l’analyse !

 

©Adamante

 

 

       Analyse des mots et des expressions :


* Battre le briquet : Heurter la pierre à briquet pour en tirer une étincelle

  Faire la cour à une femme

  Avoir des relations sexuelles

**Lubin : moine dépravé

  *** Rallumer la chandelle : est-il vraiment nécessaire de vous expliquer la chose ?

 

 

Comme quoi, les p'tites chansons pour les minots...


Mais il est à noter que c'est fort, très fort. Cette petite merveille de chanson a fait les beaux jours de tant de générations qu'il faut lui reconnaître son génie, elle est indémodable et petits et grands y trouvent leur compte.


Et ça m'étonnerait qu'en partant d'ici vous ne la fredonniez pas...




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  • Adamante
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.
  • Comédienne, metteur en scène, diplômée en Qi Gong, j'écris, je peins.

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